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Le Club de Mediapart dim. 7 févr. 2016 7/2/2016 Dernière édition

Le troisième en pire !

C’est un photomontage dont l’auteur est inconnu mais qui circule beaucoup actuellement sur la Toile et qui naturellement fait sourire. Après le Premier empire, puis le Second empire, voici donc ce qu’est Nicolas Sarkozy, à l’heure de son bilan : le Troisième… en pire !

 

 

La formule est plaisante et résume assez bien ce qu’a été ce quinquennat qui s’achève : il s’est inscrit dans la plus détestable des traditions politiques françaises, celle de la monarchie républicaine, mais sous un registre moins brillant, moins tempétueux que ces prédécesseurs. En quelque sorte, Nicolas Sarkozy a perpétué la tradition du bonapartisme français, mais en n’en retenant que ses versants les plus détestables sinon même les plus nauséabonds.

 

 

Au début de l’aventure de Mediapart, j’avais essayé d’en donner la mesure en mettant en ligne une longue enquête sur cette filiation bonapartiste dans laquelle s’inscrivait, me semblait-il Nicolas Sarkozy. Voici l'enquête que j'avais à l'époque réalisée:

 

1- Il y a du Napoléon le Petit chez le Petit Nicolas.

2- Les ravages du coup d'Etat permanent.

3- Après les fêtes impériales, les festivités du Fouquet's.

4- Une politique brouillonne mais radicalement antisociale.

5- La presse dans le piège de la démocratie illibérale.

6- Sarkozy, Bonaparte ou Napoléon : controverse avec Alain Duhamel

 

 

Mais, avec le recul, je dois avouer que je ne suis pas sûr que je reconduirais de la même manière cette enquête. Car même dans sa version abâtardie, il y a une fougue dans le bonapartisme. Aussi détestable qu’il soit, et de surcroît grotesque souvent, Napoléon le Petit, laisse envers et contre tout une œuvre derrière lui. Elle est sujette à controverses, certes, mais elle existe : il y a le bonapartisme social ; il y a les grands travaux…

 

Mais, dans le cas de Nicolas Sarkozy, que faudra-t-il retenir ? Oui, juste cela : il aura été le troisième… en pire. Comme Napoléon le Petit, il y aura eu la consanguinité affichée avec les milieux d’argent. Il y aura eu aussi la justice entravée – Nicolas Sarkozy aura pu s’appuyer sur un Philippe Courroye comme Napoléon III a pu s’appuyer en d'autres temps sur le procureur Ernest Pinard, son « petit Pinard », comme il l’appelait. Mais la comparaison s’arrête-là.

 

Mais si je me suis trompé, j’ai l’immodestie de penser que d’autres -par flatterie ou par aveuglement- ont commis à la même époque des bourdes bien pires. Se souvient-on qu’Alain Duhamel avait commis un livre, La Marche consulaire (Plon), pour présenter Nicolas Sarkozy sous un jour conquérant, celui d’un premier consul se préparant à de formidables conquêtes? «Il y a chez Nicolas Sarkozy un Premier consul contemporain, à ses débuts, un Bonaparte en frac», écrivait-il.

 

Et même Le Point (8 janvier 2009) s’était mis de la partie pour présenter le chef de l’Etat sous les traits de

Bonaparte.

 

Las ! Tout s’est passé en sens contraire. Faut-il d’ailleurs faire référence, dans le cas de Nicolas Sarkozy, au bonapartisme ? Pas sûr ! On en vient à penser qu’il y a dans le personnage des filiations plus nette avec une sorte de boulangisme réactionnaire ou de populisme radicalement conservateur sinon même avec la droite maurassienne.

 

Mais qu’importe ! Les historiens trancheront. D’ici là, les citoyens peuvent se contenter de cette vérité approximative : le troisième en… pire ! Le troisième d’une détestable lignée dont il faut se débarrasser une fois pour toutes pour enfin refonder une République authentiquement démocratique et sociale.

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Surtout, sur cette photo, (le troisième en pire) on se rend compte du piètre savoir-faire de son photographe, autant les 2 autres arrivent à donner une impression de grandeur, de taille, autant Sarkozy fait petit, voire ridicule, à coté du drapeau. Je pense que n'importe quel photographe, d'un strict point de vue professionnel, doit avoir ce jugement.

Il faut bien reconnaitre que ce déploiement général de dérision, dans tous les medias, est sans doute significatif du rejet largement majoritaire de ce type vulgaire et dérisoire, raisonnant à longueur de journée comme un pilier de bistrot.

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L'auteur

Laurent Mauduit

Journaliste, cofondateur de Mediapart
Paris - France

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