Daniil Trifonov en révélation internationale

Il n'a que 21 ans mais semble déjà s'imposer comme un virtuose inégalé. On aura rarement entendu technique plus fluide et passionnée, un tel niveau de perfection entre l'intensité et la maîtrise; du génie à l'état pur... Daniil Trifonov ne fait qu'un avec son piano, avec la mélodie.

Il n'a que 21 ans mais semble déjà s'imposer comme un virtuose inégalé. On aura rarement entendu technique plus fluide et passionnée, un tel niveau de perfection entre l'intensité et la maîtrise; du génie à l'état pur... Daniil Trifonov ne fait qu'un avec son piano, avec la mélodie. Il en est transporté, hanté, magnifié, consumé. Les notes dansent et s'envolent comme jamais dans un délire faunesque. Il a le don invétéré du langage musical, sur le bout des doigts. Joueur, au sens fort du terme. On notera également la magie de ses mains, angéliques, d'une délicatesse innée, comme plumes inspirées au fil de la partition. Tel le phoenix, il ne s'envole que pour brûler. La musique romantique semble lui aller comme un gant; et plus particulièrement le génie austère et bouillant de Frédéric Chopin, mais tout aussi bien les violences chromatiques de Scriabine. Il couve en lui le même volcan, la même saveur tragique. Le visage rieur ou sinon gourmand, Trifonov déguste et nous, tout autant. Il vit, il ressent à l'extrême les émotions de son art. Frissons, fulgurances, émerveillements, troubles, bouleversements, et larmes, pour les plus mélomanes d'entre vous... Il nous remue jusqu'aux entrailles. Le voici jouant les 12 Etudes op 25 de Frédéric Chopin au Master Piano Rubinstein de Tel Aviv en mai 2011. A couper le souffle... et non le son, qu'il va falloir monter. Branchez la chaîne, mettez vos casques, et laissez-vous glisser dans la magie d'un musicien hors pair, exhumant toute l'âme de la musique avec délice et passion, jusque dans ses moindres et infinies délicatesses... Ne manquez sous aucun prétexte les deux dernières études, à partir de la 25ème minute; la virtuosité de Trifonov donne une telle intensité à celles-ci, tragiques et sombres, violentes, impérieuses et denses, qu'on en reste muets à jamais. Enfin... durant de longues minutes... 

Chopin - 12 Etudes, op. 25 - Daniil Trifonov © Arthur Rubinstein

 @LG

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