17 DÉCEMBRE : LE DÉBORDEMENT

Après le 5 décembre, un nouveau pallier a été franchi : les manifestations de mardi dernier ont connu une affluence supérieure à Paris comme en régions, à tel point que le pouvoir et ses médias préfèrent les comparer à celles du 10 décembre.

L’arc de force des grèves par contre peine à s’étendre : les transports, à la SNCF et plus encore à la RATP, tiennent et réussissent même à gonfler le nombre de grévistes à cette occasion, les professeurs sont toujours aussi remontés en dépit des annonces d’une prétendue revalorisation des salaires et les raffineries rentrent lentement mais sûrement dans la danse mais la poussée gréviste ne réussit pas à prendre durablement ailleurs.

Crise de la base au sommet

Dès lors, le gouvernement pensait que son appel à la trêve des confiseurs pouvait prendre. Peine perdue : d’une part, l’opinion affiche un soutien grandissant au conflit et, d’autre part, les manœuvres de la CFDT et de l’UNSA, faute pour le Premier Ministre de rester cramponné à l’âge pivot, ont été battus en brèche par leurs bases syndicales qui poursuivent la lutte.

Le pouvoir, davantage démonétisé par la démission contrainte de Delevoye remplacé au pied levé par un ancien DRH de choc, avance tel un boxeur sonné pour vendre son projet empreint de « progrès » : maintien du régime spécifique de ses zélotes policiers comme militaires, lancement d’un simulateur officiel bidon et même mise en scène du sacrifice de sa future retraite par le Président lui-même !

La grève, c’est l’affaire des grévistes

 L’intersyndicale qui milite pour le retrait a fixé elle au 9 janvier prochain la prochaine grosse journée de mobilisation au risque de laisser seuls dans la période des fêtes les secteurs les plus mobilisés, amputés des profs et des étudiants en raison des congés. Il faut au contraire profiter de la période pour, au-delà de la nécessaire solidarité financière qui fait florès via la multiplicité des caisses de grève en ligne, convaincre de rentrer à son tour en grève reconductible.

De plus, des syndicats de l’Education, de la RATP et de la SNCF, rejoints par plusieurs intersyndicales et assemblées interprofessionnelles locales, ont pris l’initiative de faire de la journée du samedi 28 décembre une journée de manifestation, comblant ainsi d’eux-mêmes la carence du calendrier national. Soyons convaincus que le conflit se jouera désormais sur le long terme et que les possibilités de mobilisation sont encore devant nous.

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