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Billet de blog 18 oct. 2019

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détournement massif et illégal de l'eau douce par les villes

Cet été nous avons vécu la pire sécheresse depuis 20 ans, la situation se dégrade d'année en année et pendant que les campagnes crèvent de soif les villes continuent à rejeter de l'eau douce dans la mer sans la recycler alors que c'est obligatoire ...

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exemple de la métropole de Bordeaux

 170 000 m3 d’eau distribués en moyenne chaque jour dans la métropole de Bordeaux ( 62 millions de m3 par an ... c'est 40 fois le barrage de Sivens .... ) , cette eau douce repart dans la mer après traitement (on garde les boues toxiques pour les champs mais pas l'eau propre ...) ! Ils tombent au moins 600 mm de pluie par an sur la métropole de Bordeaux (579km2) soit 300 millions de m3 par an (200 fois le barrage de Sivens) qui repartent à la mer ....

 Dans la métropole de Bordeaux on a au minimum 362 millions d'eau douce qui rejoint la mer au lieu d'être recyclée ou infiltrée, c'est un million de m3 par jour (un Sivens par jour ... ) . C'est 181 000 hectares de maraichage irrigués l'été uniquement en recyclant les rejets de la métropole, de quoi garantir une production qui dépasse les besoins de la métropole ... mais non tout repart à la mer et on pompe dans les nappes !

 Le code de l'environnement impose un traitement et une infiltration de tous les rejets pour ne pas perturber le cycle de rechargement des nappes phréatiques (comme pour les maisons individuelles)... et quand les infiltrations ne sont pas possibles il faut exploiter l'eau pour des usages non domestique comme l'arrosage ! Les rejets en rivières doivent rester exceptionnels pour éviter les pollutions !

Tout est écrit noir sur blanc et depuis longtemps, d'ailleurs toutes les nouvelles zones artificialisées sont aux normes mais les pas les villes ...

En nouvelle aquitaine il y a 781 000 hectares artificialisés (toits, béton goudron), avec une pluviométrie moyenne de 700mm par an ça donne 5 milliards de m3 d'eau douce qui n'est ni utilisée ni infiltrée ... c'est 3 fois la consommation TOTALE de toute la région (1,5 milliards de m3 pour l'eau potable, l'industrie et l'agriculture) ! Mais surtout c'est 10 fois plus que les prélèvements agricoles dans les nappes phréatiques .... avec 50% des pluies qui tombent sur les ville de la région on pourrait irriguer la TOTALITE de la surface agricole utile de la région sans prélever une goutte dans les nappes phréatiques !

Des mesures de restrictions d'eau sont mises en place dans 87 départements ... D'année en année le phénomène s'accentue .... sans jamais s'attaquer aux villes qui ne recyclent pas l'eau !

 En France la consommation totale d'eau (potable, industrie et agricole) ne représente que 2.5% des pluies annuelles .... on serait capable d'envoyer des sondes sur Mars pour trouver des traces d'eau  mais on serait incapable de capter plus de 2.5% des pluies sur terre ????

 Les sécheresses n'ont rien à voir avec le réchauffement climatique, c'est une juste une très mauvaise gestion des pluies ... on ne peut pas passer trois saisons à évacuer massivement la pluie vers la mer et prétendre avoir de l'eau l'été ! Les agriculteurs sont les seuls à avoir le bon sens de faire des réserves d'eau l'hiver pour épargner les nappes l'été ... faisons tous des réserves l'hiver, mettons les villes aux normes et on ne parlera plus jamais de restrictions d'eau ...

 La végétalisation des surfaces (agricoles et urbaines) est indispensable l'été pour réguler le climat et sauver la biodiversité, un sol sec c'est un sol mort (la biodiversité des sols étant à la basse de toutes les chaines alimentaires ça explique une grande partie de l'effondrement) ! Les sols se minéralisent essentiellement par une exposition prolongée au soleil brulant de l'été. Sans végétation vivante l'été les sols se dégradent en libérant du CO2 au lieu d'en capturer !

 Notre environnement est vert parce qu'il pleut et il pleut parce que notre environnement est vert : l'évapotranspiration n'est pas un problème c'est même LA solution au dérèglement climatique ...

La réciproque est également vraie : le sols sont secs parce qu'il ne pleut pas et il ne pleut pas parce que les sols sont secs ... il ne faut jamais couper le cycle de l'eau  (évaporation), c'est notre pompe à eau et notre pompe à chaleur ! Cela peut paraitre paradoxal mais la réduction de 10% par an (depuis 20 ans ...) des surfaces irriguées à contribuer à aggraver fortement le phénomène ! Planter des haies dans les champs est une goutte d'eau dans l'océan, l'ampleur du phénomène est beaucoup trop grande ... il faut une vingtaine d'années pour qu'un arbre commence à être efficace pour le climat ... on sera tous morts avant !

 Les surfaces végétales sont les seules surfaces qui ne brûlent pas au soleil, qui ne stockent pas la chaleur , qui pompent du CO2, qui libèrent de l'oxygène, qui entretiennent le cycle de l'eau, qui stockent l'énergie solaire sous forme de biomasse, qui protègent la biodiversité et qui nourrissent la planète …  A condition de les maintenir en vie avec de l'eau au moment ou on en a le plus besoin : l'été ... donc en faisant des réserves l'hiver !

 Un arbre adulte (feuillus) consomme 500 litres d'eau par jour l'été, soit 5000m3 à l'hectare et par an, soit 500mm de pluie (70% des précipitations) et c'est pour cela que les forets régulent le climat !

Si les forets de conifères brulent trous les étés c'est parce qu'elles évaporent deux fois moins d'eau que les forêts de feuillus donc évacuent deux fois moins de chaleur et ne favorisent pas les pluies.

 AUCUN champs irrigué ne pourra consommer plus d'eau l'été qu'il n'a laissé infiltrer l'hiver ... l'eau infiltrée est utilisée par les villes, ce qui ne poserait AUCUN problème si cette eau était restituée au champs après traitement ... pour information les boues de stations d'épurations sont épandues dans les champs et l'eau "propre"dans les rivières ... un simple retour de l'eau des villes dans les champs permettrait de diviser par deux les prélèvements dans les nappes phréatiques l'été ... donc de résoudre tous nos problèmes hydrologiques ... pas besoin d'inventer de nouvelles règles, il suffit de faire appliquer le code de l'environnement aux collectivités ...

 Ce n'est pas la biodiversité qui sauvera le climat mais c'est en sauvant le climat qu'on sauvera la biodiversité !

 L'agriculture est la seule activité économique dont le bilan hydrique est positif : elle infiltre plus d'eau dans les nappes phréatiques l'hiver qu'elle ne prélève l'été !

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