Reconversion financière face aux apocalypses écologiques:quels obstacles? ( III )

Reconversion financière face aux apocalypses écologiques:quels obstacles? ( III )

III-  Reconversion financière : quels obstacles ?

 

Les obstacles  face à une gigantesque reconversion financière sont nombreux et puissants.

Les obstacles de la rapidité et des interactions   de l’autodestruction(A)

Les obstacles mis en avant par  des  « puissants »  face au principe du partage et à sa mise en œuvre  (B)

Les obstacles mis en avant par des populations (C)

Les obstacles des logiques du système productiviste  mondial (D).

 

 

A-Les obstacles de la rapidité et des interactions   de l’autodestruction. 

 Le fait que le productivisme soit devenu comme une sorte de camion fou  se comprend particulièrement  bien à travers la dégradation  de l’environnement.

 

 1- L’accélération, une machine infernale par rapport à l’environnement.

Pourquoi ? Parce que quatre mécanismes semblent,  en théorie et en pratique, terrifiants, le mot n’est pas trop fort.

 

 - Le premier mécanisme est général : le système international  s’accélère.

L’environnement est donc emporté dans cette accélération générale.

Les causes de l’accélération s’appellent les logiques des fuites en avant du système productiviste, la généralisation du règne de la marchandise, la circulation rapide d’informations, de capitaux, de services, de produits et de personnes, l’arrivée  puis l’explosion  des technologies de l’information et de la communication…

 Les manifestations  de l’accélération    se traduisent par une accélération des techniques, des rythmes de vie, par des accélérations sociales, culturelles, environnementales, politiques. L’urgence est devenue une catégorie centrale du politique, or moins on élabore de politiques à long terme plus on se trouve submergé par les urgences.

 

-Second mécanisme : penser  et mettre en œuvre  les réformes et les remises en cause environnementales demande  du temps

 Pourquoi ? Pour des raisons particulièrement nombreuses.

 A cause de l’introduction du  long terme, de la complexité des interactions, de l’ enchevêtrement des ordres  juridiques, de l’ inertie de systèmes économiques, des obstacles financiers, institutionnels, éducatifs, psychologiques et juridiques, à cause aussi des mises en œuvre de textes ,des actions trop tardives, des difficultés des remises en cause personnelles et collectives,  de la  complexité des rapports de force et des négociations, des retards dans les engagements, des obstacles dans les applications, de l’ inertie des systèmes économiques et techniques, sans oublier de  la lenteur de l’évolution des écosystèmes, enfin par dessus tout, à cause de la puissance des logiques productivistes.

 

 - Troisième mécanisme : on agit pour une large part dans l’urgence 

 L’aggravation  des problèmes, des menaces et des drames de la dégradation environnementale  rend les urgences omniprésentes,  l’urgence devient une « catégorie centrale » du politique, elle fait d’ailleurs corps  avec le court terme qui constitue  une des logiques profondes du productivisme (voir sur ce blog et ce site  les trois billets sur « Le productivisme ».). Il faut soulager des souffrances immédiates   à la suite de  catastrophes écologiques et  de  découvertes  de scandales  sanitaires  et écologiques.

On doit faire face à la fois aux urgences climatiques et à d'autres urgences, en particulier sociales et sanitaires. On doit aussi élaborer des politiques à long terme. En 2013 nous avions dit et écrit  qu'il fallait à la fois répondre aux fins de mois et aux fins du monde, c'était aussi une façon de souligner   qu'il n'y a pas de politique écologique sans justice sociale.

 

  - Quatrième mécanisme : élaborer des politiques à long terme  demande du temps

S’il est nécessaire de soulager des souffrances immédiates,   il est aussi non moins nécessaire de lutter contre leurs causes par des politiques à long terme, ce qui  demande du temps,

Un des exemples les plus criants est celui des déplacés environnementaux. Ce silence scandaleux  dans  l’Accord de Paris de 2015 sur le climat en dit long sur ce qui constitue  déjà, aux yeux de certains, de nouvelles classes dangereuses en voie d’explosion dans les décennies à venir  et qu’il faudra contenir au besoin  par tous les moyens, même les pires .

 Il faudrait d’ores et déjà adopter et appliquer un statut international, celui  par exemple élaboré par des universitaires de Limoges qui est considéré comme l’un des plus porteurs.

  A la fin 2020 le nombre de déplacés internes dus aux conflits et aux climats est de l’ordre de 55 millions de personnes. Pour 2050 les estimations varient de 200 millions à 1 milliard , voire plus, de  déplacés à environnementaux internes et externes  dans la mesure en particulier où  des mégapoles deviendraient  irrespirables et/ou  sous la montée des eaux.(Voir sur ce blog et ce site  « Les déplacés environnementaux »).

Et on revient au premier mécanisme :

…  le système s’accélère. Autrement dit : il n’est pas sûr que les prochaines générations futures aient beaucoup de temps devant elles pour mettre en œuvre des contre-mécanismes nombreux, radicaux et massifs.

 

2-Les interactions  et la débâcle écologique.

-Les  interactions entre des éléments de l’environnement

Depuis longtemps on sait que  les éléments de l’environnement sont interdépendants, que des pollutions peuvent passer d’un milieu dans un autre, peuvent traverser des frontières, on sait que des catastrophes  peuvent avoir des effets plus ou moins étendus. Cependant on ne connaissait  pas toujours la nature précise des interactions entre les phénomènes de dégradation de l’environnement.

Désormais  de plus en plus de scientifiques ont montré que   les interactions entre les changements climatiques et d’autres problèmes menaces et  drames  environnementaux pourraient être lourdes de conséquences.  Ainsi des interactions entre les changements climatiques et le déplacement de courants océaniques, entre les changements climatiques et l’extinction des espèces, entre les changements climatiques et la couche d’ozone. Ainsi la fonte des glaciers a désormais pour effet  la montée du niveau des mers. Ainsi l’accélération   des fontes de l’Arctique et maintenant de l’Antarctique agissent aussi sur ce niveau des océans, sur la circulation de l’océan global, sur les évènements climatiques extrêmes…(Nous avons fait, sur ce blog de Mediapart  et sur notre site « au trésor des souffles »,une synthèse des rapports internationaux dans l’article composé de onze parties  « La mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat. »)

 - Les interactions entre des domaines d’activités

Interactions entre environnement, paix et conflits armés :

Ainsi, par exemple, les interactions entre la dégradation de l’environnement et les guerres qui sont destructrices de l’environnement, mais la réciproque est moins connue : une gestion injuste et anti écologique de l’environnement peut contribuer à des conflits voire à des conflits armés. L’environnement a besoin de la paix et la paix a besoin de l’environnement.

 Interactions entre environnement, égalités, inégalités :

Ainsi  par exemple les interactions entre les inégalités environnementales et les inégalités dans les autres domaines. Par exemple la « justice climatique » est aussi impérative que complexe, elle traverse les rapports entre les pays du Nord et du Sud, entre les pays du Sud et les pays émergents, entre l’ensemble des pays et les pays les moins avancés ainsi que les iles menacées par la montée des eaux.

 -Les interactions entre deux grandes crises :

  La crise climatique et la crise énergétique.

 Si elles se rencontraient ces deux crises provoqueraient de multiples problèmes drames et menaces, par exemple des désorganisations amplifiées des sociétés.

Il est vrai aussi que l’on peut raisonner autrement et penser que cette rencontre pourrait provoquer et activer des remises en cause allant dans le sens de sociétés écologiquement viables. C’est ici ce que l’on appelle la pédagogie des catastrophes (voir l’article sur ce blog et notre site : « Des idées, des moyens, des volontés face aux catastrophes écologiques. »)

Mais la catastrophe n’est pas vertueuse pédagogiquement en elle-même, on peut en tirer un peu, beaucoup ou pas du tout les leçons. (Voir  Actes du colloque, Les catastrophes écologiques et le droit, échecs du droit, appels au droit, sous la direction de Jean- Marc. Lavieille, Julien Bétaille, Michel. Prieur, éditions Bruylant, 2012.)

Cette rencontre se produirait très probablement si au moins cinq éléments étaient réunis : une consommation de pétrole augmentant en moyenne chaque année (par exemple de 1,6% selon l’estimation de l’Agence internationale de l’énergie) d’ici 2030 ;  un effondrement important du pétrole vers 2040 (en 2050 le monde serait à 45 millions de barils produits par jour, autrement dit la moitié de la consommation en 2013) ; des énergies fossiles représentant toujours la plus grande part des ressources énergétiques mondiales ( de l’ordre de 85%) à la même période ; l’absence de volontés politiques, économiques et financières mondiales pour développer massivement des énergies renouvelables ; enfin une absence de politiques  de réductions massives des consommations d’énergies  dans les pays développés et  les pays émergents.

Une seule donnée soulignée ici montre que la rencontre entre les deux crises  est en route. Selon l’Agence internationale de l’énergie, en 2017 les énergies fossiles continuaient à fournir l’essentiel de la consommation d’énergie primaire mondiale, soit 85,5 %, plus précisément 33 ,5 % pour le  pétrole, 28 % pour le charbon, 24 % pour le gaz naturel. En 1973 les énergies fossiles représentaient 86,7% du total des énergies,  on voit ainsi  une différence de 1,2% en 44 ans , autrement dit une lenteur tragique de la transformation.

Une autre source (Le réseau REN21) le 15  juin 2021 affirme que « la part des énergies fossiles dans la consommation d’énergie mondiale est aussi élevée qu’il y a dix ans » , soit 80,3% en 2009  et  80,2%  en 2019,  même si la part des énergies renouvelables est passée de 8,7% en 2009 à 11,2% en  2019.

 

B-Les obstacles mis en avant par  des « puissants »  face au  principe du partage et à sa mise en œuvre. 

 

1-Les  « puissants » face au principe du partage.

Des théories et des pratiques nous enseignent que les puissants, c'est-à-dire des personnes et des  collectivités à tous les niveaux  géographiques ,  qui ont concentré des avoirs, des pouvoirs et /ou des savoirs, ne partagent pratiquement jamais d’eux-mêmes.

Les puissants ne partagent que si des rapports de forces les obligent à le faire. Ces rapports de force peuvent se dérouler soit à travers un règlement  pacifique soit à travers de multiples tensions et répressions soit  à travers des conflits armés.

Il arrive que les puissants partagent d’eux-mêmes s’ils arrivent à avoir une  conscience particulièrement  forte, vive, aigue  de drames   qui  soit  les  atteignent  soit   les menacent  soit  menacent l’ensemble de l’humanité et du vivant. Il y a donc des rapports entre les catastrophes écologiques et les changements éventuels des dominants.

 

2-La reconversion  radicale ,   obstacle idéologique face à la compétition.

 

Remettre en cause les concentrations gigantesques des avoirs  a  fait souvent  l’objet de refus immémoriaux, ainsi aujourd’hui par exemple  des hausses des impôts sur les plus riches et sur les sociétés  dans tel ou tel pays.

Un des arguments essentiels est le fait, dit-on, qu’il s’agit d’une atteinte à la compétition  laquelle est un mécanisme puissant  du système mondial.(Voir sur notre site et ce blog nos articles critiques  relatifs à « La compétition. »)

 Ainsi le Président  des  Etats-Unis en 2021  a  proposé un taux minimum d’imposition de 15%sur les profits des multinationales, l’accord a vite vu le jour au G7. Le taux est peu radical .  Mais, malgré cela , l’ONG Attac insiste à juste titre sur le fait que « la mobilisation citoyenne sera essentielle pour que le Président des Etats-Unis ne renonce pas aux hausses d’impôts sous la pression des lobbies. »  (lignes d’attac 126).

 

 C-Les obstacles mis en avant par des populations  face à cette reconversion.

 

1-La gigantesque reconversion  se fait   à travers des remises en cause importantes ou faibles selon les populations.

 

Celles-ci peuvent ainsi  porter plus ou moins atteinte à des productions, des consommations  et  des moyens de transports  écologiquement non viables, à des surconsommations, à des gaspillages…

Ainsi  des remises en cause porteront  sur les populations et les personnes  plus ou moins « privilégiées » par rapport à celles de pays pauvres. Jean-Paul Besset , journaliste  et écologiste,  écrivait « Oui, il faut consommer moins, brûler moins d’énergie, se déplacer autrement, économiser les ressources, produire autrement, éviter le gaspillage… Oui, prévention, précaution, réparation, recyclage, décroissance et économies sont les clés de l’avenir (…). »


Pour les immenses foules des personnes  en situation de pauvreté ou de misère   la « justice climatique » devra être omniprésente sous la forme en particulier de l’arrivée des ressources nouvelles allant vers les besoins criants.

 

2-Les attitudes des populations peuvent être et pourront être très variables.

 

-Ici des indifférences, là un déni de la débâcle écologique ,  là encore un déni  des inégalités criantes.

 -Ici et là apparaitront des dénonciations et des refus d’accepter des « atteintes aux libertés. »  Les libertés individuelles et collectives restent  essentielles ,  une des difficultés consistera bien sûr à les articuler  aux remises en cause pour un monde viable. C’est vite dit mais difficile à mettre en œuvre.

-Nous pensons que dans les situations des apocalypses écologiques, qui probablement se multiplieront ,  vraisemblablement  se multiplieront aussi  des situations extrêmes :

celles de populations s’entredéchirant, à partir en particulier de l’alimentation en eau et de l’accueil des déplacés environnementaux, 

celles de populations fraternisées par les périls communs multipliant les coopérations et les solidarités.(Voir notre article à venir « Sommes-nous fraternisés par les drames et les menaces écologiques ? » dans un ouvrage collectif publié  pour le cinquantenaire de la Conférence de Stockholm en juin 2022.)

Existeront aussi bien sûr des situations intermédiaires faites de compétitions et de solidarités.

 

D-Les obstacles des logiques du système productiviste  mondial .

 

1-Les onze logiques du système productiviste ne vont pas globalement dans le sens d’une gigantesque reconversion financière qui les remet plus ou moins en cause.

La recherche du profit, synonyme de fructification des patrimoines financiers, de financiarisation du monde, avec des opérateurs, à la fois puissants et fragiles, qui ont donc des logiques spécifiques.

L’efficacité économique, synonyme du moment où, cessant d’être au service de la satisfaction de véritables besoins, la recherche d’efficacité devient sa propre finalité.

Le culte de la croissance synonyme du « toujours plus », de mise en avant de critères économiques supérieurs aux critères sanitaires, sociaux, environnementaux, culturels, de surexploitation des ressources naturelles, de fuite en avant dans une techno science qui a tendance, ici et là, à s’auto reproduire et à dépasser les êtres humains. Croissance qui va  reculer, se tasser, être en berne, mais qui  va revenir,  repartir, rebondir  et qu’il faut soutenir,  favoriser ,  éternel refrain de la  relance ... Sainte croissance protégez-nous !

 La course aux quantités synonyme d’une surexploitation des ressources naturelles, de surproductions, de créations de pseudos besoins alors que des besoins vitaux ne sont pas satisfaits pour la grande majorité des bientôt huit milliards d’ habitants de notre planète.

La conquête ou la défense des parts de marchés synonyme d’un libre-échange tout-puissant qui repose sur des affrontements directs, des absorptions des faibles par les forts, des efforts de productivité qui poussent à de nouvelles conquêtes de marchés.

La domination sur la nature synonyme d’ objet au service des êtres humains, ses ressources sont souvent exploitées comme si elles étaient inépuisables. Certains pensent même que l’homme est capable de se substituer peu à peu à la nature à travers une artificialisation totalisante, il commence à se dire même capable, après l’avoir réchauffée, de « mettre la Terre à l’ombre » par de gigantesques projets technologiques (géo-ingénierie).

La marchandisation du monde synonyme de transformation, rapide et tentaculaire, de l’argent en toute chose et de toute chose en argent. Voilà de plus en plus d’activités transformées en marchandises, d’êtres humains plus ou moins instrumentalisés au service du marché, d’éléments du vivant (animaux, végétaux) décimés, et d’éléments de l’environnement qui sont entrés dans le marché (eau, sols, air…).Dans ce système « tout vaut tant », tout est plus ou moins à vendre ou à acheter. (Voir mes articles « La marchandisation de la nature » sur mon site « au trésor des souffles. »)

La militarisation du monde sous de multiples formes en particulier des espaces militarisés,  des recherches, des  productions et des ventes d’  armements,  des conflits armés, des grandes manœuvres,  des éducations à la guerre, des administrations extrêmes de multiples peurs, des fabrications d’ennemis ( par exemple de  nouvelles classes jugées dangereuses,  les déplacés environnementaux. )

La priorité du court terme synonyme de dictature de l’instant au détriment d’élaboration de politiques à long terme qui soit ne sont pas pensées en termes de sociétés viables, soit ne sont pas mises en œuvre et disparaissent dans les urgences fautes de moyens et de volontés.

L’accélération synonyme de course omniprésente  à travers, par exemple, une techno science en mouvement perpétuel, une circulation rapide des capitaux, des marchandises, des services, des informations, des personnes, une accélération qui a de multiples effets sur les sociétés et les personnes, une des hypothèses les plus probables étant celle d’une « course effrénée à l’abîme qui emportera un monde impuissant ».(Voir par exemple Harmut  Rosa « Accélération », La Découverte, 2010.)

N’oublions pas que l’hypothèse la plus probable de la première cause des  dominations des hommes sur les femmes a été leur vitesse de déplacement par laquelle ils se sont accaparés des pouvoirs, ainsi ceux de la chasse, les femmes étaient, dès le début de l’histoire de l’humanité, moins rapides à cause de leurs grossesses et des enfants portés sur le dos. La vitesse, facteur de répartition des pouvoirs, emplit l’histoire des sociétés, cela jusqu’à nos jours avec les fractures des inégalités numériques.

 L’expropriation des élu(e)s et des citoyen(ne)s n’a-t-elle pas tendance, ici ou là, à apparaître ou à se développer ? Ainsi les marchés financiers n’entraînent-ils pas une expropriation du politique par le financier ? La primauté du libre-échange et la puissance des firmes géantes n’entraînent-elles pas une expropriation du social par l’économique ? La compétition n’entraîne-t-elle pas une expropriation de la solidarité par l’individualisme ? La vitesse n’est-elle pas un facteur de répartition des richesses et des pouvoirs qui défavorise ou rejette des collectivités et des individus plus lents ?

 


2-Enfin ,  douzième  logique, la compétition qui ferait, dit-on, obstacle à la reconversion.

 

On affirme qu’il s’agit d’une atteinte à la compétition  laquelle est un mécanisme puissant  du système mondial.(Voir sur notre site et ce blog nos articles critiques  relatifs à « La compétition. »)

La compétition est  synonyme, nous répète-t-on, d’ « impératif naturel de nos sociétés ». Elle alimente les onze logiques précédentes et elle est alimentée par ces logiques. Elle est omniprésente, omnisciente, omnipotente dans le système productiviste.

Cette compétition en fait n’est pas « naturelle » contrairement à ce que l’on croit le plus  souvent  et nous fait croire  presque toujours, elle est  le produit de multiples histoires et peut avoir et a, ici et là, des alternatives.. (Voir notre série d’articles «  La compétition » sur notre site « au trésor des souffles. ») 

La reconversion financière est synonyme de partages et de solidarités qui sont des contraires de la compétition.

 

Un petit conte à partager inventé sur ce système autophage :

 Aux personnes rencontrées  par le Petit Prince de Saint-Exupéry on pourrait ainsi rajouter Erysichthon, qui se mangeait lui-même, évoqué par le poète Ovide en 30 avant notre ère dans « Les Métamorphoses », et l’identifier  au productivisme.

 « Que faites-vous ? » demande le Petit Prince.

 « Je suis devenu un système autophage.  Les pays, les marchés, les entreprises se dévorent, je dévore la nature, je dévore même mes limites. »

 « Vous aimez çà ? »  interroge épouvanté  le Petit Prince.

 «Au début  j’y prenais goût, mais depuis longtemps  je ne peux plus  m’arrêter, j’ai toujours faim » répond l’autophage.

« A cette  allure ,  dit le Petit Prince, vous souffrirez de plus en plus et vous  allez vite  disparaitre.  Moi quand j’ai soif  je marche  tout doucement vers une fontaine.»

 

Tels sont les obstacles face à cette utopie créatrice, mais encore faut-il savoir « où est l’argent ? », autrement dit où se trouvent ces sommes  gigantesques , importantes ou dérisoires ?

 

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