Reconversion  financière face aux apocalypses écologiques: contre-mécanismes ( V I )

Reconversion financière face aux apocalypses écologiques: contre-mécanismes ( V I )

VI-Reconversions  financières : deux contre-mécanismes profonds.

 

 

Midas , Prométhée ( mythologie grecque) et notre monde d’aujourd’hui.

 

Le roi Midas voulait pouvoir tout transformer en or, son vœu fut exhaussé.

Mais  la nourriture et l’eau deviennent aussi de l’or et  le roi dépérit peu à peu.

En se trempant dans le fleuve il est libéré de son malheur.

Qu’est-ce qu’une société pour laquelle tout vaut tant ?(A)

 

Le titan Prométhée est allé dérober le feu aux dieux.

Le châtiment de Zeus sera terrible.

Qu’est-ce qu’une société qui ne se donne plus de limites ?(B)

 

 

 

A-Qu’est-ce qu’une société dans laquelle tout vaut tant ?

 

Deux réflexions proposées :

Les stratégies de marchandisation de la nature sont celles du tout vaut tant (1)

La reconversion financière n’est-elle pas  une forme de cran d’arrêt du tout vaut tant ?(2)

 

 

1-Les stratégies de  marchandisation de la nature sont celles du tout vaut tant.

 (Sur « La marchandisation de la nature » voir notre article  sur ce blog sur notre site , et notre article in Mélanges en l’honneur de Soukaina Bouraoui, Mahfoud Ghezali et Ali Mékouar, Hommage à un printemps environnemental, PUF, 2016.)

L’exemple de la marchandisation du monde se manifeste en particulier par les stratégies de  marchandisation de la nature.

 

La course au profit et la marchandisation de la nature ne sont-elles pas  entrées dans une course incontrôlée, irrépressible, irrésistible qui en appelle aux crans d’arrêt ?

 

 

Contrairement à ce que croyaient certains, le mouvement de marchandisation   n’a pas réduit  les  risques environnementaux et la pénurie des   ressources .

Le productivisme trouve dans la nature un terrain gigantesque d’exploitation tous azimuts.  Ses logiques profondes, souvent mal  connues,  font qu’il ira jusqu’au bout  s’il ne rencontre pas de puissants  crans d’arrêt.

On comprend  mieux les enjeux pour le  capitalisme et le productivisme, ils mettent  en œuvre ici au moins cinq  stratégies pour préserver  les taux de profit.

 

  -La première voie utilisée par le productivisme est une exploitation tous azimuts de ressources "déjà trouvées" dans la nature. Autrement dit  il s’agit d’exploiter le plus possible les ressources existantes, c’est la course aux quantités des gisements en route ou en bout de course. Ce que le productivisme a emballé  il l’achète et  il le vend  jusqu’à extinction des stocks.

   -La seconde voie utilisée par le productivisme est une exploitation tous azimuts de ressources "à  trouver" dans la nature. Autrement dit  il s’agit d’en découvrir de nouvelles, ainsi le gaz de schiste (avec de puissantes pressions de la course en avant des consommations d’énergie, d’industriels qui multiplient rapidement  les forages par des moyens écologiquement inacceptables avec un silence ou une sous-estimation les effets écologiques dans les eaux, le sol, le sous-sol) , les richesses minérales aux pôles et d’abord en Arctique, mais aussi des recherches de  nappes phréatiques, des « terres rares », de gisements de pétrole offshore. Ce que le productivisme découvre  il le touche, il l’emballe, puis il le vend et l’achète.

 -La troisième voie utilisée par le productivisme est un marché tous azimuts des  "services" de la nature. Autrement  dit  on met en place  des services que l’on va échanger avec le plus de  profit possible.

 Ce processus  fait dire à des économistes critiques (ainsi Jean Gadrey , «  Adieu à la croissance », éditions Alternatives économiques,2010) que  «  le capital financier veut découper  la nature en services monnayables, puis en  marchés dérivés pour qu’on puisse spéculer sur ces cours nouveaux ». Ce que le productivisme, en affirmant faire œuvre de protection, déclare « services » il va le découper et le monnayer. 

-Sans doute serait-il erroné et injuste de rejeter tous les  mécanismes. Autant on peut vivement critiquer un pollueur rapace achetant des droits de polluer aux plus pauvres,    autant  le refus d’utiliser une réserve de pétrole pour sauver une biodiversité est porteur. 

Il faudrait donc passer en revue tous les mécanismes des « services », ce qui se fait ici ou là, et porter un jugement sur chacun  d’eux  à partir d’au moins  quatre  critères : Quelle démocratie dans ce mécanisme ? Quelle paix dans ce mécanisme ? Quelle justice dans ce mécanisme ? Quels effets environnementaux  bénéfiques  à court  terme, à moyen terme et à  long termes ?  

-La quatrième  voie utilisée par le productivisme est une "artificialisation" tous azimuts de la nature. Autrement dit des entreprises, surtout des firmes multinationales, se sont lancées dans les productions d’organismes génétiquement modifiés, de biotechnologies, de nanotechnologies,  d’utilisations de plantes en carburants, de nouveaux marchés rentables liés au bio mimétisme de la nature, et de plus en plus de projets de géo-ingénierie climatique.  Ce que le productivisme commence à voir  il va   essayer de le modifier, de le transformer, puis il le vend et l’achète.

-Le cinquième mécanisme utilisé par le productivisme est une géo-ingénierie conçue comme « Le grand remède  miracle. »Il s’agit  de techniques qui visent à manipuler et modifier le climat et l’environnement de la  Terre et qui deviendraient une sorte de plan B pour arrêter le réchauffement et mettre la Terre à l’ombre. .Le GIEC, qui a abordé la question depuis longtemps, en  analysera dans son 6ème rapport de 2021- 2022  , ainsi par exemple les techniques de captage de CO2.

Les séries de questions posées par la géo-ingénierie  sont redoutables : Quels processus démocratiques les décident? Quelles  dominations de certaines entreprises ? Quels effets désastreux de certaines techniques ? Quels  risques de délaisser un peu ou beaucoup  les politiques de luttes contre les émissions de CO2 ?

 Mais  la dernière question nous parait de principe : si l’on s’oriente, non pas vers une géo-ingénierie conçue comme certaines  techniques qui peuvent être un soutien  et  qui ont leurs   limites, mais conçue comme  « Le grand remède miracle », alors non seulement les désillusions seront là, non seulement c’est n’avoir rien compris aux multiples causes de la débâcle écologique mais ce sera  une forme de grand  mensonge.  Ce que le productivisme a détruit  il prétend   le sauver en utilisant des  moyens productivistes .

 

Ainsi à grande allure, sous de multiples formes,  la pente est prise : tout vaut tant.

Voilà que le trio infernal, productivisme, capitalisme,  anthropocène,  réalise le vœu du roi Midas : transformer en or tout ce qu’il touche.

 Ainsi  la logique a été implacable : notre foyer d’humanité ,   la nature, meurt , nous avec, et de même l’ensemble du vivant.

 

2- La reconversion   financière est une forme de cran d’arrêt du tout vaut tant.

-Les marchés financiers sont sur des logiques de fructification des patrimoines financiers, cela veut dire qu’ils sont leurs propres fins.

Exprimé  plus simplement  :  l’argent doit rester  un moyen et  non devenir une fin,

 il faut donc le reconvertir au service non de lui-même mais de l’humanité et du vivant.

- Exprimé de façon plus globale :

 Les fins, c’est-à-dire les acteurs humains, en personnes, en peuples, en humanité, et l’ensemble du vivant sont plus ou moins ramenées aux rangs de moyens, plus ou moins domestiqués comme consommateurs, expropriés comme producteurs, dépossédés comme citoyens, « marchandisés » comme êtres vivants…

 Les moyens, avant tout les marchés financiers, la techno-science et le marché mondial, ont tendance à se transformer en fins suprêmes, il faut non pas les « contrôler », le mot est  dérisoire, mais les ramener aux rangs de moyens,  les remettre en cause .

On dit quelquefois que la  fonction crée l’organe. En changeant les objectifs des marchés financiers on peut se demander s’ils ne  changeraient de nature ?

 En cessant d’être au service d’eux-mêmes et en devenant au service du bien commun, en étant partagés au service des besoins criants, perdant de leur puissance on pourrait espérer qu’ils trouveront seuls le chemin de la « rédemption. »

Lourde erreur, leurs stratégies de refus seront bien là, celles par exemple des contournements des traités internationaux. On aura toujours besoin des résistances  pour les remettre à leur place.

- Il faut « aller se tremper dans le fleuve », comme le roi  Midas qui  a été ainsi  délivré de son malheur. 

Aller se tremper dans le fleuve

c’est comprendre que  le productivisme contribue aux confusions  entre les fins et les moyens, c’est remettre à leur place les moyens et respecter les fins.

Aller se tremper dans le fleuve 

 c’est mettre en œuvre des moyens viables,

 c’est en particulier dégager des sommes gigantesques pour le bien   commun .

 

B- Qu’est-ce qu’une société qui n’a plus le sens des limites ?

 

Dans la ville de Pripyat, près de Tchernobyl, une statue en bronze devant le cinéma représentait Prométhée levant les bras au ciel pour prendre le feu des dieux. Il était dans la toute-puissance.

Après le drame du 26 avril  1986 la statue du Titan  a été enlevée de la ville fantôme et placée devant la centrale nucléaire  pour rendre hommage aux « liquidateurs. » (Voir  Prométhée à Tchernobyl , François Flahault, Le Monde diplomatique, septembre 2009.)

 

Nous constatons que des philosophes, des économistes, des sociologues, des anthropologues et d’autres auteurs analysent de façon radicale le système qu’ils qualifient selon les cas de capitaliste, de  néo libéral, de  technoscientiste, ou  de productiviste, système  qui a étendu son emprise sur la Terre.

Chaque auteur le fait dans la cadre de sa pensée générale  et en insistant sur tel et tel élément  mais ce point commun saute aux yeux pourvu qu’on les ouvre.

Nombreux ont été ces auteurs, ainsi  Claude Levi Strauss, Jacques Ellul, Ivan Illich, Guy Debord , Bernard Charbonneau, Edgar Morin, Herbert Marcuse, André Gorz, Cornelius Castoriadis , François Partant, René Dumont, Théodore Monod, Jean Rostand, Kostas Axelos,  Paul Virilio, Serge Latouche…

Deux idées fortes, entre autres, sont présentes dans leurs écrits :

 d’une part  le système productiviste est lancé dans une course en avant autodestructrice, il faut donc être en rupture globale avec ce système,

 d’autre part une croissance illimitée sur une planète limitée nous amène vers une gigantesque collision entre l’environnement et les activités humaines.

 Il faut donc « retrouver le sens de la limite »(expression de l’introduction de l’ouvrage « Radicalité,20 penseurs vraiment critiques »collection Frankenstein,2013).

 C’est donc la dénonciation de la fuite en avant(1), c’est également l’élaboration d’un concept porteur de principes (2).

 

1-La dénonciation de la  fuite en avant

 

-Les logiques de la fuite en avant

Ces logiques s’appellent : la recherche effrénée du profit, la course à la marchandisation du monde, la course à la mort sous la forme de certaines productions humanicides et terricides, la croissance sacro-sainte, la vitesse facteur de répartition de richesses et de pouvoirs, la dictature du court terme, le vertige de la puissance, la compétition élevée au rang d’impératif naturel de nos sociétés, l’accélération d’un système porteur d’une crise du temps.

Et puis, à travers une explosion démographique mondiale qui continue, cette fuite en avant est aussi celle d’une machine à gagner fonctionnant comme une lame qui met d’un côté ceux et celles dont les besoins fondamentaux sont plus ou moins satisfaits et de l’autre ceux et celles, de très loin les plus nombreux, dont les besoins fondamentaux restent criants.

 -  Des dénis, des mensonges et des silences accompagnent cette fuite en avant

Il n’est pas étonnant que cette fuite en avant s’accompagne de nombreux dénis personnels et collectifs de la réalité : on pense que la catastrophe ne se produira pas ou qu’on y échappera. (Jean-Pierre Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé, Le Seuil, 2002.)

  Il n’est pas étonnant non plus que cette fuite en avant s’accompagne de silences et de mensonges sur les effets, sur les causes de telle ou telle catastrophe écologique, ou même sur l’existence de certaines d’entre elles que l’on espère garder dans les secrets de la planète et qui peuvent constituer autant de bombes à retardement.

 - Pour une pédagogie de compréhension et de dénonciation des impasses

 Face à cette fuite en avant doivent exister des limites nécessaires, voila donc une pédagogie des impasses.

  Jacques Ellul demandait avec force : Qu’est-ce qu’une société qui ne se donne plus de limites ?

 Ivan Illich insistait sur le fait que la crise obligera l’homme à « choisir entre la croissance  indéfinie et l’acceptation de bornes  multidimensionnelles. »

 Cornelius Castoriadis en  appelait à  nous défaire des « fantasmes de l’expansion illimitée.» ( voir  C. Castoriadis, La Montée de l’insignifiance, les carrefours du labyrinthe (IV), Seuil, 1996 ;

Voir également : J. Ellul, Le Bluff technologique, Hachette, 1988 ; A. Gorz, Écologica, Galilée, 2008 ;  S. Latouche, Survivre au développement, Mille et une nuits, 2004 ; E. Morin, Pour une politique de civilisation,  Arlea, 2002.)

 

 2-La détermination  de  limites au sein des activités humaines : un concept   porteur de principes.

 

Avoir le sens des limites c’est avoir le sens de l’abime.

Ce concept de limites ne se traduit-il pas par au moins quatre principes que l’on retrouve par exemple en  droit international de l’environnement(DIE) ? (Voir  DIE , J.M.Lavieille, H. Delzangles, C. Le Bris, Ellipses,4ème édition , 2018)

-De façon plus globale on retrouve les trois premiers principes dans la remarquable « Plate-forme pour un monde responsable et solidaire », publiée par le Monde diplomatique d’avril 1994, qui est à la fois « un état des lieux des dysfonctionnements de la planète et une mise en avant de principes d’action pour garantir un avenir digne au genre humain », plate-forme portée par la Fondation pour le progrès de l’homme, plate-forme qui devrait être symboliquement affichée sur beaucoup de portes de beaucoup d’universités dans le monde,   étudiée et débattue  dans de nombreux cours.

Le quatrième principe est le dernier né, ce principe de non régression est porté en particulier par l’UICN, le vice-président de la commission juridique, Michel Prieur, est l’inspirateur de ce principe.

 -Le principe de précaution selon lequel les sociétés humaines ne doivent mettre en œuvre de nouveaux projets, produits et techniques, comportant des risques graves ou irréversibles, qu’une fois acquise la capacité de maitriser ou d’éliminer  ces risques pour le présent et le futur.

  -Le principe de modération de ceux et celles qui, pris dans la fuite en avant des gaspillages, seront amenés à remettre en cause leur surconsommation, leur mode de vie, à bruler moins d’énergie, à maitriser leurs besoins pour adopter des pratiques de frugalité, de simplicité, de décroissance. Andre Gorz écrivait : «  Il est impossible d’éviter la catastrophe climatique sans rompre radicalement avec les logiques qui y conduisent depuis cent cinquante ans. »

  - Le principe de sauvegarde : les sociétés humaines doivent aller vers des modes de production et de consommation sans prélèvements, sans déchets et sans rejets susceptibles de porter atteinte à l’environnement. D’où l’existence de ces luttes pour développer des technologies propres, des énergies renouvelables et pour consacrer des éléments de l’environnement, comme par exemple l’eau, comme biens publics mondiaux (BPM) ou comme  éléments du patrimoine commun de l’humanité(PCH).

   -Enfin le principe de non régression. Sauvegarde signifie aussi que lorsqu’une avancée décisive, sur un point de protection importante, a été acquise, un verrou juridique doit être alors posé. Un exemple significatif est celui du Protocole de Madrid sur l’Antarctique (1991) qui interdit les recherches minérales pour cinquante ans. On ne doit pas revenir en arrière dans la protection.  C’est donc ce que l’on nomme le principe de non régression. La nécessité vitale de réduire les atteintes à l’environnement ne peut que contribuer à convaincre les législateurs, les juges et la société civile d’agir en vue de renforcer la protection des acquis environnementaux au moyen de la consécration de ce principe de non régression. ( Voir sous la direction de Michel Prieur et Gonzalo Sozzo, « La non régression en droit de l’environnement », Bruylant , 2012).

-Prendre en compte des théories et des pratiques de décroissance et de post-croissance à travers une économie  soutenable (s’éloignant du culte de la croissance, s’attaquant aux inégalités criantes à tous les niveaux géographiques, et désarmant le pouvoir financier ainsi que… la course aux armements), à travers le principe de modération de ceux et celles qui, pris dans la fuite en avant des gaspillages, seront amenés à remettre en cause leur consommation, leur mode de vie, à bruler moins d’énergie pour adopter des pratiques de frugalité, de simplicité. Essentielles sont aussi des relocalisations d’activités, des circuits courts, des richesses redistribuées. Essentielle également cette ennemi redoutable : la compétition, remise en cause par la consécration de biens communs (eau, forêts…), par des coopérations, des solidarités  , par l’appartenance   à notre commune humanité , par des périls communs qui devraient nous fraterniser.

 

Remarque terminale

 

 

Mettre en route une gigantesque reconversion financière

c’est refuser le « tout vaut tant »  en reconvertissant les finances vers le bien commun qui n’a pas de prix,

c’est mettre en œuvre le sens des limites en  construisant un monde responsable et solidaire.

 

La pente la plus forte aujourd’hui c’est celle du temps que l’on croit long pour changer les choses.

Or il n’en est plus ainsi.

Les apocalypses écologiques seront bientôt( ?) en vue,

le temps qui reste doit  pousser aux remises en causes massives et rapides,

tant que des marges de manœuvres sont encore là.

 

Mettre perpétuellement en avant et avoir à la bouche le terrible « soyons réalistes,
restons réalistes » c’est aujourd’hui en fait, malgré soi ou avec soi, être probablement
fermé sur des mécanismes de mort, c’est refuser les paris d’autres possibles, c’est
étouffer l’audace, c’est pactiser avec l’indifférence, être paralysé par la peur de ne
rien pouvoir faire et ne rien faire, c’est enfin et surtout se laisser glisser sur la pente
la plus forte : celle d’un système porteur de souffrances et de drames.

L’exigence impérieuse d’une utopie concrète, mobilisatrice et porteuse de moyens viables, conformes aux finalités de démocratie, d’environnement, de justice et de paix, peut et doit se réaliser en particulier   dans cette gigantesque reconversion financière.

 

 Pour remettre en cause  cette autodestruction tragique   c’est désormais non pas de finances dont il est question  mais de survie de l’humanité et de  l’ensemble du vivant.

 

 

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