Quelques flèches et autres tirades

Passage aphoristique...


Passage aphoristique...


 Il n’y a pas quatre chemins pour vivre ; ou plutôt si, il y en a au moins quatre : Sentir, ressentir, voir, concevoir

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L’individu s’arrête là où commence le nombre.

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Sublimer consiste à laisser s’érotiser par lui-même le pourtour du hasard.

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Se débattant dans sa bêtise comme un poisson dans un filet…

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Se refaire une éducation : en redéfinissant pour soi-même l’essentiel.

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Ce sont de grands pessimistes qui savent dégager de l’existence les espérances les plus maigres, certes, mais les plus fondamentales…

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Le fédéralisme est un système politique à ce point efficace qu’il en méprise la médiocrité de ses représentants.

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 Tout ce qui participe de la vie est extraordinaire ; il n’y a guère que l’indifférence qui ne soit ordinaire.

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Le solitaire est fait du bois dont on fait les forêts silencieuses – aux mille oreilles…

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La politesse est la politique a minima

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Le corps et les idées sont à ce point semblables que certaines contradictions nous valent les authentiques tourments d’un faux mouvement !

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La timidité et la pusillanimité ont pour fond la crainte de l’erreur et la honte qu’on lui associe ; mais ces a priori n’ont que peu de crédits soumis à l’examen de la raison car, en réalité, on pardonne toujours volontiers à celui qui se trompe de bonne foi. Ce n’est pas l’audace qui discrédite la parole ou l’acte erroné mais sa putative malhonnêteté.

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Objection à Nietzsche : comprenez-vous qu’aucun cycle ne se répète ?

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Du talent : la folie qui sous-tend les grands créateurs est contrebalancée par la rage de l’équilibre.

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On ne commence à voir et à entendre qu’après avoir désappris ou réappris le réel. Il faut être déjà mort une fois pour comprendre le sens d’une telle assertion…

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L’appréhension de la mort réduit le périmètre du Désir en un point sans cesse plus intérieur.

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Tout ce qui a été dit depuis des siècles sur l’homme est à reprendre et à ressasser encore et encore. Quel désespoir ! Et quelle assurance !

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Qui aurait cru que profiter de la vie était avant tout une dimension intellectuelle portée sur l’esprit et sur les sens ?...

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Un mal pour un bien : la faillite sociale mène à la conscience de soi.

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Est rationnel tout ce qui coïncide avec une vérité, c’est-à-dire avec la réalité.

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La faculté directrice des stoïciens est un prélude à la raison intuitive.

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Le réel échappe à toute définition, toute notification abstraite, sous forme de chiffres comme sous forme d’alphabets. Il en va de la science comme des autres disciplines : leurs finalités s’ajournent perpétuellement.

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Aucune malédiction ne pèse sur les poètes ou sur les artistes autre que celle de la Civilisation !

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Dissocier l’art et la vie c’est retirer l’âme du monde, ou le monde de l’âme; l'homme du commun est un homme morcelé, séparé. L’artiste est une réunification désespérée de l’âme et du monde en perpétuelle désunion.

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Celui qui seul s’aime s’abîme.

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Seul un cœur sec tarit toutes les sources de l’estime.

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Il serait temps d’habiter vraiment la maison d’Orphée plutôt que d’en être sempiternellement le concierge…

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Jean-Baptise Corot - Orphée ramenant Eurydice des Enfers

@LG

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