La France peut-elle continuer ainsi ?

Car nous en savons assez sur la criminalité auto-destructrice de l'homme: jusque la lie, non ?

En ce début d'année 2020, la France semble devenue un reste de démocratie, échouée entre 25 ans de négationnisme d'état et une régression majeure depuis 2015: de la justice aux transports, de l'énergie à la santé, de la recherche à la philosophie, l'effondrement passe encore par les médias et une forme de répression où le débat politique semble ne plus exister.
Certes, ne manquent ni analyses ni critiques, quand un mouvement social sans précédent a déclenché un appel à transformation profonde contre, à l'évidence, un gouvernement perdu, égaré entre caricatures de drh lobbyistes et ploutocratie dénotant un profond malaise : car nous sommes devant l'écocide tels les jardiniers du 21ème siècle et non des êtres dénués de responsabilités.
Est-ce qu'un mouvement inconscient de panique et de dépression répond aux refoulements xénophobes et aux peurs traumas en tous genres, symptômes flagrants d'une espèce humaine n'arrivant plus à se situer en responsabilité collective ?
Est-ce que le " mode scénario " est adéquat à la problématique connue ?
Il est possible de s'interroger sur les choix politiques, évidemment refondateurs écologiques et sociaux : mais ne s'agit-il pas avant tout d'un rapport à l'existence ? d'un rapport à la conscience réelle de la situation ?
Les systèmes de sécurité sociale, tel que fondé en France, sont à l'évidence désirés autant aux Usa que partout, puisque correspondant à une intelligence collective oeuvrant pour le bien de toutes et tous.
Les systèmes énergétiques, de l'extractivisme au pétrole-nucléaire ne correspondent plus à notre sécurité écologique.
Les systèmes éducatifs ont été transformés par la révolution technologique et sont en profonde mutation.
Les systèmes économiques enfin, n'ont jamais été aussi inégalitaires, fous et destructeurs, quand les budgets militaires ne représentent in fine, plus rien des humains ni de l'intelligence humaine.
75 ans après la shoah et l'effondrement massif du nazisme, l'histoire de la psychanalyse nous invite à penser un double traumatisme collectif devant ces factualités prouvées jusque aux rapports du GIERC.
Le premier traumatisme nous place devant la destruction de la planète par nous mêmes si nous ne transformons pas nos modes de vie.
Le second traumatisme émane des apparentes impuissances, négations, peurs ou inconsciences qui, à l'évidence, ne résolveront rien.
Or, force est de constater qu'au-delà des discours , les actes ne suivent guère, quant encore les atavismes comportementaux semblent donner à entendre une étrange cacophonie...
L'humain est-il condamné à la télévision, bloqué en comportements compulsionnels, en ces messes collectives aussi étranges d'où ne ressort plus rien ?
75 ans de construction de l'ONU devant des millions de personnes déplacées ou migrantes n'exigent-ils pas des pays membres, des peuples et populations un autre degré de Conscience collective à même de réaliser, tant le réel de l'effondrement que les réparations nécessaires ?
N'est-ce pas ce degré réel, institutionnel et international, qui exige de nous une conscience accrue, une solidarité internationale applicante les solutions scientifiques, écologiques et sociales, à même de donner un futur à la planète et à toutes les formes de vie ?
Certes, on objectera " idéalisme " et " voeux pieux déjà entendus " à ces quelques mots...
Mais ne devons-nous pas nous les répéter tous les jours, pour autant y croire vraiment qu'encore faire que cela advienne, pour tel qu'au Théâtre, la représentation soit belle, vivante, triste mais drôle aussi, intelligente et sensible encore : pour nous moquer de notre bétise, certes, mais surtout encore et aussi, retourner en la Vie, un peu moins bêtes, davantage humbles, et...Qui sait ? Authentiques réparateurs, réparatrices, jardinières et jardiniers du 21ème siècle ?
Car nous en savons assez sur la criminalité auto-destructrice de l'homme: jusque la lie, non ?
LBS

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