Le Parti Socialiste est mort...Enfin !

Le PS est-il mort ou seulement bléssé ? Valls vient d'annoncer de fait, à La Rochelle, la création d"un nouveau parti centriste, le " Parti Démocrate". Ce que je savais déjà est confirmé : le PS est mort et la droite ressuscitée.

Car être centriste c'est bien être de droite. Un centre gauche serait d'une incohérence totale. Personne ne s'y trompe, depuis que Hollande a tourné le dos au projet socialiste le jour même de son élection à la tête de l’État, toute ambition à gauche avec ces types là est considérée comme une trahison. C'est le monde à l'envers, c'est le monde social démocrate européen.

Depuis 2012 le PS n'a cessé de virer sur la droite. Hollande voulait bouffer Merkel, c'est Merkel qui l'a bouffé.

Toutes les mesures prises ont été des mesures d'austérité qui ont frappé en priorité les couches populaires. Les cadeaux fiscaux et autres consentis au MEDEF et à la finance en témoignent.

L'emploi recule depuis Sarkozy et Hollande n'a rien fait pour inverser la courbe.

Aujourd'hui ce sont 5 millions de personnes qui courent après un poste. Ce sont 10 millions de personnes qui ont atteint le seuil de pauvreté. Les enseignants sont les plus mal payés d'Europe et se situent particulièrement loin du modèle allemand tant vanté par les médias et la classe politique. Les retraites sont bloquées depuis l'arrivée de Hollande. La loi Macron, ce fourre-tout antisocial, appauvrit les salariés, casse les droits du travail, remet en cause les acquits de 100 ans de luttes sociales, désespère les salariés y compris dans son propre camp, à tel point que Valls est obligé de le recadrer sur les 35 heures. La démocratie est devenue une gêne en France à l'instar du 49-3 et en Europe comme le démontrent les cas de Chypre et de la Grèce. 

A droite toutes ! Hollande, le capitaine de pédalo a coincé la gouverne à droite, Valls rame de plus en plus sur sa droite, Macron est adulé par le MEDEF qui reconnaît en lui l'un des siens, Rabsanem préfère plutôt quitter le navire que d'affronter les réalités du désatre de l'emploi en face, Sapin a rendu les armes depuis longtemps face à l'Europe tout comme Moscovici le zélé félon de Bruxelles aux ordres de Merkel et de la troïka. Ces types là sont les losers du PS, ils le tuent et ils le tuent avec le complaisant silence des autres dont certains (les naïfs) espèrent une embellie pour demain.

Quand à EELV, depuis longtemps attiré par le pouvoir, il ne sait plus comment retenir des troupes qui partent dans tous les sens. En fait le projet écologique reste minoritaire et la COP21 attendra des jours meilleurs..

Que reste-t-il sur la gauche du PS ?

Le Front de Gauche, qui n'arrive toujours pas à créer une dynamique autour d'une plate forme commune pour affronter les prochaines échéances électorales de décembre 2015, faire avancer les idées de gauche en faveur du peuple, de la relance économique, pour l'emploi et les énergies renouvelables, battre la droite et l'extrême-droite.

Mais que c'est dur ! Le PCF ne propose pas de réelle et sincère rupture avec ses alliés de circonstances socialistes, c'est une incohérence qui coûte cher. Le Parti de Gauche, toujours minoritaire n'est pas suffisamment entendu, pourtant il est à mon sens le plus crédible. Les autres formations du Front de Gauche s'adaptent et tentent de s'allier avec les autres composantes sur des listes communes avec le FdeG et la PC.

Le travail qui reste à faire est énorme. Les gens attendent quelque chose de nouveau de ce côté là, mais rien de crédible ne semble se dessiner.

Alors que se passera-t-il encore si cette gauche là, la seule "capable" à mon avis, n'est pas en ordre de marche ?

La famille Le Pen et ses alliés peuvent se frotter les mains même dans un contexte de turbulence interne. Le dégoût de la classe politique par une part importante du corps électorale me fait craindre des défaites cuisantes, le plus souvent liées à l'abstention massive plus que par la conviction. 

Je ne veux pas apparaître défaitiste. Je sais qu'il existe dans notre pays des tas de gens intéressés et investis pour aller vers un changement de cap politique et économique.

Dans les Régions, des rassemblements s'organisent sous l'égide du Parti de Gauche et du PCF. Les portes s'ouvrent  à ceux qui ne veulent plus de l'austérité comme unique règle sociale. Je suis convaincu que ces démarches peuvent l'emporter sur le pessimisme et la tentation de l'extrême-droite.

Sortir le PS de la représentation politique de gauche, serait une clarification salutaire pour notre avenir et celui de l'Europe.

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