De l'autodestruction à la viabilité Les volontés (III)

De l'autodestruction à la viabilité Les volontés (III)

De l’autodestruction du monde à sa  viabilité : les volontés des acteurs (III)

 

« A l’auberge de la décision les gens dorment bien. » Proverbe persan

 

A-Face à des volontés  étouffées  voilà des volontés naissantes

1-à travers l’éducation à la résistance

2- l’éducation à la solidarité,

 3- le principe de non-discrimination,

 4- les apprentissages des responsabilités,

 5- la prise de conscience des aspects destructeurs du productivisme,

6- la gestation de libérations politiques, économiques, sociales, culturelles.

7- l’apprentissage du règlement non-violent des conflits (Une des réalités les plus importantes de nos vies on nous l’a pas apprise sauf exceptions, le règlement de nos conflits. Il y a trois attitudes face au conflit, soit  la violence d’oppression dans laquelle on impose sa loi, cette attitude  est omniprésente, soit  la violence de soumission dans laquelle on renonce à ce que l’on pense être essentiel, cette attitude  est relativement fréquente, soit enfin le règlement non-violent des conflits (qui n’a rien à voir avec la passivité la résignation ) et qui comprend  cinq éléments : On cherche /  ensemble,/ dans le respect des personnes/ et dans  la confrontation/,des solutions justes/.Cette méthode mobilise par delà le mépris et la haine, elle s’enracine dans l’espérance, se nourrit de la force de la justice. Son passé, encore en partie méprisé, révèle de plus en plus l’efficacité de méthodes d’action  compatibles avec une vision humaine du destin des hommes.)

 

B-Face à des volontés dépassées  voilà  des volontés résistantes

Un peuple n’avait pas le mot « non » dans sa langue, il était soumis à l’ esclavage, raconte Plutarque en 80 ( cité par Montaigne, histoire inspirant peut-être Etienne de la Boétie , grand  penseur de la non-violence (De la servitude volontaire, 1576),Henry David Thoreau vers 1850,écologiste., non-violent, tous des inspirateurs de Gandhi .De nos jours par exemple Edwy Plenel met en avant l’importance vitale de « Dire nous ». « Contre les peurs et les haines, nos causes communes ». (Ouvrage Mediapart en  2016.

 

Des volontés résistantes. « Il est des mots dont la graphie semble incarner mystérieusement  le sens. Ainsi du verbe résister avec ses deux r, ses deux e, ses deux s qui entourent symétriquement son i, comme s’il s’agissait de le préserver, de le garder précieusement en vie .Car résister c’est d’abord  cela : maintenir intacte la flamme fragile, éphémère de l’existence : tenir : survivre ».(Gérald Cahen). Résister, vouloir  être un  veilleur debout…

1-à travers l’apprivoisement de la complexité, le contrôle des techniques, de façon plus globale les remises à leurs places de la techno science et du marché mondial.

2-à travers  la  prise en compte d’un nombre important de participants à la décision. 

3- à travers l’élaboration de politiques à long terme.

4- à travers les regroupements et les actions en commun de divers acteurs.

 5- à travers la capacité de propositions relatives aux moyens de remettre en cause ici et là le productivisme

 6- à travers une pédagogie des catastrophes répondant non seulement aux urgences mais s’attaquant aux causes de ces catastrophes.

 

 C-Face à des volontés essoufflées  : voilà des  volontés à la recherche de nouveaux souffles

  • à travers des actes et des politiques agissant sur les  faiblesses  et sur les  contradictions du système productiviste.
  • en essayant de tirer les leçons des échecs pour déterminer, si nécessaire, de nouvelles stratégies et de nouveaux moyens
  • en ne surestimant pas mais aussi en sous estimant pas les avancées du « local » et celles du « global », sans oublier leurs interpellations réciproques qui peuvent apparaître tôt ou tard.

 4-la lenteur de changements de rapports de force,

5-en cherchant en soi et avec les autres des motivations pour « rallumer la flamme » si elle a tendance à s’éteindre. En ce sens existent au moins (il y en a d’autres !) deux motivations qui peuvent être  porteuses : le fait d’être fraternisés par des périls communs, le fait de vouloir permettre  aux générations futures  de vivre (et d’aimer et d’être aimé).

 

 

D-Quels acteurs pour passer d’un système productiviste à une communauté  viable ?

Le productivisme fonctionne  comme un machine infernale qui a un cœur et autour  une armature.

1-Quel est le  « cœur du  système productiviste ? Il s’agit des marchés financiers, des firmes multinationales, des complexes  de la technoscience-

2-Quelle est l’« armature » du système productiviste ? Il s’agit des 200 Etats, en particulier  des Etats du G8 et de quelques autres dont la Chine et l’Inde, des  organisations régionales (par exemple l’Union européenne, …), des organisations internationales , des grands groupes médiatiques …

3-Tous les acteurs ont des remises en cause à mettre en œuvre, dans des proportions  très variables et avec des responsabilités très  variables : Etats, organisations internationales et régionales, organisations non gouvernementales, entreprises, firmes multinationales, collectivités territoriales, réseaux scientifiques et technologiques, enfin les acteurs humains c'est-à-dire les personnes, (en particulier les hommes dans les remises en cause de  dominations par rapport aux femmes), ,les peuples, l’humanité. Comment passer des intérêts nationaux (ceux de chaque Etat) aux intérêts communs (ceux  des Etats et de la société civile internationale) puis  à l’intérêt commun de l’humanité et du vivant ?

 

 

E- Voilà donc les trois fois trois générations ( 9 fois 30 ans soit 270 ans de l’anthropocène en  1855 à 2125 environ.

-Nous avons reçu de trois générations passées ( 1855 à 1945 environ), un environnement pour une part blessé et faisant l’objet de destructions en marche sous les logiques du productivisme (en route en fait depuis le XVème siècle) et de l’anthropocène en route voilà près de 165ans (1855-2020)  à travers les explosions des énergies fossiles et de la démographie.

-Les trois générations présentes (1945 -2035 environ),  ont produit un environnement pour une large part détruit et plongeant dans des apocalypses écologiques multiformes, massives, en interactions et rapides, en particulier à travers le réchauffement climatique et les atteintes à la diversité biologique.

-Les trois générations qui ont commencé à voir le jour et qui viennent (2035 à 2125 environ) se trouvent  devant une question vertigineuse : cette veille de fin des temps peut-elle encore se transformer en une forme d’aube d’humanité?  On peut ici en appeler aux  horizons de responsabilités !

Le Petit Prince, toujours là, aurait pu rencontre un casseur d’horizons : « Qu’est-ce que vous faites ? »  , « Dès que je vois des ailes qui poussent je les rogne, je les casse, je les coupe. » « Vous aimez çà ? » demande le Petit Prince d’un air effrayé, « Oh oui j’aime çà, je n’en décolle plus ! » répond le rogneur d’ailes. « Moi, dit le Petit Prince, j’aime l’horizon.

 

 

F-Si l’on voulait souligner un schéma général des volontés des acteurs ne pourrait-on pas dire qu’il y a

- Des résistances et des pratiques alternatives de plus en plus nombreuses «  à la base »   par des personnes, des associations, des mouvements, d’autres  acteurs ,  cela sous les pressions des catastrophes et  en résistances aux logiques productivistes humanicides et terricides,

- Des discours , des réformes et quelques remises d’importances très variables, aux « sommets » des différents niveaux géographiques, sous les pressions   et des catastrophes  et de la base,

-Des fissures « au cœur » des logiques du productivisme, celles des marchés financiers, du marché mondial, de la techno science, sous les pressions et des catastrophes  et  de la base et du sommet ,

 Peut-être aussi, l’arrivée de « l’improbable » (c’est une expression d’Edgar Morin qui donne l’exemple de la bataille de Stalingrad en février 1943 laquelle  faisait basculer la Seconde guerre mondiale par la victoire des soviétiques, on pourrait prendre aussi l’exemple de la chute du mur de Berlin en novembre 1989 qui fait dire à Gorbatchev président de l’Union soviétique « L’histoire est sortie de ses gonds » ) L’improbable que serait-il demain ? Les brouillards pour l’instant ne se dissipent pas même si nos imaginations peuvent voir le jour .

 

 

Sur ce blog voir l’article détaillé sur « Les volontés politiques »

Mécanismes : volontés étouffées, dépassées, essoufflées 

Contre mécanismes : volontés naissantes, résistantes, à la recherche de nouveaux souffles.

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