Le courage Textes bien-aimés (6)

Le courage Textes bien-aimés (6)

Le courage- Textes bien-aimés (6)

 

 

 

 

Solitude / Souffrances / Courage, succès et échecs / Courage dans les tempêtes / Courage : formules courtes / Courage : philosophie, organisation du courage

 

 

Solitude

 

 

La solitude est à l’esprit ce que la diète est au corps, mortelle lorsqu’elle est trop longue, quoique nécessaire.

 Vauvenargues

 

Dans la solitude il faut agir comme si on était vu du monde entier et quand on est vu du monde entier agir comme si on était seul.

 Louis Lavelle

 

Comment notre condition ne serait-elle pas difficile ? Il est clair que la solitude n’est pas une chose qu’il nous est loisible de prendre ou de laisser. Nous sommes solitude. Nous pouvons, il est vrai, nous donner le change et faire comme si cela n’était pas. Mais c’est tout. (...) Nous devons accepter notre existence aussi complètement qu’il est possible. Le seul courage qui nous est demandé est de faire face à l’étrange, au merveilleux, à l’inexplicable que nous rencontrons.

Rainer Maria Rilke

 

Les mots ne pèsent rien, surtout ceux qu’on prononce au hasard, sans même s’en rendre compte, pour combler l’absence, tisser un lien superflu entre les êtres qu’accablent une lassitude lourde, une torpeur peut-être entrecoupée de visions fugitives, de musiques anciennes...

François Thibaux

 

La solitude est une : elle est par essence grande et lourde à porter. (...) Une seule chose est nécessaire : aller en soi-même et ne rencontrer durant des heures personne, c’est à cela qu’il faut parvenir.

Rainer Maria Rilke

 

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

Lamartine

 

Solitude, solitude... Je ne vis pas comme ils vivent, je ne crois pas comme ils croient, je n’aime pas comme ils aiment, mais je mourrai comme ils meurent...

 Marguerite Yourcenar

 

L’oiseau apprivoisé était dans une cage ; l’oiseau sauvage était dans la forêt. Le sort les fit se rencontrer. L’oiseau sauvage crie : Oh ! Mon amour, volons vers les bois. L’oiseau apprivoisé murmure : viens ici, vivons ensemble dans la cage. Parmi ces barreaux y aurait-il place pour étendre mes ailes ? dit le libre oiseau. Hélas ! s’écrie le prisonnier, je ne saurais où me poser dans le ciel.

Tagore

 

Mes larmes coulent sur la terre meurtrie / Mon âme a faim,/ Faim d’amour, faim d’amitié, faim de présence./ Comment boucher le trou de mon cœur ?/ Mes larmes ne me servent plus, comment pleurer ? /Mon cœur ne bat plus, comment pourrai-je partager/ Mon amour avec toutes ces roses des champs ? /Je suis envahi de vide, que me manque-t-il ? /Un brin d’amour, un brin de présence,/ Alors mon cœur battra, mes larmes sécheront./ Votre amour est mon air. Comment pourrai-je vivre sans air ? /J’ai besoin de vous.

 Etienne. (« Je t’écris pour la vie » texte à Oradour-sur-Glane)

 

 

Souffrances

 

Faire souffrir est la seule façon de se tromper.

Albert Camus

 

La souffrance n’est qu’un espoir malmené, qu’en pensez-vous ?

 Julien Galland

 

Les maux désespérés ne sont guéris que par de désespérés remèdes ou pas du tout.

W.Shakespeare

 

Poète : c’est ainsi que font les grands poètes ! / Ils laissent s’égayer ceux qui vivent un temps,/ Mais les festins humains qu’ils servent à leur fête /Ressemblent, la plupart, à ceux des pélicans ; /Quand ils parlent, ainsi, d’espérance trompée /De tristesse et d’oubli, d’amour et de malheur,/ Ce n’est pas un concert à dilater le coeur./ Leurs déclamations sont... comme des épées :/ Elles tracent dans l’air un cercle éblouissant/ Mais il y pend, toujours, quelque goutte de sang.

Alfred de Musset

 

Devant toute souffrance humaine, selon que tu le penses, emploie  toi non seulement à la soulager sans retard mais encore à détruire ses causes. Emploie  toi non seulement à détruire ses causes mais encore à la soulager sans retard. Nul n’est sérieusement ni bon ni juste ni vrai, tant qu’il n’est résolu selon ses moyens, à se consacrer d’un cœur égal à l’une comme à l’autre de ces deux tâches. Elles ne peuvent se séparer sans se renier.

Compagnons d’Emmaus

 

Les poètes descendent dans la rue car ils souffrent un peu plus que les autres.

 Charles Trenet

 

Un feu qui brûle en éteint un autre; une douleur est amoindrie par la vivacité d’une autre douleur.

Shakespeare(...)

 

 La souffrance des hommes est unique. Nul ne peut en parler pour son voisin. La souffrance fait de chaque homme une île. Lorsque l’on voit souffrir un être aimé, le plus poignant est de constater sa propre impuissance à pressentir ce qu’il éprouve, à pénétrer dans l’horrible peine qui l’étreint. L’amour permet de partager la joie, mais celui qui souffre devient un étranger, emmuré dans sa douleur dont il ne peut communiquer l’épreuve à personne.(...)

R. Armogathe

 

A l’heure si sombre encore de la civilisation où nous sommes le misérable s’appelle l’homme : il gémit sous tous les climats, il agonise dans toutes les langues.

Victor Hugo

 

Il pleure dans mon cœur/ Comme il pleut sur la ville. /Quelle est cette langueur/ Qui pénètre mon coeur ?

 Verlaine

 

Comme l’homme est dur malgré ses cris de pitié, comme la douleur des autres lui semble légère, quand la sienne n’y est pas mêlée !

 Roland Dorgelès

 

Eveiller en nous la capacité de colère, mais les colères de l’amour pour soulager les souffrances et en détruire les causes.

 Abbé Pierre

 

Ce qu’il y a de plus vivant dans l’univers c’est la souffrance, puisqu’elle est ce qui résiste le plus à imaginer son terme.

 Jean Rostand

 

La pire souffrance est dans la solitude qui l’accompagne.

Malraux

 

La douleur est le poison de la beauté.

Shakespeare

 

Nous souffrons tous d’une intraitable mélancolie.

 Ernst Jünger

 

La mélancolie sociale.

 Raoul Vaneigem

 

Elle n’était jamais née réellement. Voilà ce qu’elle avait.

Samuel Beckett

 

Je peux croire que tout n’est qu’illusion, vide. Cependant je n’arrive pas à me convaincre que la douleur n’est pas.

 Eugène Ionesco

 

J’habite une blessure sacrée. J’habite des ancêtres imaginaires. J’habite un vouloir obscur. Aimé Césaire

 

On fait le délicat dans les jours de bonheur.

 Eschyle

 

Quand séchera la rivière de mon enfance, /Il ne restera que la souffrance. / Quand la sécheresse touchera les ruisseaux/ Limpides/ De mon être,/  Mon âme perdra sa force./ Je partirai alors vers de lointains pâturages,/ Là où la haine n’a pas d’abri où reposer./ Là-bas je dresserai une tente, tout près de la Forêt./ Chaque après-midi je me coucherai dans l’herbe./Et dans le silence des jours, pure vérité de mon Angoisse La plus profonde,/ Aux jours de printemps, je cueillerai des fleurs / Pour mon jardin de nostalgie./ J’examinerai ainsi la souvenance /D’un sombre passé.

 Tito de Alencar

 

Rien n’est jamais acquis à l’homme ni sa force/Ni sa faiblesse, ni son cœur, et quand il croit/ Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix,/ Et quand il croit serrer son bonheur il le broie/ Sa vie est un étrange et douloureux divorce/ Il n’y a pas d’amour heureux.

 Louis Aragon chanté par Brassens

 

Nos tristesses, par bonheur, se portent quelquefois ombrage.

 Jean Rostand

 

 Courage : succès et échecs

 

 

Que l’échec soit notre professeur, pas notre censeur !

 Ariane Mnouchkine

 

(...) Si tu peux rencontrer triomphe après défaite Et recevoir ces deux menteurs d’un même front (...) Tu seras un homme, mon fils.

Kipling

 

Il est peu et de réussites faciles et d’échecs définitifs.

Marcel Proust

 

Quel homme vécut jamais une réussite achevée ?

Charles de Gaulle

 

Toute réussite déguise une abdication

 Simone de Beauvoir

 

Tu as vécu sans rencontrer l’adversité ? Personne ne saura ce dont tu étais capable ! Toi-même tu n’en sauras rien. L’épreuve est nécessaire à la connaissance de soi. C’est l’expérience qui nous fait prendre la mesure de nos propres forces. L’homme de bien ne doit craindre ni la souffrance ni la peine. Il ne doit pas se plaindre de sa destinée et, quoi qu’il advienne, il en prendra son parti et tournera toute aventure à son avantage. Ce qui compte ce n’est pas ce qu’on endure c’est la manière de l’endurer.

Sénèque

 

Pour bien juger du courage d’un homme il faut savoir où sont ses craintes.

Jean Rostand

 

Une fois pour toutes tu ne dois pas t’inquiéter de tes succès et de tes échecs. Ton devoir est de travailler chaque jour tranquillement, d’accepter les échecs qui sont inévitables et de laisser aux autres le soin de compter les applaudissements.

Tchekhov

 

Le sentiment de notre propre échec est le commencement de l’unique succès possible. Où donc est le succès des satisfaits? Ce sont eux les grands ratés et de là vient leur obsession du succès.

Jean Sales

 

De la distraction au suicide il y a cent moyens de fuir une épreuve.

Le Senne

 

J’ignore ce que peut-être l’échec pour une abeille. Je sais que pour un homme c’est de ne point parvenir à s’humaniser en se rendant communicable aux autres hommes.

 Francis Jeanson

 

C’est un grand réconfort, Seigneur /Que de savoir/ Que tu ne demandes pas le succès/ Que tu n’exiges pas la réussite.../ Mais ce que tu exiges/ C’est de ne pas nous épargner,/ De nous donner au maximum/ Sans autosuffisance, /Sans vanité,/ Sans orgueil. (...)

 Helder Camara

 

Au fond le plus grand signe d’échec véritable est l’obsession du succès c’est à dire la recherche perpétuelle d’une compensation au sentiment intime d’avoir manqué sa vie. Si on ne se laisse pas obséder par le succès on s’aperçoit soudain qu’on avait visé l’accidentel et négligé l’essentiel. Quand on l’a compris au lieu de compenser le doute de soi-même par la quête obsessionnelle de triomphes toujours insuffisants on pratique le « refus de parvenir » et l’on s’efforce d’atteindre, par delà tous les triomphes, à la véritable réussite de soi.

Emmanuel Mounier

 

Frappe frappe à la racine cet égoïsme dans mon cœur/ Donne moi la force de supporter légèrement mes chagrins et mes joies/ Donne moi la force de rendre mon amour abondant en services /Donne moi la force de ne jamais désavouer le pauvre/ Ni plier le genou devant le pouvoir injuste...

Tagore

 

Le retour à soi se moque des victoires du paraître.

Raoul Vaneigem

 

Ou bien l’on passe son temps à réussir ou bien on passe son temps à faire ce que l’on a à faire.

Jacques Ellul

 

 

Courage dans les tempêtes

 

 

Au plus fort de l’orage il y a toujours un oiseau pour nous rassurer. C’est l’oiseau inconnu. Il chante avant de s’envoler.

René Char

 

Seul, battu des flots qui toujours se reforment/ Il s’en va dans l’abîme, il s’en va dans la nuit/ Dur labeur, tout est noir rien ne luit.

Victor Hugo

 

Quand sur la route, mon frère, tu trébuches sur la pierre qui devient en grossissant une montagne et que tu t’arrêtes épuisé..., cherche, cherche bien : il existe un sentier. Quand tu l’as trouvé et que malgré le danger, tu as pu franchir la montagne, tu peux te retourner, mon frère, regarde derrière toi : la montagne est devenue une pierre.

 Revue  Emmaus

 

Au plus fort de mes tempêtes Lorsque le ciel est au plus bas Et les vents désorientés, Il m’arrive de crier: « Qu’est-ce que tu fais ?... Tu vois bien que je suis En train de mourir ! » Il m’arrive même de penser Que tu dors, Que tu m’as oublié. Et quand ma vie menace de chavirer, Là, je t’entends me chuchoter: « Pourquoi avoir peur ? » La tempête est toujours là, Mais je sais, Au fond de moi, Que jamais je ne sombrerai.

Eric Julien

 

Un homme qui traversait un champ se trouve nez à nez avec un tigre. Il s’enfuit, le tigre à ses basques. Arrivé au bord d’une falaise il s’accroche à une liane et se balance. Le tigre le flairait d’en haut. Terrorisé l’homme baissa les yeux : tout en bas un autre tigre attendait. Deux souris se mirent à ronger la liane. L’homme aperçut une framboise. Se tenant d’une main à la liane il cueillit la framboise de l’autre. Qu’elle était succulente !

 Parole Zen

 

L’homme oriente sa voile, appuie sur le gouvernail, avançant contre le vent par la force même du vent.

 Alain

 

Vous allez voir combien nous sommes et comptons./ Vous allez voir combien nous sommes et serons./ Nous sommes l’argent pur de la planète,/ Le véritable minerai de l’homme. /Nous incarnons la mer qui ne cesse jamais,/ Le rempart de l’espoir./ Une minute d’ombre ne nous rend point aveugles/ Et aucune agonie ne nous fera mourir./

 Pablo Neruda

 

Au soir de sa vie il se retourna et sur le sable derrière lui il vit les traces des pas de deux personnes côte à côte. Mais de temps à autre il y avait les pas d’une seule personne. Il se dit: j’étais seul, personne n’était là pour m’aider. Il s’approcha du sable et vit que les pas étaient uniques mais plus profonds. Il entendit en son cœur une voix qui lui dit: « Tu te croyais seul mais je te portais sur mon dos ». Il pleura d’émotion et de reconnaissance. Histoire entendue et reconstituée

 

Comment oublier ces mythes antiques que l’on trouve au début de l’histoire de tous les peuples : les mythes de ces dragons qui à la minute suprême se changent en princesses ? Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux. Toutes les choses terrifiantes ne sont peut-être que des choses sans secours qui attendent que nous les secourions.

Rainer Maria Rilke

 

Nous n’appartenons à personne sinon au point d’or de cette lampe inconnue de nous, inaccessible à nous qui tient éveillés le courage et le silence.

 René Char

 

La nuit n’est jamais complète / Il y a toujours, puisque je le dis,/ Puisque je l’affirme,/ Au bout du chagrin une fenêtre ouverte /Une fenêtre éclairée,/ Il y a toujours un rêve qui veille,/ Désir à combler, faim à satisfaire,/ Un cœur généreux,/ Une main tendue, une main ouverte,/ Des yeux attentifs,/ Une vie, la vie à se partager./

 Paul Eluard

 

Accueillez avec confiance vos grandes tristesses, Ces aubes nouvelles où l’inconnu nous visite.

 Rainer Maria Rilke

 

Mes frères/ Les malades/ Nous guérirons./ Les souffrances et les tourments vont s’apaiser./ Le calme va venir ainsi qu’un soir d’été/ Doux et tiède au travers /Des branchages lourds et verts./

 

 Nazim Hikmet

 

Le brin de paille se figure que c’est contre lui que la mer s’agite.

Proverbe Persan

 

Son coeur était une goutte d’eau de lumière qui se battait avec le flot et remontait, obstinément, à contre-courant, le fleuve vagabond de la nuit.

Nikos Kazantzaki

 

La plus grande victoire de l'existence ne consiste pas à ne jamais tomber mais à se relever après chaque chute.

Nelson Mandela

 

 

 

Ce qui me rend heureux c’est que je peux entendre une voix crier du fond des temps pour me dire : « Peut-être bien que tu n’y arriveras pas aujourd’hui ou peut-être que tu n’y arriveras pas demain, mais il est bon que ce désir t’habite. Il est bon d’essayer ». Peut-être ne le verras-tu pas. Peut-être le rêve ne se réalisera-t-il pas, mais néanmoins, il est bon que ce désir t’habite, il est bon que ce rêve soit dans ton cœur.

Martin Luther King

 

 

 

 

Courage : formules courtes

 

 

Il faut commencer par le commencement. Et le commencement de tout est le courage. Vladimir Jankélévitch

 

Il est bon de suivre sa pente pourvu que ce soit en montant.

 André Gide

 

Le vent n’abat que les dos ronds et les poitrines creuses.

 Texte perdu dans la mémoire d’écolier de l’auteur du site

 

La vertu est le courage du bien.

Le Senne

 

Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve.

Friedrich Hölderin

 

Telle est la vie : tomber sept fois et se relever huit fois.

Proverbe japonais

 

C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière !

Edmond Rostand

 

 

Courage : philosophie, organisation du courage

 

 

Il ne faut pas de courage pour naître ni pour être.

Il en faut parfois pour continuer d’être, ou pour cesser d’être.

 Commencer de résister ne va pas de soi. /Résister c’est agir « au risque de » ou « malgré », malgré la peur, l’inertie le désir peut-être, l’obéissance parfois. Face à la menace, au danger ou aux faits eux-mêmes : la mort d’un proche, sa propre mort, la maladie, la barbarie..., il faut se tenir, entreprendre des ruptures, renouveler des contacts, pour ne pas se « lâcher ».

 De la nature exacte de l’épreuve à surmonter, naît la qualité propre du courage : ce qu’il est, son contenu, son sens... « En connaissance de causes ». Car la lutte est une chose, son sens en est une autre, et l’on peut vite se laisser captiver par l’esthétique du courage, ébloui au point parfois d’oublier que le beau n’est pas le bien.

 Oser déplaire, s’extirper de la grégaire complicité des rumeurs, des idées reçues, refuser les mimétismes, car le courage s’oppose au dogme.

 Pierre-Michel Klein

 

Le courage est une chose qui s’organise, qui vit et qui meurt, qu’il faut entretenir comme les fusils.

André Malraux

 

 J’ai appris que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité à la vaincre. 
Nelson Mandela

 

Plains toi mais pas trop quand ta force s’amenuise Tombe mais relève toi aussitôt, Pleure un peu mais n’oublie pas de rire.

 Heinrich Lhotzky

 

Le grand courage c’est encore de tenir les yeux ouverts sur la lumière comme sur la mort. Au reste, comment dire le lien qui mène de cet amour dévorant de la vie à ce désespoir secret... Ce qui compte c’est d’être vrai et alors tout s’y inscrit, l’humanité et la simplicité.

 Albert Camus

 

Avoir la force d’accepter avec sérénité les choses qui ne peuvent changer. Avoir le courage de changer les choses qui doivent être changées. Et par dessus tout avoir la sagesse de discerner les unes des autres !

 Sénèque

 

Donne-nous Seigneur, la force d’accepter avec sérénité les choses qui ne peuvent changer. Donne nous le courage de changer les choses qui doivent être changées. Et donne-nous par dessus tout la sagesse de discerner les unes des autres !

 Prière

 

 

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie/ Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,/ Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties/ Sans un geste et sans un soupir,/ Si tu peux être amant sans être fou d’amour,/ Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre/ Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,/ Pourtant lutter et te défendre,/ Si tu peux rester digne en étant populaire,/ Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois/ Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,/ Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi,/ Si tu sais méditer, observer et connaître, /Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,/ Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,/ Penser, sans n’être qu’un penseur,/ Si tu peux être dur sans jamais être en rage,/ Si tu peux être brave et jamais imprudent, /Si tu peux être bon, si tu sais être sage,/ Sans être moral ni pédant,/ Si tu peux rencontrer triomphe après défaite/ Et recevoir ces deux menteurs d’un même front/ Si tu peux conserver ton courage et ta tête/ Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire/Seront à tout jamais tes esclaves soumis/ Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,/ Tu seras un Homme, mon Fils./

 Rudyard Kipling

 

A cet instant subtil où l’homme se retourne sur sa vie, Sisyphe, revenant vers son rocher, contemple cette suite d’actions sans liens qui devient son destin, créé par lui, uni sous le regard de sa mémoire et bientôt scellé par sa mort. Ainsi, persuadé de l’origine tout humaine de tout ce qui est humain, aveugle qui désire voir et qui sait que la nuit n’a pas de fin, il est toujours en marche. Le rocher roule encore. Je laisse Sisyphe au bas de la montagne ! On retrouve toujours son fardeau. Mais Sisyphe enseigne la fidélité supérieure qui nie les dieux et soulève les rochers. Lui aussi juge que tout est bien. Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile ni futile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux.

Albert Camus

 

La façon dont on se tire des combats et des épreuves de la vie définit la valeur d’un homme. Malikida Meysenbug

 

Il y a deux façons de se sortir des situations difficiles : les changer ou bien changer la façon de les voir. Or changer de regard sur les choses est une source d’expérience et de sagesse.

 Paul Wilson

 

On ne comprendra pas notre idéal ? Qu’importe ! Les quolibets pleuvront, lâches et dénigrants ? Courage amis ! La lutte n’est jamais trop forte, Le rêve n’est jamais trop grand ! Car la plus douce et la plus noble récompense Lorsqu’à se battre un contre cent on s’est usé, C’est de relire au fond de notre coeur brisé Ces mots qu’en lettres d’or grava la conscience: « Je ne t’ai jamais méprisé ».

 Raoul Follereau

 

Quand le mal a toutes les audaces le bien doit avoir tous les courages.

 Beaumarchais

 

Le vrai courageux n’attend pas des situations hors du commun pour manifester son courage. Le « courage de tous les jours » est son régime de vie.

François Vaillant

 

Dans les ténèbres qui m’enserrent, Noires comme un puits où l’on se noie, Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient, Pour mon âme invincible et fière, ( ...) Aussi étroit soit le chemin, Nombreux les châtiments infâmes, Je suis le maitre de mon destin Je suis le maitre de mon âme

 Poème de William Henley, dit souventdans sa prison par Nelson Mandela

 

 Ne pas céder face à la pluie/ Ne pas céder face au vent /Ne pas céder non plus face à la neige ou à la chaleur de l’été/ Avec un corps solide/ Sans avidité/ Sans perdre son tempérament /Cultivant une joie tranquille /Chaque jour quatre bols de riz complet/ Du miso et un peu de légumes à manger /Dans toutes les choses/ Sans y mettre ses émotions /Voir, écouter et comprendre /Et sans oublier/ Dans l’ombre des bois de pin des champs/Vivre dans une cabane au toit de chaume/ S’il y a un enfant malade à l’Est/ Y aller et le veiller/S’il y a une mère fatiguée à l’Ouest /Y aller et porter sa gerbe de riz/ S’il y a quelqu’un proche de la mort au Sud / Y aller et lui dire qu’il n’y a pas besoin d’être effrayé/ S’il y a une dispute ou un litige au Nord/ Leur dire de ne pas perdre leur temps en actes inutiles /En cas de sécheresse, verser ses larmes de sympathie/ Lors d’un été froid, errer bouleversé /Appelé un bon à rien par tout le monde /Sans être complimenté/ Ni rendu responsable/ Une telle personne Je voudrais devenir.

 Kenji Miyazawa

Le courage c’est de ne pas laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre.

 Le courage, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie.

 Le courage c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions ou des forces, c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action.

Le courage, dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire.

 Le courage c’est d’être tout ensemble et quel que soit le métier un praticien et un philosophe.

 Le courage c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de la coordonner cependant à la vie générale.

 Le courage c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en plus être accablé et de continuer son chemin.

 Le courage c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel, c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense.

 Jean Jaurès

 

 

 

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