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Billet de blog 4 août 2014

vivement les vacances

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Vivement les vacances

Décidemment les vacances tardent.

Il faut dire que nombre de français ne partira pas et que ceux qui partent le feront plus sobrement.

Peut être cette présence forcée des uns et des autres incite-t-elle les politiciens à redoubler d’ardeur en cet été pluvieux. Les illusionnistes font donc du rabe.

Au palmarès des mystificateurs, la première place revient indiscutablement au maitre du monde, B.Obama, horrifié par les bombardements sur les gazaouis mais envoyant, par caisses entières les obus pour ce faire à l’armée israélienne, prônant le blocus de la Russie accusée, sans preuve pour l’instant d’avoir permise la destruction d’un vol commercial au dessus de l’Ukraine, mais laissant toutes libertés au gouvernement israélien pour mener sa sordide campagne de colonisation. Et d’apprendre en plein été que le gouvernement nord-américain s’est livré sans vergogne à la torture systématique. Décidemment l’ordre international n’est pas le fait de la justice mais simplement des droits du vainqueur.

Dans un registre moindre, l’occupant de l’Elysée renoue avec les désagréables et historiques défauts de son courant politique : les faux-semblants. Lancé dans une concurrence un peu ridicule avec son premier ministre dans d’innombrables commémorations, singulière omniprésence du passé qui révèle la perte de sens du présent, il ose se réclamer du grand J.Jaurés. Déjà à Carmaux cela lui valu l’interpellation, peu amène mais juste, d’une de ses électrices qui lui avait reproché de ne pas avoir été élu pour faire ce qu’il est en train de faire. Devant le café du croissant, même flanqué du vice chancelier social démocrate, qui pourra croire à la sincérité du geste commémorant la disparition du grand pacifiste alors que quelques jours plutôt le porteur de gerbe se glorifiait d’avoir voulu, jusqu’au bout, envoyer les avions sur la Syrie ?

Mais il en est des grands politiciens socialistes comme des marées : elles vont et viennent. Finalement à se pencher sur l’histoire on pourrait se dire que le jeune G.Clémenceau et son radicalisme puissant aurait bien plus à voir avec JL.Melenchon qu’avec le jeune J.Jaures dont M.Valls n’as finalement pas si tort que cela de se réclamer. Pour autant le briseur de grève, le tigre plus âgé, a tout à voir avec son lointain successeur à la tête du gouvernement qui enfonce le clou en nous promettant de nouveaux sacrifices à la rentrée au nom d’une « vérité » qui semble ignorer l’opulence des marchés financiers. Eternelle glissade vers la droite ! Alors que la maturité de J.Jaurés, quand à lui, le conduisit sur sa gauche !La Gauche? Un courant politique qui semble avoir quasi disparu de l’hémicycle et qui rend de plus en plus improbable un duel oratoire aussi fameux que celui de cinq jours qui opposa les deux géants de la politique du XIXe. La gauche reste donc, aujourd’hui, sans voix.

A l’université d’été du PS ses composantes (sauf le parti de gauche et le NPA non invités) poursuivrons d’âpres négociations pour des arrangements électoraux en vue des sénatoriales (vitales en particulier pour le secrétaire général du PCF mais aussi de l’un de ses prédécesseur, tous deux sénateurs de leur état) mais aussi des régionales et cantonales. La vague abstentionniste qui continue à enfler risque d’emporter plus d’un esquif, les équipages sont appelés à serrer les rangs et à fermer les écoutilles.

A cette université, une certaine gauche espérera sans doute l’épuisement du bouillant premier ministre, qui s’attire bien des mécontentements à clamer partout son austère vérité; pour qu’on puisse enfin engager la deuxième phase, forcement « sociale », d’un quinquennat qui n’est pas forcement perdu car « il n’est pas trop tard pour le réussir » comme dirait aimablement M.Aubry. Le terrain est préparé de longue date par de multiples rencontres entre les uns et les autres. En particulier l’initiative, bienvenue même si elle sent le réchauffé, de l’ancien ministre socialiste P.Quilès et de la sénatrice socialiste MN.Lienemann, qui viennent de bâtir à eux seuls un « un pacte majoritaire à gauche » qui réussit le tour de force d’obtenir la bienveillance du PCF et d’EELV !. De la à l’éclosion d’un nouveau gouvernement « rose-rouge-vert » n’y aurait-il qu’un pas ? Un pas de géant sans doute !

Car M.Valls n’est pas encore délogé. L’hôte de Matignon semble gagnant à tous les coups : pour reprendre les mots de F.Hollande il est « organisé, rapide, et efficace » au service des intérêts de la finance, et semble de plus en plus l’être beaucoup mieux que son mandataire, pourquoi alors ne tenterait-il pas sa chance présidentielle éventuellement avec une aide centriste très bien disposée à son égard ? Mais si d’aventure; un agrégat d’indignés, de frondeurs, de bonnets rouges et autres pigeons venaient à accentuer son décrochage dans les sondages et que ses chances s’amenuisent, avec une primaire meurtrière, voire une scission bien murie, son pouvoir de nuisance qui l‘a déjà mené à Matignon, plombera assez efficacement le Président sortant. Aussi qu’on ne l’enterre pas trop vite 

Même F.Hollande, qui gagnerait-il à gauchir son action et qu’en penseraient ses amis du CAC 40 ? Le piège qu’il tend, en s’espérant même passablement élu au deuxième tour face à M.Lepen, après avoir petitement éliminé au premier une droite divisée et plombée par les affaires qui ne vont que grandir d’ici la, est bien parti pour fonctionner. Un opportun sondage annonçant une compétition entre lui même et M.Lepen et N.Sarkozy, le donnant battu dans tout les cas de figure, donne de quoi faire d’ores et déjà réfléchir plus d’un électeur tenté de s’éloigner des urnes au constat des renoncements actuels. Et de les ramener opportunément, par « reflexe républicain », dans les isoloirs le moment venu. Même N.Sarkozy qui décidément et même au volant d’une mobylette ne semble toujours pas respecter les codes, entend jouer le jeu (a-t-il le choix s’il veut s’échapper de ses démêlés judiciaires ?) et s’apprête pour ce qui concerne l’UMP, soit à en prendre la tête soit à lui substituer une autre écurie tant l‘ancienne est ébranlée. Certes il lui faudra beaucoup d’ardeur pour convaincre une majorité de français de l’utilité de son retour (les derniers sondages sont impitoyables), déjouer les multiples chausses trappes que ses camarades creuseront sur son chemin, faire la différence avec le (ou les candidats « centristes »), séduire à nouveau des électeurs du FN qu’il a si fortement déçu et qui sont courtisés désormais par de redoutables concurrents comme le premier ministre actuel. Mais l’important sera, non pas de gagner mais plutôt de participer pour favoriser toutes les divisions des droites, assurer le locataire de l’Elysée d’un renouvèlement de son bail et obtenir une clémence nécessaire.

Reste que les mouvements sociaux en début d’été, avec les deux CGT plus en phase avec leur histoire revendicative, ont pris des formes coordonnées plus amples que ce que l’on avait connu ces dernières années. M.Valls qui a y a vu de la défiance vis-à-vis du patronat mais aussi de son gouvernement (quelle découverte quelques semaines après l’abstention massive des électeurs de gauche et des couches populaires et la déculottée de la gauche partisane !) s’en inquiète comme l’indique les rodomontades qu’il enchaine à l’égard des grévistes et manifestants qui n’effraient personne mais en disent long sur la hantise d’un pouvoir bravache faute d’être convaincant. Ces mouvements peuvent utilement bouger la donne, s’ils prennent plus d’ampleur à la rentrée, après cet été maussade et appauvri. De quoi crédibiliser une autre majorité gouvernementale de gauche ? S’il existe des parlementaires pour se faire nous espérons voir mieux que quelques dizaines d’abstentions symboliques sur des projets de budget et en tout premier lieu, leur engagement actif et pas seulement spectaculaire pour le développement des luttes sociales.

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