Les Black Blocs à Reims, le 18 mai dernier: comment discréditer une manifestation...

Dévastation d'un chantier, payé par les contribuables, qui vise à transformer en promenade piétonnière un ancien parking, attaques de magasins, pillage d'un magasin d'articles de sport, violences diverses: la manifestation des Gilets jaunes, à Reims, le 18 mai dernier, a été totalement discréditée par les Black Blocs.

Je publie ce billet en complément d'un premier billet très intéressant qui propose une analyse des conséquences politiques du comportement des Black Blocs dans les manifestations.

Je reprends ici le commentaire que j'avais écrit suite à ce billet.

Je conseille donc de commencer par la lecture du billet que ce texte vient simplement illustrer, au moyen d'un cas précis.

A titre d'exemple, voici, filmé en longueur, par un média qui n'est pas hostile aux gilets jaunes, ce qui s'est passé à Reims le samedi 18 mai 2019.

Gilets jaunes Acte 27 - La Champagne en ébullition / Reims (51) - France 18 mai 2019 © Line Press

Dés le départ de la manifestation des gilets jaunes , quelques allumés entièrement vêtus de noir donnent de grands coups de pied dans des clôtures qui protégeaient un chantier de restauration du centre ville, puis s'emploient à démonter ces clôtures.

Ce chantier, payé par la municipalité, donc par les contribuables locaux,  a pour objectif de transformer en promenade pour les piétons un ancien parking...

Le chantier sera dévasté, l'un des kiosques étant même incendié.

(à partir de 7' sur la vidéo; le kiosque en flammes à 31 ')

On voit mal en quoi ces dégradations pourraient être justifiées par une lutte contre le capitalisme, ou même contre Macron, qui ignore totalement l'existence de ce chantier local.

Les seules victimes de cette dévastation méthodique sont les habitants de Reims.

Arrivés en centre ville, les BB se sont attaqués à plusieurs commerces, notamment à un magasin Adidas qu'ils ont pillé.

Là encore: en quoi le capitalisme est-il menacé par des gens qui se sauvent en emportant des baskets ou des t-shirt de marque ?

Quelle crédibilité peuvent avoir ces gens, lorsqu'ils se prétendent "anticapitalistes" ?

Le maire, trop confiant, n'avait demandé aucun service d'ordre, pour cette manifestation déclarée, qu'il imaginait pacifique.

Seuls quelques policiers municipaux ont été envoyés à l'affrontement...

Et le samedi soir, ce sont les employés municipaux qui ont dû, tant bien que mal, s'affairer à nettoyer les rues, et à réparer provisoirement les dégâts les plus apparents.

Les Black blocs, eux, étaient repartis depuis longtemps, et devaient fêter leur triste "victoire" autour de quelques bières, en essayant leurs T-shirt et leurs baskets Adidas...

Inutile de vous expliquer quelle est, depuis, la popularité des gilets jaunes chez les Rémois...

Si l'objectif était de casser le mouvement, en donnant des Gilets Jaunes l'image d'une horde d'imbéciles et de pillards qui dévaste tout sur son passage, c'est parfaitement réussi.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.