Festival Les 2 mondes de Mulhouse 2018

Du 11 novembre au 17 novembre 2018

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Le Festival Les 2 mondes de Mulhouse remet le couvert pour cette année, fidèle à ses exigences : de la musique avant toute chose, de la bonne chair pour l’accompagnement, et des complicités, des amitiés, des rencontres pour l’accomplissement. Il arrivera même que le concert et le couvert n’aient pas même quelques syllabes à s’échanger, puisqu’ils se dérouleront ensembles, pour ne pas dire en consonances, les chefs cuisiniers étant autant de chefs d’orchestre sachant tout aussi bien quels timbres, quels accords, quelles harmonies associer pour qu’une composition originale puisse se revendiquer autant d’une pièce instrumentale que d’une pièce montée. L’œnologie ne sera pas plus omise que la gastronomie et on admettra que le tympan de l’oreille puisse retentir de concert avec le palais.

Du Restaurant « Le 4 » au Café Mozart, en passant par la Galerie Engelmann, les musiciens convieront Paganini, Jean-Sébastien Bach, Cassado, et Pierre Thilloy lui-même proposera des œuvres originales, tantôt créées spécialement pour l’occasion – il en ira de même du savoir-faire de Michel Bannwarth en cuisine. On ignore si le mouton sera lui aussi au menu, mais Le petit prince de Saint-Exupéry nous le dessinera sur la scène du Théâtre de la Sinne, pour lui donner du volume et permettre aux enfants de sa familiariser autant avec les sons qu’avec les mots – du théâtre à la littérature, des mots à la musique. La photographie sera également à l’honneur, de même que l’illustration, histoire de fixer ce qui nous échappe, de retenir ce qui n’est qu’éphémère, de nos assiettes à l’audition. Rien de plus dérisoire qu’une saveur ou qu’une mélodie, de plus fugace en somme, tout comme ces instants partagés que l’on regrette souvent à peine les avoir vécus.

Tel sera le défi de ce festival : être suffisamment sensible et vivant, intense et prégnant, pour subsister dans la mémoire bien plus durablement que les évanescences dont il sera l’objet. Dans la mythologie, il était fréquent que les artifices utilisés par les dieux pour attirer les mortels dans leurs pièges, ne soient redevables de filtres magiques, tout comme dans les contes, que l’on se devait d’ingérer pour en être envoûté ; dans d’autres cas, le chant des sirènes se chargeait d’accomplir par la seule audition, sinon par la lyre d’Orphée, l’attirance d’un héros ou la pacification des animaux les plus dangereux, sinon les plus craintifs. Le charme sera donc servi avec ses victimes, celles figurant au menu, et l’enchantement se restreindra à ajouter bien plus encore de plaisir à ce qui en contient déjà en substance. Passer de la sublimation au sublime, voilà qui relève avant tout de l’art du compositeur, du cuisinier comme de l’artiste.

 

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Le festival Les 2 Mondes au restaurant "Le 4" de Mulhouse © Xanadu, un monde musical

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