Une fiesta à hauteur d'apocalypse

Fragments pour un gai savoir XXXI

 

 

Une fiesta à hauteur d’apocalypse. 11'000 milliards de dollars ont été créés par les banques centrales mondiales, non pour sauver le monde, c’est-à-dire pour être investis dans des projets concrets afin de répondre aux urgences actuelles – imagine-t-on ce que l’on pourrait faire avec une somme aussi inimaginable si elle était injectée dans l’économie réelle ? – mais pour l’injecter tout entière dans les marchés financiers en périls, alimentant la voracité sans limites de ses acteurs, profitant aux seules puissances d’argent impliquées dans la bourse, générant des bulles à foison, notamment immobilières, ne correspondant plus à la moindre réalité d’un monde où les Etats-Unis n’ont plus que 2 % de croissance, où l’Europe entière est en récession, le moteur du continent, l’Allemagne, n’étant plus qu’à 0,7 % de croissances… soit plus proche du point mort qu’autre chose. La récession a déjà commencé, et les faillites bancaires également : la Deutsche Bank, grande banque systémique, annoncée comme mourante depuis bien longtemps, vient de faire faillite sans surprises, gorgée de fonds toxiques excédant de beaucoup ses fonds propres, laissant 18'000 emplois sur le carreau, et laissant repartir ses grands décideurs avec des millions en guise de parachutes dorés. Tout a véritablement bien changé depuis 2008.

Les taux négatifs, qui sont une aberration reconnue par tous, se répandent à tous les niveaux ; les banques centrales injectent de l’argent à taux zéro sans limites, par milliers de milliards, c’est-à-dire gratuitement, pour maintenir à flot l’économie mondiale – sauf que tout cet argent finit par n’être partagé qu’entre leaders boursiers, sans jamais revenir dans l’économie réelle. Quand les ménages voient leurs marges rétrécir, les grandes fortunes explosent ; l’immobilier s’envole, en l’absence de toute causalité factuelle ; les fonds de pension s’envolent également, tout s’envole dans des records boursiers alors que les chiffres de l’économie réelle sont catastrophiques – paroles de FMI et de BCE réunis… L’austérité siphonne ce qu’il reste d’argent public, les banques siphonnent ce qu’il reste d’épargne pour subsister ; ce sont elles-mêmes qui paient pour que des emprunts aient lieux, notamment dans les prêts hypothécaires où les taux sont devenus également négatifs ; ces taux négatifs ne sont que la dernière parade des banques centrales pour empêcher le krach, le moindre relèvement des taux déclenche immédiatement une panique financière, comme cela s’est produit l’année dernière aux Etats-Unis après la tentative d’un relèvement des taux de la FED, bien vite annulé. Le crash test était clair : relever les taux, c’est faire exploser le tout. Il n’est donc plus question de sortir des taux négatifs, et Mario Draghi, président de la BCE, vient de le rappeler. Ce qui n’était appelé à n’être qu’une situation exceptionnelle, est devenue la norme. On ne peut plus en sortir sous peine de krach, alors que les dettes s’envolent également et qu’en l’absence de toute croissance, il n’est plus guère possible de les rembourser – sinon à prendre l’argent où il est… suivez mon regard.

12'000 milliards de taux négatifs ont été générés à ce jour, sans générer de résultats probants ; ces chiffres répondent-ils encore à quoi que ce soit d’imaginable ? Sinon que l’on entretient un système déjà mort en 2008 que l’on s’évertue à maintenir en vie artificiellement, aggravant plus encore les dégâts qu’il causera au terme de son agonie. Je serais d’ailleurs prêt à penser que si cet argent, 11'000 milliards, tout droit sorti gratuitement du chapeau des banques centrales, avait été tout entier, injecté dans l’économie réelle, n’aurions-nous pas sauvés le monde ? Après tout, une fois l’argent créé ex nihilo, il n’y a plus qu’à décider de sa destination. Sauf qu’à créer ainsi de l’agent gratuit sans limites, la monnaie se déprécie et les banques centrales tuent elles-mêmes leurs propres monnaies… Selon les spécialistes financiers, si on réchappe au krach, les Etats cette fois-ci ne pouvant plus secourir les banques en raison du surendettement, c’est une crise monétaire qui suivra en raison d’un abus vertigineux de la planche à billets. Peu importe, avec une telle somme, on aurait pu avoir le choix entre sauver le monde, ou enrichir la finance avec des moyens factices qui ne doivent rien aux grandes vertus entrepreneuriales ; c’est la seconde option qui a été choisie par les grands décideurs. Soit le monde n’est pas en danger et la finance ne fait que pratiquer une bamboula qu’elle espère éternelle pour son seul compte où l’argent ne fait que tomber du ciel – chacun étant libre de s’amuser comme il peut -, soit le monde est en danger réel, et les décideurs sont dingues. Juste bons à danser sur les gravats en attendant l’apocalypse. Mario Draghi n’en a cure : il en sera quitte dès septembre, si le système financier tient jusque-là… La patate chaude risque d’être copieusement frite.

 

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Récession occidentale, croissance en Corée du Nord. Le trépidant Claude Béglé, entrepreneur bien connu en Suisse pour ses polémiques et ses partis pris originaux, conseiller national du Parti Démocrate-Chrétien, vient de mettre un nouveau pied dans le plat en s’enthousiasmant pour la Corée du Nord qu’il était allé visiter de son plein gré pour y assouvir sa seule curiosité. Il en revient ébahi comme un enfant au retour de Walt Disney. Émerveillé de ce qu’il y aura découvert, que la Corée du Nord n’est pas à l’image de ce que la Pravda libérale souhaite faire croire, et qu’il y aurait matière à y trouver du bon. Quelle révélation ! La même remarque a déjà été faite sur l’Union Soviétique, qui, si on excepte ses premières années intensément idéologiques, avant la création de la NEP, qui sont un authentique chaos riche de millions de mort, tout du long de ses 90 ans d’existence, l’Union soviétique a eu l’opportunité de démontrer qu’elle avait quelques atouts puisqu'on ne saurait rivaliser avec les Etats-Unis sur une aussi longue période sans les équivaloir quelque peu en puissance. Etant donné qu’il se produit le même phénomène aujourd’hui avec la Corée du Nord, nul doute que ce petit pays ne se trouve pas suffisamment pauvre et arriéré pour ne susciter que le mépris de la plus grande puissance mondiale.

La tension géopolitique à l’œuvre entre la Corée du Nord, la Chine, le Japon, la Corée du Sud, et les Etats-Unis témoigne en sa faveur, comme naguère avec l’Union soviétique, le système qui n’est censé pas fonctionner pour ses ennemis idéologiques, fonctionne suffisamment bien pour générer une tension internationale avec le plus fort, et maintenir une guerre froide dans la durée, quand il ne s’agissait pas de lancer des défis technologiques qui finirent un jour par décrocher la lune et faire sauter Hiroshima… De quoi douter qu’une nation comme les Etats-Unis se soit tant embarrassée dans ces conflits, s’il ne s’était agi que de nains économiques. Fort de quoi, dans tout système ayant trouvé les moyens de rivaliser avec les plus grands empires, il y a matière à s’interroger sur ce qui fonctionne si bien en un système socialiste, et sur ce qui n’y fonctionne pas ; encore faut-il bénéficier des éléments concrets pour le savoir.

J’ignore au juste ce que M. Béglé a découvert, mais je n’ai nul mal à le croire s’il s’agit de donner tort à la propagande libérale en la matière qui voudrait que la Corée du Nord soit une ruine survivante de la défunte Union soviétique, n’attendant plus qu’un coup de vent pour s’effondrer. Nul n’est besoin de se rendre sur place, il suffit de lire ceux qui l’ont fait à notre place, telle la journaliste Juliette Morillot, spécialiste de la péninsule coréenne, auteur avec Dorian Malovic, du journal La Croix, d’un ouvrage sur le sujet : Le monde selon Kim Jong-un, publié chez Fayard. La première invraisemblance relève du fait que, depuis 1991, date de l’effondrement de l’URSS, il s’est écoulé bientôt trente ans sans que celle-ci ne se soit effondrée. Des famines catastrophiques de la fin de l’Union soviétique, le pays s’en est bel et bien relevé ; quant à son arsenal militaire, dont une bombe atomique vingt fois plus puissante que celle d’Hiroshima, le régime n’a pas cessé de le peaufiner depuis cette époque. La si arriérée Corée du Nord, rivalise aujourd’hui avec les Etats-Unis, s’impose comme un interlocuteur incontournable. La misère, elle ne la connaît plus ; sa technologie est suffisamment élaborée pour disposer de dix mille hackers bombardant les infrastructures ennemies, infiltrant jusqu’aux crypto-monnaies tel que le bitcoin. Ces braquages virtuels leur permettent de financer leurs programmes militaires. Ce qui fait de l’arriérée de service, une nation à la pointe de la cyber-guerre. Depuis la famine de 1990, le système économique n’est plus strictement communiste ; une économie de marché s’y est développée par la force des choses, et fut tolérée par le régime pour finir par y être encadrée. Le fait est que la consommation « à l’occidentale » y a fait irruption et que l’élite coréenne est friande de la High-Tech. Kim Jong-un n’est pas le dangereux fou que l’Occident aime dépeindre, du moins, pas dans sa politique nationale ; depuis qu’il est au pouvoir, il a lancé un vaste plan de rénovation des structures : nouvelles rues, bâtiments neufs, hôpitaux de pointe, instituts scientifiques, installations de sport et de loisirs, création de musées, chantiers tous azimuts.

La croissance du pays est à 3,9 %, bien au-delà des capacités de l’Occident désormais en récession. Les coréens reconnaissent en leur nouveau chef, un bâtisseur. On y fait état de quartiers ultramodernes, de galeries marchandes, boutiques, restaurants fréquentés par une classe moyenne en plein essor. Des constructions spectaculaires, à destination des ingénieurs et professeurs d’Université ; une monumentale cité des Sciences et des Technologies, complexe architectural géant, en forme d’atome, contenant musée, centre de conférence et de recherche, bibliothèque et université populaire de formation continue… Electricité solaire, bâtiments en marbre, en verre, en design épuré, centres commerciaux où la jeunesse coréenne boit cappuccinos, cafés latte, mange des pizzas, se rend dans les supermarchés en tout point ressemblant à ceux de Chine et il est impossible, au premier coup d’œil, de différencier un supermarché coréen d’un supermarché d’un autre pays asiatique. On y trouve bières japonaises ou importées d’Asie, shampoings et gels douche made in Japan, produits d’entretiens de Malaisie, gâteaux vietnamiens, et produits locaux. Importations et exportations rythment l’économie du pays.

Le salaire n’est que de 60 dollars par mois, mais tout est fourni par l’Etat pour ce qui est du logement, de la nourriture et des vêtements. L’optique fixée par le régime demeure toutefois de disposer, en toute matière, de produits locaux et de ne pas dépendre de l’international en quelque ressource que ce soit. Actuellement, les usines manquent pour y parvenir, mais le projet est en cours : ordinateurs, téléphones portables, panneaux solaires, voitures, chaussures, vêtements, rames de métro, le pays devra être à terme parfaitement autosuffisant, et qualifié dans tous les domaines de la consommation et de ses besoins. La Corée du Nord se donne les moyens que le libéralisme occidental s’interdit… On comprend en effet la stupéfaction de Claude Béglé et le torrent de contrevérités et de boues que l’Occident déverse sur une réussite économique et industrielle insolente, ayant cours autant en Chine qu’en Corée du Nord, dans des systèmes se réclamant encore du communisme ! Ou du moins, du socialisme. Il faut d’ailleurs préciser que si la plupart des entreprises appartiennent à l’Etat, ce dernier n’empoche qu’une patente et laisse bien souvent les entreprises embaucher et participer, pour le reste, à une économie de marché semi-privée, permettant aux plus travailleurs, de s’enrichir pour eux-mêmes au surplus. N’importe qui peut fonder son entreprise, son restaurant, moyennant la présentation d’un dossier à l’administration et témoignant de son savoir-faire dans le domaine. Non seulement la concurrence y est pratiquée entre entreprises, mais les licenciements également…

Les campagnes, qui ne bénéficient pas encore des largesses des grandes villes, disposent toutefois d’équipements modernes, importés de l’étranger, pour cultiver la terre. Les fermes sont des coopératives où les paysans disposent d’un lopin privé pour consommer ou vendre tout produit qu’ils souhaitent sur des marchés locaux ; éoliennes et panneaux solaires servent à l’électricité partout dans le pays. Plus de 70 % des coréens achètent de la nourriture sur des marchés privés, autant dire que la grande famine a laissé des traces et que la Corée du Nord n’est pas prête à risquer quoi que ce soit en ce domaine en raison d’un monopole d’Etat, tout aussi faillible. Toutefois, certaines parties du pays connaissent des inondations, sinon de graves sécheresses, détruisant des cultures et générant encore des épisodes de sous-alimentations, ce d’autant plus que 80 % du pays relève d’une zone montagneuse, non utilisable pour la culture, et qu’il faut nourrir 23 millions de coréens. Les importations de nourritures à destination des zones les plus reculées sont non seulement pratiquées mais en hausse constante.

La société coréenne s’est adoucie du fait de la politique actuelle, et même les chaînes de télévision, connues pour leur propagande martiale, diffusent des émissions didactiques sur les sciences, les langues, des films étrangers, russes, chinois, indiens, allemands, et français. Du divertissement, des humoristes ( !) ont fait également leur apparition. Une gigantesque inscription, attribuée à Kim Jong-il est visible sur l’avenue Ryomyong et scande : « Regardons le monde en gardant les pieds sur notre sol ! ». Cette seule phrase, accompagnée des mesures prises par le régime de Kim Jong-un pourraient suffire à démontrer que la Corée du Nord est en avance sur les ruines du libéralisme occidental, dans son principe et ses résultats. Tout ce qui est bon à prendre à l’étranger, le sera ; tout ce que nous pourrons faire par nous-mêmes, sera privilégié… Outre la dictature d’Etat, convenons qu’il s’agit là d’un simple bon sens. Le dictateur fou aurait mis davantage de bon sens dans la politique de la Corée du Nord ? On comprend que cet état de fait soit dérangeant…

Le passif entre les Etats-Unis et la Corée du Nord est plus lourd qu’on ne le sait. La guerre de Corée en 1950 fut d’une violence impitoyable, dans la lutte contre le communisme, c’est-à-dire contre l’autodétermination des peuples à choisir ou non ce système économique par l’hégémonie américaine : la Corée du Sud éliminait des civiles nord-coréens suspectés de complaisance avec le communisme, les américains rasèrent littéralement le pays au napalm ; la capitale fut détruite à 90 % - femmes, enfants, passés par les flammes, parfois directement à l’essence. 900'000 tonnes de bombes ont été larguées par les Etats-Unis sur la Corée du Nord, deux fois plus que durant la seconde guerre mondiale… On osera s’interroger sur le sens du mot épuration – convient-il, convient-il pas ? Fort d’un tel passif, la déclaration de Donald Trump selon laquelle il détruira la Corée du Nord, est d’une violence inouïe. Ils l’ont déjà fait, et dans des conditions n’ayant rien à envier à la barbarie européenne qu’ils se flattent d’autre part, d’avoir anéantie. Aussi le sentiment antiaméricain est-il dans l’ADN historique du peuple coréen, et sans cesse ravivé dès le berceau, par l’idéologie martiale du régime. Non sans quelques raisons que l’actualité ne dément pas…

L’isolement de la Corée du Nord est une légende de plus : cette dernière entretient des liens commerciaux ou de partenariats militaires avec nombre de pays : la Syrie, l’Egypte, la Russie, la Chine, la Libye, la Malaisie, et une soixantaine d’Etats d’Afrique, du Maghreb, d’Europe de l’est et d’Amérique latine… Dans le genre bunker, on fait tout de même mieux. Les partenariats vont bon train et les affaires sont juteuses – même et surtout quand elles sont illégales. Le pavot, l’héroïne, l’opium, le trafic de l’ivoire, rapportent beaucoup au pays, sans évoquer les travailleurs expatriés en Pologne, Malaisie, Algérie, qui démontrent une fois de plus que le bunker est une vue de l’esprit. La Corée du Nord dispose également de diplomates fort doués dans les affaires qui contribuent à son essor international, ici aussi, souvent, en violation du droit. Le prétendu bunker n’est représentatif que de l’opacité du gouvernement et de ses affaires, ou du quadrillage du territoire par la soldatesque, mais guère davantage. La Corée du Nord est ouverte sur le monde et aux avant-postes de la technologie. Monsieur Claude Béglé ne s’y est pas trompé ; ses tweets n’ont pas la démesure de l’affaire qu’on lui colle désormais sur le dos. Il omet, apparemment à dessein, pour ne pas froisser ceux qui l’ont si aimablement reçu, que la « perfection » dont il a été le témoin, est entièrement fabriquée par le régime. C’est la luxueuse vitrine d’un monde où la répression ne pardonne pas les écarts patriotiques, sans évoquer les assassinats commandités.

Mais bon, Monsieur Béglé assure qu’il le savait ; alors quoi ? La réussite économique de la Corée du Nord est une réalité, sa croissance est aussi stupéfiante que la Chine et il s’y produit, en effet, des tensions à destination d’un niveau de vie supérieur qui tend à décongeler la rigueur de l’oppression. Ici encore, Claude Béglé n’a pas défini le pays comme une démocratie ; il a simplement dit qu’elle le deviendrait peut-être à terme. Peu probable, mais pourquoi pas ? En fin de compte, seul le déni d’un socialisme triomphant motive les critiques, la confusion entre dictature et faillite économique, qui n’est qu’un leurre de la Pravda libérale – le capitalisme n’est pas un système démocratique, et il ne se porte jamais aussi bien que lorsqu’il place les affaires au premier plan à l’encontre de toute éthique ; la Russie soviétique a elle-même connu son âge d’or, et qu’on ne vienne pas nous dire que les monarchies d’antan, que les empires d’alors, ont été des débâcles sous prétexte qu’elles dépendaient du fait du Prince. Les dictatures sont tout à fait adaptées à la réussite économique. Je retiendrai surtout de cette polémique, un déni de réalité dont même les américains ne peuvent plus faire fi désormais, et de l’incompatibilité manifeste entre esprit libre et appartenance à un parti politique – car c’est là principalement que la polémique se situe : les partisans, sinon les conseillers nationaux d’un parti quelconque, ne doivent être que bouches cousues.

 

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La réussite économique de la souveraineté nationale. Le récent rapport de la SECO (Secrétariat d’Etat à l’économie suisse) (Le Courrier, 02.07.19) fait état d’une libre-circulation européenne, en Suisse, non seulement stable mais sans influence sur les salaires nationaux. Pas de baisse salariale, contrairement à ce que l’on observe dans les pays membres de l’Union. Au contraire, l’apport de la main d’œuvre européenne aurait eu une incidence positive sur la croissance helvétique. Si les chiffres sont exacts (on sait que l’INSEE en France manipule allègrement les chiffres de la migration), il n’y aurait que 31'200 personnes inscrites en 2018, alors que ce chiffre atteignait plus du double en 2013. Il n’y a donc pas péril en la demeure, bien au contraire ; mais cela soulève une autre remarque : si la libre-circulation fonctionne correctement en Suisse, alors que cette dernière refuse les critères des traités européens, et ce, jusqu’au récent accord-cadre, il se pourrait donc que la nocivité de Schengen, telle que constatée au sein de l’Union, et dénoncée y compris par le président français, pourtant fervent européiste, puisse relever non de la libre-circulation en elle-même que des lois qui l’accompagnent.

Qu’on se souvienne de la directive Bolkestein qui organisait, et organise toujours, sous un autre nom sans doute, au sein des traités européens, la concurrence entre les travailleurs européens à moindre coûts et ceux d’autres pays au niveau de vie plus élevé. La conséquence en est la baisse des salaires des pays au niveau de vie plus élevé ; soit, leur appauvrissement. L’accord-cadre récemment imposé à la Suisse avec sanctions (abolition de l’équivalence boursière) propose justement de soumettre la Suisse à ce dumping salarial – raison pour laquelle elle s’y refuse. Il faut d’ailleurs saluer ici le syndicalisme helvétique de faire un travail qui l’honore, alors qu’il est réprimé par licenciements abusifs, là où il a depuis longtemps baissé pavillon chez nos voisins français, alors qu’il est encore vif en Allemagne où il a permis à des travailleurs en usine d’obtenir la semaine de 28 heures en raison des gains astronomiques du secteur et de la pénibilité de leur condition de travail. Au fond, nous pouvons en tirer cette conclusion : que la libre-circulation est minée par l’Union européenne elle-même, qui, tout en appliquant une sanction à la Suisse, voit son marché boursier en être ragaillardi au contraire du sien, et saborde elle-même Schengen par sa législation ultralibérale. On ne trouvera pas meilleure ennemie pour ses propres valeurs, que l’Union européenne sous sa forme actuelle.

 

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Compromis vaut mieux que ligne claire. Le renouvellement des postes importants de l’Union européenne, en cette année 2019, atteint le sommet du ridicule. A un tel point que même la presse européiste est atterrée… On touche le fond par le sommet ; mais au moins, les vices de l’édifice sont à ce point visibles qu’on y voit directement au travers des fissures. Cette année voit le départ (présumé) de monsieur « je reviendrai ! » et que l’on peut prendre au mot, car il n’en est pas à son coup d’essai. En 2004, Jean-Claude Jüncker, premier ministre du Luxembourg, est désigné (déjà) Monsieur Euro. Il demeurera premier ministre du Luxembourg dix-huit ans durant, tout en présidant l’Eurogroupe. Voilà bientôt seize ans que cet habitué des mandats interminables règne sur l’Eurogroupe, puis plus tard, sur la Commission. En 2005, on le retrouve président de l’Eurogroupe ; il en est prorogé en 2012 – de quel droit, selon quel règlement ? L’année suivante, il démissionne en plein scandale lié au service de renseignements du Grand-Duché du Luxembourg (SREL). Il est accusé d’avoir établi une véritable « police secrète » parmi laquelle deux gendarmes d’élite furent accusés d’avoir commis des attentats dans les années 80 (Le Temps, 11.07.2013). Une motion de défiance fut déposée contre lui au parlement luxembourgeois, événement qui ne s’était pas produit depuis 1848… Le SREL permit notamment de ficher nombre d’habitants soupçonnés de communisme (ce bien après la disparition de l’Union soviétique…), de déstabiliser un magistrat, d’opérer des malversations dans la revente de voitures de luxe, le service entretenant des liens avec les services secrets britanniques ; le chef du SREL se permit même d’enregistrer à son insu son supérieur hiérarchique sur une montre truquée… (Non mais allô quoi…)

Ce qui ne l’empêchera pas de succéder à Barroso en 2014 à la tête de la Commission, malgré la menace des anglais, déjà à cette époque, de quitter la zone euro si le justiciable Jüncker devait diriger la Commission. On comprend les anglais de ne pas vouloir d’un sombre individu condamné l’année précédente pour barbouzeries, remplaçant un dirigeant de Goldman Sachs, banque qui fut aux avant-postes lors de la crise économique de 2008 qui endetta le continent européen. Non content d’ailleurs de n’avoir fait que quitter la banque la plus cynique au monde, il y retournera par la suite après son mandat européen… C’est donc bien par la grâce du Conseil européen, avec l’aval du parlement européen, qu’un homme condamné et malhonnête, cumulant des décennies de pouvoir, fut élu à la tête de la Commission en cette année 2014. On mesure l’avantage démocratique du Conseil européen et du parlement dans la nomination des chefs de l’Union, ne s’embarrassant aucunement d’un ministre véreux et d’un haut stratège de la finance destructive… C’est en effet une coalition de la droite et de la gauche ( !) au parlement européen qui permit à la mafia européenne de placer indéfiniment ses hommes de main – dont le soutien d’Angela Merkel à M. Jüncker à l’encontre des récriminations légitimes de plusieurs pays, dont l’Angleterre. Allez après cela donner des leçons aux pays de l’est…

En 2017, Jean-Claude Jüncker proposera de fusionner ni plus ni moins la présidence de la Commission et celle du Grand conseil – pour plus d’efficacité… Le parlement européen, pour son compte, ne mérite guère de changements, puisqu’il ne mérite guère d’attention. En novembre 2014, une autre affaire vient ébranler le commissaire tout juste intronisé : des arrangements fiscaux inacceptables auraient été passés avec des entreprises durant les années où M. Jüncker détenait le ministère des Finances du Luxembourg, en violation du droit et des règles de la concurrence, pratiquant « par nécessité » l’évasion fiscale. Aussi, les tractations actuelles pour le remplacement de M. Jüncker à la tête de la Commission ne risquent pas d’être plus vertueuses que dans le passé puisque ni le parlement européen, ni le Conseil européen, ne sont capables de faire barrage aux petits arrangements entre amis. Au regard de la vision anglaise, c’est bien l’accès aux postes importants par des délinquants que l’on doit les premiers signes revendiqués de sortie de la zone euro – à quoi s’ajoutent les mauvais résultats politiques et économiques de cette association de malfaiteurs…

Il n’empêche que rien depuis n’est venu clarifier la nomination de la Commission ; Jüncker a nommé lui-même le nouveau secrétaire général de la Commission avant de partir (qu’ils ont contraint à la démission récemment), sans passer par quiconque, provoquant la colère du Conseil. Nous ne sommes plus à cela près… Il a vaguement été question de respecter les résultats des élections européennes dans le choix du futur commissaire européen en chef, permettant aux leaders du parti le plus représentatif d’imposer son candidat – en l’occurrence le PPE (parti populaire européen). Mais les petits arrangements entre amis prévalant sur toute organisation claire et distincte, on destinera le candidat du parti le plus représenté à Bruxelles, qui aurait pu bénéficier d’une logique « démocratique » au sens représentatif au sein du parlement, à la direction du joujou (le parlement) – car personne ne voulait de lui dans le cénacle des « amis ». Au final, même le parlement lui a été refusé… Tout ce qui pouvait demeurer de lointainement démocratique n’a pas même eu lieu. Les nominations les plus importantes de l’UE, la Commission (qui compte 28 commissaires – qui les connaît ? qui les choisit ? – dont cinq vice-présidents ! - un véritable gouvernement marginal, ou plutôt transversal, pour reprendre le langage technocratique…) et la BCE, ne sont l’œuvre que d’une opaque entente entre amis ne respectant aucun critère préétabli et équitable sinon des jeux d’intérêt en roue libre comme on a pu s’en rendre spectaculairement compte cette année. Rien n’a jamais été légiféré dans la nomination des postes clefs de l’Union. L’arbitraire trône en maître. Bien souvent, on reprend les mêmes et on recommence : Christine Lagarde à la BCE ! Ministre condamnée par la Haute Cour de la République française dans l’affaire Tapie, avocate et aucunement économiste, ayant même essuyé des revers électoraux dans son propre pays lors d’élections régionales. La France, l’Allemagne, l’Allemagne, la France – et un même jeu d’amis soudés. Une proche d’Angela Merkel pour la Commission, choisie sur mesure, sans passer par aucune élection digne de ce nom, sinon celle du parlement, dont on sait qu’il ne rechigne aucunement à nommer des malfaiteurs condamnés. Est-ce bien cela l’Europe ?

Chacun a bien assisté à un parlement européen à ce point efficient que, de la même façon que le justiciable Jüncker fut validé par le parlement sans embûches, la nouvelle commissaire choisie arbitrairement par Mme Merkel, le sera les doigts dans le nez, quelle que soit sa couleur et son odeur, son casier judiciaire ou son taux d’alcoolémie. Et puis, au sein d’une équipe aussi vaste que 28 commissaires pour 5 vice-présidents, le commissaire en chef est-il si déterminant qu’on ne nous le fait croire ? On nous parle du choix chaotique des postes clefs, mais comment sont nommés les 28 autres commissaires ? Qui dirige la politique de l’UE ? Qui s’entretient et reçoit les dizaines de milliers de lobbies à demeure à Bruxelles ? Certainement pas le Conseil des chefs d’Etat. Pourquoi cette si bénigne Commission compte-t-elle autant de membres ? Peu importe le jeu d’ombre du dispositif, l’Europe c’est le compromis. Le compromis, vous dit-on. Pas la démocratie, certes, mais le compromis ; voilà qui est valeur sainte au sein de l’Empire. Et comme personne ne s’entend au-delà du cadre restreint de l’Europe centrale, et encore, ça n’est pas même le cas entre la France et l’Allemagne – n’évoquons pas l’Italie qui a déjà mis sur pied des bons du trésor (mini-bots) qui pourrait à ce point se substituer aux avantages d’une monnaie nationale qu’ils pourraient bien devenir à terme la nouvelle lire en cas de sortie de l’Euro… - comme personne au sein de cette grande table de l’amitié ne s’entend, disais-je, autant dire que le tout finira par déboucher sur un compromis encore plus compromettant. Le meilleur compromis parmi tous les compromis n’est-il pas l’éclatement ?

 

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La règle s’assouplit, la règle dort. On avait tendance à penser que si les intérêts allemands pesaient de tout leur poids sur la construction européenne, c’est elle qui s’en tirerait le mieux – voir sa balance de paiement dont les excédents sont colossaux et déstabilisateurs pour l’économie européenne. Mais en réalité, l’Allemagne souffre aussi de sa propre politique, et l’on apprend que la règle d’or budgétaire, celle-là même qui valut à la Grèce et à nombre de pays du sud, les foudres de l’Allemagne et de Bruxelles réunis, nuit à son principal promulgateur. L’Allemagne est aujourd’hui malade de son austérité, au point de voir l’investissement s’effondrer. Les länder font donc pression pour que la règle d’or soit abandonnée d’ici 2020. La sacro-sainte austérité imposée avec vigueur par l’ordolibéralisme teuton n’a donc pas même profité à sa nation mère… Les résultats sont là : l’Allemagne s’est appauvrie. Il est désormais question de relance économique, d’investissements publics, de ce que l’on ne souhaitait plus voir nulle part depuis une décennie. Ce n’est assurément pas avec l’épargne que l’on fait tourner une économie. Ne dites surtout pas aux allemands que cette politique qui, certes, a fait baisser leur dette, mais qui a appauvri leur économie, a été depuis coulée dans le marbre des traités européens… Pas de chance ! On se réjouit de voir la Commission sanctionner en pourcentage du PIB la si rebelle Allemagne, et pas uniquement la France et l’Italie. La Grèce sera ravie d’apprendre que l’austérité n’est pas la solution ; que la relance économique est nécessaire pour éponger la dette par des bénéfices sonnants et trébuchants – honte à Tsípras ! Partout où l’on regarde dans cette Europe, ce sont chaque fois les opposants qui énonçaient dix à quinze ans en amont, les solutions qu’il aurait fallu mettre en place avant d’être au pied du mur. Les experts de la Commission, les élites des grandes nations, méritent bien leurs salaires – 30'000 euros mensuels pour le commissaire en chef, sur l’argent public des Etats membres, bien entendu…

 

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La politique par le nombril. Le nombrilisme n’est pas l’affaire que des hommes d’affaire, traders sans foi ni loi, et autres candidats à l’enrichissement personnel, aux honneurs intensifs qui gravitent tant autour des partis politiques, de la presse, des médias et des hautes sphères de la techno-finance. On en trouve aussi dans les rangs de l’activisme des minorités, où la condition personnelle prime sur toute autre préoccupation d’ordre générale ou culturelle. Des féministes s’imaginant qu’il faut interdire ou rectifier les grands auteurs du XIXe car ils sont machistes dans leur majorité ; les véganes traquant dans le cinéma, tous les manquements au respect de la cause animale dans les œuvres de fiction du passé et souhaitant en faire interdire le visionnage ; la communauté juive souhaitant faire interdire tout ouvrage, fût-il d’un génie des lettres ou des sciences, pour son antisémitisme historique, et souvent tout bêtement chrétien et pas même nazi… La communauté homosexuelle, de la même façon, considère qu’il faut également répudier et saccager les ennemis de leur cause, y compris en des temps où l’homosexualité n’était pas même légalement reconnue – et était même interdite et réprimée. Ces mêmes activistes de la cause gay n’hésitent pas à répudier leurs propres auteurs, car ils ont eux-mêmes remarqués que nombre d’entre eux n’ont pas appréciés la mentalité sévissant dans leurs propres rangs. Je songe à Garcia Lorca, qui fustige les homosexuels des villes pour leur brutalité sans âme, ou encore à Pasolini, qui considérait le mouvement homosexuel comme débouchant sur le capitalisme étendu à la marchandisation des corps et à la destruction de ces mêmes âmes.

Outre ces auteurs bien évidemment bannis de la cause homosexuelle par les militants du drapeau arc-en-ciel, certains n’hésitent pas à saccager les monuments, les statues, les effigies des grands hommes du passé, au prétexte qu’ils étaient ennemis de la cause qu’ils défendent… aujourd’hui. Que croient-ils donc ? Que Galilée, Copernic, Rousseau, Voltaire, Thoreau, et pas uniquement les religieux de stricte obédience, auraient défendu leur cause ? Je suis bien au contraire stupéfait de constater dans la littérature homosexuelle elle-même, le nombre d’auteurs hostiles aux mouvements qui leur servent de mégaphones. Ce que je veux dire c’est que s’il fallait brimer tous les grands personnages de l’histoire s’étant montrés hostiles à l’homosexualité, je crois bien qu’il faudrait couvrir tous les musées, tous les panthéons, toutes les bibliothèques, toutes les statues, à quelques rares exceptions près, de peinture et d’opprobre, et longtemps pas les seuls garants des textes sacrés, mais également des homosexuels reconnus… Il y en eut d’ailleurs pas mal à l’extrême droite, bien plutôt qu’à l’extrême gauche. Si on y ajoute les véganes, les féministes, on peut sans autre passer par le feu la quasi-totalité de l’histoire humaine.

Tout ceci s’explique par cette misère égocentrique qui consiste à percevoir le monde entier à l’aune de son nombril de militant et ne pas savoir envisager une seule seconde que l’histoire n’obéit pas à l’anachronisme politique. On imagine mal une gay pride en pleine Egypte ancienne, cela suffirait-il pour peinturlurer le Livre des morts, et toutes les reliques de cette civilisation qui n’aurait jamais toléré l’homosexualité telle que nous l’envisageons aujourd’hui ? Au fond, ce désir d’épuration culturelle est en réalité un révisionnisme à sa manière. Certains ont réécrit l’opéra de Carmen, considéré comme trop peu féministe à leur goût… Retoucher les œuvres du passé, les déformer, les censurer, voire les anéantir, les faire disparaître, n’est-ce pas là le procédé habituel des totalitarismes et de l’idéologie ? N’est-ce pas le grand retour, sous couvert de politiquement correct, du puritanisme ? Non, certes, ce n’est pas Jean Calvin qui aurait toléré l’homosexualité, qu’il aurait assurément fait pourchasser ; était-ce seulement là son rôle historiquement ? Cette problématique n’existait nulle part en son temps. On ne la trouvera même pas chez les laïcs, elle ne sera pas présente non plus chez les révolutionnaires du XIXe siècle ; quid de la défense homosexuelle chez Proudhon, Bakounine, Marx, et consorts ? Je crains en réalité, que le bûcher rêvé par certains ne soit de très large ampleur, et qu’on essaie bien plutôt d’abattre la culture au sens large, car elle ne convient décidément pas aux fanatismes de toutes sortes.

 

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Le renard et les rapaces. C’est Le Temps (06.07.2019) qui nous raconte cette histoire, et non La Fontaine, mais il aurait pu le faire – et il l’a sûrement fait, à sa manière. Beaucoup se sont imaginés que La Fontaine était derrière la fourmi dans sa célèbre fable, sans savoir que, dans sa vie, La Fontaine a sans cesse été la cigale… et qu’il a ferraillé dans ses œuvres contre les riches, les puissants, les avares, les crédules, jusqu’à louanger le loup solitaire. Le célèbre moraliste cachait en fait un libertin. Ceci mis à part, une petite fable s’est déroulée à Genève, récemment. Un rusé renard (de nationalité algérienne) avait flairé un bel appât ; la fin du secret bancaire allait pousser nombre de rapaces à retirer leur argent des banques pour entreposer leurs avoirs dans des coffres forts. Fort de quoi, notre renard eu l’idée d’ouvrir une société de coffres forts pour répondre à cette demande de la gente ailée, que les réserves des fourmis, soumises à la collectivité, n’intéressaient guère.

Pour ces forcenés du clapier, toute régularisation de leur fortune était exclue. Fort bien. Notre renard était là pour eux ; garder bien au frais leurs grosses coupures, leurs lingots d’or, bien en sécurité dans des coffres forts fermés par une clef unique. Enfin, presque… Notre renard se réservait un double des clefs pour chaque coffre. Et c’est grâce à ce double qu’il se permit, sans le faire savoir, d’entrer dans le poulailler de temps en temps pour y prélever son petit intérêt… Notre renard en tira une fortune de 6 millions de francs, jusqu’à ce qu’un soir, des chiens policiers s’introduisirent, la nuit, dans son entrepôt, probablement suite aux soupçons des rapaces, ses clients. Les chiens policiers trouvèrent, bien étrangement, notre renard enfermé dans une armoire, en pleine nuit ! La clef de son forfait en main. Nous pourrions en tirer l’enseignement qui suit : nulle fortune n’est jamais à l’abri ; pour qui veut dormir tranquille, mieux vaut n’en pas avoir. Quant au vol, dans cette histoire, - doit-on y chercher malheur ? - n’est-il pas de voleur à voleurs ?

 

Le grand cirque © Serge Reggiani - Topic

 

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@LG

 

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