Marx et Stirner : d'un désaccord sur la propriété (II)

Lorsqu’on lit L’idéologie allemande, de Marx et Engels, on rit beaucoup… Si, si… Enfin, on sourit souvent. C’est une œuvre autant théorique que burlesque… Engels et surtout Marx, en premier lieu, se sont amusés à rédiger à l’encontre du cercle des hégéliens de gauche, fort influent à l’époque dans la pensée allemande, un réquisitoire argumenté, documenté, truffé de citations de leurs auteurs (principalement Bruno Bauer et Max Stirner) et destiné à leur faire la peau… Feuerbach en prend aussi pour son grade ainsi que Moses Hess… Il s’agit pour Marx (et Engels), d’en finir avec l’hégélianisme et d’en venir à un matérialisme révolutionnaire, c’est-à-dire purement pragmatique. Hegel est en effet le père de la phénoménologie, un certain aboutissement de la philosophie allemande, qui définit un idéalisme exacerbé et une vision de l’Esprit qui culmine et légitime jusqu’aux plus hautes sphères de l’Etat et de la Religion. Les charges amusées, amusantes (du moins sur les deux cent premières pages) de nos deux compères de la critique de la Critique1, visent à dépoussiérer la pensée allemande de son héritage idéaliste et montrer en quoi, leurs contemporains de gauche, Bauer, Hess et Stirner, sont toujours les esclaves de cet illusoire héritage. Cependant, sous la mitraille idéologique de ces deux théoriciens du communisme, bien plus au fait en effet des réalités concrètes, et plus savants que leurs adversaires, les potentiels idéologiques des hégéliens ne survivront pas à la charge massive de Marx et Engels… Il faudra attendre de nombreuses décennies après leur mort, pour que leurs idées soient à nouveau revisitées à leur juste valeur. Il semble à ce titre que les pensées de Bruno Bauer et Moses Hess aient bien moins survécu que celles de Stirner. Tournons-nous donc un peu du côté de « saint Max » et de la très pertinente analyse qu’il fait d’un égoïsme de gauche ; du moins, c’est sur ce bord-là qu’il s’est toujours situé politiquement et qu’il s’est entouré dans ses fréquentations.

On le sait, toute forme d’égoïsme et d’individualisme a toujours donné des boutons à la critique marxiste de l’économie politique ; ce que l’on sait moins, c’est que toute L’idéologie allemande de Marx et Engels est un essai sur cette question-là. Un essai, que dis-je ! Un règlement de compte, jamais à court de quolibets, de sarcasmes, d’ironie et de jeux de mots bien sentis… Ainsi, les célèbres « saint Bruno », « saint Max », ou « Sancho », destiné à ce « très triste chevalier à la triste figure » de Stirner, que Marx s’amuse à comparer avec l’idéalisme boutefeu du célèbre roman Don Quichotte ; ou encore le fameux « Concile de Leipzig », nommant le quartier général de l’hégélianisme de gauche… Je peux dire qu’on ne s’ennuie vraiment pas sur ces quelques 600 pages d’analyse critique au karcher…

L’ouvrage lui-même L’idéologie allemande, n’a jamais été destiné à être publié, et, de fait, il ne l’a jamais été du vivant de leurs auteurs. Marx s’en est expliqué à l’époque en disant qu’il n’avait pas d’autre but que de permettre à Engels et lui-même de se mettre à jour en privé sur le sens à donner à leur pensée critique. De fait, le manuscrit sera longuement dévoré par les rats dans l’oubli et dans la longue misère de son auteur, autant pécuniaire que par sa santé. Le manuscrit ne sera vraiment publié en intégralité qu’en 1932, et son éditeur, David Riazanov, sera condamné plus tard à mort pour « trahison » par Staline, avec, comme élément à charge, la publication du manuscrit en question… Une preuve de plus, s’il en faut encore, du fossé qui a toujours séparé la philosophie originale de Marx de ce qu’en fit l’URSS…2 C’est donc dès les premiers temps de l’analyse critique marxienne que l’individualisme des hégéliens, et pas seulement leur idéalisme, est dans le viseur de la critique critique (la critique de la Critique)1 . Et il n’est pas non plus étranger que ce soit Stirner qui totalise à lui seul la majorité des pages de cette critique ; elle lui est au fond principalement destinée… Outre le persiflage et la condescendance de Marx à son égard, cela ne signifierait-il pas qu’il en allait à ce moment-là comme du principal adversaire sur sa gauche ?... Je fais l’impasse sur Feuerbach, dont les quelques pages qui lui sont consacrées ne consistent qu’à retirer le H majuscule que le philosophe allemand met encore à l’Humanité, après avoir déchristianisé la pensée. Bruno Bauer quant à lui, si j’en juge par les citations de Marx dans L’idéologie allemande, ne semble pas avoir pu suffisamment se distancer de Hegel pour aboutir sur une pensée propre ; à la manière d’un Fichte, ou plus encore d’un Schelling, à l’égard de Kant. Toutefois, si les attaques de Marx à l’égard de Stirner prennent une telle ampleur dans L’idéologie, c’est bien que l’hégélianisme de Stirner ne saurait être qu’un pan de la critique, mais l’idéalisme parfois grossier de Stirner, et maladroit, ne saurait à lui seul servir d’élément disqualifiant sur sa pensée, comme en témoigne, depuis sa mort malheureuse et solitaire, abandonnée et misérable - des suites d’une piqûre de mouche charbonneuse -, la postérité de son œuvre majeure.

Car, fi des fumées hégéliennes qui amoindrissent son propos, Stirner ouvre L’Unique et sa propriété sur un postulat bien autrement radical… L’introduction s’ouvre sur le titre : « Je n’ai mis ma cause en rien ». Dieu était à prendre tel qu’en lui-même, il était à lui-même la vérité, l’amour, le salut, etc. Dieu existait donc par sa seule suffisance, que Stirner qualifie à dessein d’égoïsme. Dieu n’existe que par lui-même, il n’y a pour lui rien au-dessus de lui. Pour ce qui est de l’Humanité, le concept procède d’une manière identique : celle-ci est prise pour elle-même, en elle-même. Rien n’existe au-dessus d’elle et elle ne se prend qu’en elle-même pour but et finalité. Si Dieu, si l’Humanité, n’ont de valeur qu’en eux-mêmes, sans que rien, jamais, ne leur soient supérieurs ; pourquoi en irait-il autrement pour l’individu pris, lui aussi, en lui-même ? D’autant plus que, hors du registre conceptuel, le souverain, celui qui fait figure dans la communauté des hommes comme étant en lui-même et par lui-même la volonté de tous, le grand représentant suprême; celui-là même s’investit d’une sacralité proprement autonome et suffisante. En marge de tout pouvoir hiérarchique ou étatique, voilà ce que pose Stirner comme objet principal de son œuvre et de sa pensée : l’égoïsme, en tant que suffisance à soi-même, en tant que but et finalité d’un être existant dans et par lui-même. Il faut noter à ce titre que les hégéliens de gauche, pour ce qui est du moins de Bruno Bauer et Max Stirner, appartenaient à un mouvement nommé « Freien », les « Affranchis ». L’impératif des Lumières, là aussi, n’entre pas le moins du monde en contradiction avec la pensée de Stirner : ose penser par toi-même.

Cet égoïsme-là, faisant de l’individu un souverain, autonome et affranchi, procède selon Stirner d’une évidence purement factuelle (et non idéaliste, comme le pense Marx) : « Pour Moi, il n’y a rien au-dessus de Moi ». Chez Stirner, en effet, les majuscules sont trompeuses ; elles suggèrent la sacralisation, mais si Stirner y recourt, il indique bien que pour lui, personne ne peut – via le fonctionnement même de l’esprit humain – s’extraire d’une propension à la sacralisation ; c’est-à-dire à prendre une pensée, un objet, un concept, en lui-même et pour lui-même. L’égoïsme stirnérien n’est rien d’autre au fond que le constat du solipsisme dont chaque individu est isolément le sujet et dont il fait l’expérience en se prenant simplement pour ce qu’il est, sans jamais rien lui surajouter ou lui subordonner. Si on suit bien le raisonnement de Stirner, aussi contradictoire et imprécis qu’il peut l’être parfois, du fait de l’emprise de l’hégélianisme sur sa pensée, celui-ci fait très raisonnablement penser à l’expérience sartrienne de la contingence et de l’existentialisme. Rappelons à ce titre que Sartre se disait communiste, et qu’il n’en était pas moins très stirnérien sur la question existentielle, c’est-à-dire individuelle – à mon sens. Ce n’est que vers la fin de sa vie qu’il se dira anarchiste, comme dans la série d’entretiens donnés en 1975 à Michel Contat, parus en coffret six CD sous le titre Autoportrait à 70 ans. A la lumière de L’idéologie allemande, l’auteur de huis clos m’apparaît un peu comme une symbiose entre le socialisme marxiste et l’individualisme stirnérien ; une expérience du moins qui approcherait ce que pourrait être un savant alliage de ces deux sensibilités de gauche, a priori antagonistes.

La critique de Marx tente de faire passer l’égoïsme stirnérien pour un aveu de réactionnaire (qui cherche à conserver son fief !), ainsi se sert-il de l’héritage idéaliste de Stirner pour le discréditer ; mais il n’aborde quasiment pas le fond de la question que pose « saint Sancho », à savoir l’individu affranchi, et qui puis est, de gauche… Il semble que nous ayons surtout ici la querelle d’un mot, ou d’une définition. Par exemple, lorsque Stirner écrit dans L’Unique : « nous nous cherchons nous-mêmes dans tout. » Il exprime précisément ce en quoi l’égoïsme, qu’il retrouve d’ailleurs à l’état natif et naturel chez l’enfant (une forme d’égoïsme spontané), tout en nous ramenant toujours à nous-mêmes, nous force à passer par l’entremise du « tout », donc, nécessairement : de l’extériorité, du monde et des autres. Ce qui sépare Marx de Stirner semble résulter, soit d’une mauvaise foi, soit d’une incompréhension ; elle aura pourtant des échos dans l’histoire du socialisme à venir. Marx part de l’universel pour définir l’individu, comme il le dit dans La Critique du Droit hégélien : « L’individu c’est l’être social. » Ce qui tend à faire de l’individualité un être social à part entière ; tandis que Stirner part, lui, de l’individu pour définir l’universel. C’est précisément le processus inverse de reconnaissance de soi. Il n’a pas échappé à Marx que l’égoïsme plaidé par Stirner n’était pas en lui-même négateur du socialisme ; il le lui concède dans l’extrait suivant, mais, pour autant, il atteste malgré tout d’un « anéantissement » à venir… d’un certain type d’individu (?)…

 « Le communisme est pour notre saint (il s'agit de Stirner) proprement incompréhensible, parce que les communistes, loin de prôner l’égoïsme contre le dévouement, ou le dévouement contre l’égoïsme, loin de prendre cette contradiction sur le plan théorique, sous sa forme sentimentale ou sous sa forme idéologique, transcendantale, démontrent au contraire son origine matérielle, ce qui la fait du même coup disparaître. Les communistes ne prêchent d’ailleurs pas de morale du tout, ce que Stirner, lui, fait le plus largement du monde. Ils ne posent pas aux hommes d’exigence morale : Aimez-vous les uns les autres, ne soyez pas égoïstes, etc. ; ils savent fort bien au contraire que l’égoïsme tout autant que le dévouement est une des formes, et, dans certaines conditions, une forme nécessaire de l’affirmation des individus. Les communistes ne veulent donc nullement, comme saint Max le croit et comme son fidèle Dottore Graziano (Arnold Ruge) le serine à sa suite (en vertu de quoi saint Max, Wigand, p. 192, dit de lui que c’est un « cerveau extraordinairement subtil et politique »), abolir l’ « homme privé » au profit de l’homme « général », l’homme qui se sacrifie. Sur ce point, tous deux eussent pu déjà puiser les lumières nécessaires dans les Annales franco-allemandes. Les communistes théoriciens, les seuls qui aient le temps de s’occuper de l’histoire, se distinguent justement par le fait qu’eux seuls ont découvert comment à travers toute l’histoire les individus, en tant qu’ « hommes privés » ont été à l’origine de l’ « intérêt général ». Ils savent que cette contradiction n’est qu’apparente, puisqu’un des aspects de l’intérêt dit « général » est sans cesse produit par l’autre, l’intérêt privé, et ne constitue en aucune façon, face à ce dernier, une puissance autonome ayant son histoire autonome ; donc, dans la pratique, cette contradiction s’annihile et s’engendre continuellement. Il ne s’agit donc pas d’une « unité négative » hégélienne des deux termes d’une contradiction, mais de l’anéantissement, produit par des contradictions matérielles, d’un mode de vie conditionné matériellement et qui a été jusqu’ici celui des individus, anéantissement qui fait disparaître à la fois cette contradiction et son dépassement. »

 Marx et Engels, L’idéologie allemande, Editions Sociales 2012, p. 244-245

 Marx oppose à la critique du communisme que fait Stirner (celle de la négation de l’individu jusqu’en sa propriété personnelle), celle d’une pragmatique révolutionnaire amorale ou immorale qui n’aurait pas d’autres fondements que celle d’une logique scientifique matérialiste destinée à « anéantir » un mode de vie (conditionné matériellement) qui fut celui des individus jusqu’à aujourd’hui, engendrant ses contradictions et son nécessaire dépassement ( ?). Cela reste malgré tout un peu mystérieux, comme explication… Il s’agit pour le moins d’une téléologie sociale, révolutionnaire, qui, en agençant de manière inédite la structure économique, ne peut qu’aboutir par-là même à un « nouvel homme » ou à un « nouvel individu ». L’Unique stirnérien ne saurait donc être que remplacé par ce nouvel individu ( ?). Ce schéma ne peut qu’être incompréhensible pour Stirner qui sait pertinemment que l’individu, tout autant que ses idées, ou son esprit, ne fait qu’un en lui-même et ne connaît, naturellement3, aucun dépassement de type transcendantal. Marx aurait-il inventé le matérialisme transcendantal bien plutôt que dialectique ?...  La suppression des classes et de la propriété privée suffira, en somme, à régler le problème de Stirner… En un sens, là où Stirner ferait du sentimentalisme identitaire, Marx ferait, lui, des travaux appliqués… Qui nous dit, avec le recule, que Stirner n’avait pas un tant soit peu raison et que son opposition de principe, si elle avait pu être mieux auscultée par ses détracteurs, aurait peut-être pu corriger une faille importante dans le dispositif révolutionnaire marxien ?... Par exemple, lorsque, dans le même ouvrage, Marx écrit « les circonstances font tout autant les hommes que les hommes font les circonstances.4 », c’est précisément cette ambivalence qui interdit de penser à une primauté des unes sur les autres. Les différentes sphères de déterminations sociales, économiques et productives, ne pèsent jamais d’un seul poids – heureusement – sur les destinées humaines. L’avenir reste à tout moment imprévisible par le jeu même des libertés individuelles (propriétés de l’Unique), dont Stirner faisait l’éloge inversement proportionnel... La pure matérialité de la révolution marxienne n’aurait pas suffit, loin s’en faut, à régler tous les problèmes ; y compris ceux, individualistes, soulevés par Stirner… Peut-être est-ce sur ce même mode de pensée que l’ami de Sartre, Paul Nizan, revenu de son voyage en URSS, se trouvera fort contrarié de savoir que le communisme appliqué n’avait pas aboli jusque dans l’âme des soviétiques, toute problématique individuelle et métaphysique… Il le confessa notamment dans un meeting à Rouan, en compagnie de Sartre et Beauvoir, en disant qu’ «  il avait effectué une enquête auprès de tous les hommes et toutes les femmes rencontrés et qui croyaient profondément au communisme. Les camarades soviétiques avaient tous répondu que, bien sûr, ils avaient peur de la mort, que face à la mort chacun est toujours seul » Face à la mort, certes, mais plus amplement : face à sa propre conscience, face à ses propres choix, face à sa propre vie… Stirner aura au moins raison sur un point : aucune idéologie ne pourra jamais, par matérialisme logique ou scientifique, abolir ou anéantir l’individu ; c’est-à-dire sa problématique (morale) individualiste ou individuelle, qui s’y rapporte nécessairement. 

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1 La philosophie allemande s’est inscrite dans un cadre Critique, avec la Critique de Kant. Il s’agit donc de critiquer cette Critique, qui représente à la fois la fin du dogmatisme religieux en philosophie mais qui conserve et consacre toujours l’idéalisme. Le marxisme est donc en un sens l’aboutissement matérialiste de cette Critique.

 2 Les œuvres de Marx et Engels font l’objet d’une réédition et retraductions par les Editions Sociales et par le travail de la GEME (Grande édition Marx et Engels); car, en raison des événements qui ont jalonné le XXème siècle, un siècle de récupérations politiques ont grandement modifié, détourné, censuré, déformé, manipulé, les textes originaux. Cette réédition est en cours et de nombreux inédits sont semble-t-il encore à attendre. L’idéologie allemande a, quant à elle, été éditée nombre de fois depuis 1932, plus souvent caviardée, et toujours, bien évidemment, dans un sens idéologique propre à celui qui en sélectionne les passages. L’édition Pléiade réalisée par Maximilien Rubel dans les années 60, est, elle-même, incomplète et sélective. L’édition 2012 de l’Idéologie allemande aux Editions Sociales se base donc sur la plus respectueuse du manuscrit original parue à ce jour, celle de 1976, sous la direction de Gilbert Badia ; mais une édition « ultime » de cette œuvre est envisagée à l’avenir. Sont déjà parus récemment dans la même édition les manuscrits de 1857-1858 dits « Grundrisse » (2011), La critique du programme du Gotha (2008), Le chapitre VI du Tome I du Capital (2010) qui semble avoir souffert lui aussi d’une diffusion marginale de l’œuvre elle-même… A paraître en 2013, La Situation de la classe laborieuse en Angleterre de Engels, La Sainte famille, les articles publiés par Marx et Engels dans le New York Daily Tribune en deux tomes, ainsi que les œuvres de jeunesses de Engels. Voir ici : la GEME : http://lageme.blogspot.ch/ Les Editions Sociales : http://www.editionssociales.fr/

3 Ah la nature ! On connaît l'hostilité de Marx pour Rousseau, accusé d'être à l'origine de l'échec de la Révolution française, du fait même du jacobinisme de sa vision gouvernementale. Cependant, sur un autre plan, il se pourrait bien qu'une certaine pérennité des lois naturelles - que l'on peut aisément attribuer à ce qui est propre à la nature humaine - soit également en cause dans l'échec téléologique du "nouvel homme". 

 L’Idéologie allemande, Editions Sociales 2012, p. 39

@LG

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