INFORMATIONS-CLES SUR GUILLAUME KIGBAFORI SORO

L’engagement impersonnel, sacrificiel et impartial de Guillaume Soro pour la renégociation du contrat social ivoirien. Les négociations d’Accra, Lomé, Marcoussis, Prétoria, et Ouagadougou, révèlent un fin diplomate, un négociateur averti et un résilient politique hors-pair;

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I) Années syndicales universitaires, à la tête de la FESCI (1994-1997)
Premier Secrétaire Général effectivement élu démocratiquement dans l’histoire de la FESCI, il assume toutes ses responsabilités militantes dans cette période-charnière.

(6) Six emprisonnements brutaux le sanctionnent sous le régime PDCI-RDA de Bédié, entre 1994 et 1997, pour son engagement dans la défense des franchises universitaires, et l’instauration d’un véritable pluralisme démocratique en Côte d’Ivoire.

Désigné Homme de l’année 1997 par la presse ivoirienne, Amnesty International le défend comme prisonnier politique.

Entre 1998-1999, Soro se forme aux sciences politiques en Angleterre et en France. Il fourbit ses armes intellectuelles pour sa carrière politique imminente.

 Ce qu’il faut retenir de cette période: Soro s’impose comme un mobilisateur citoyen expérimenté, affirme son caractère politique personnel de leader, et assume toutes les conséquences de ses engagements. C’est le temps du Che Bogota. Sa respectabilité et son aura nationales s'étendent dans toute l’étendue du territoire national et en Afrique francophone.
Sandrine David, une journaliste de RFI, le présente en 1998 comme « le plus célèbre des étudiants de Côte d’Ivoire ». Il le demeure jusqu’à ce jour par son parcours politique exceptionnel.

Années du régime de Transition et de l’arrivée de Gbagbo au pouvoir ( 1999-2000). A la recherche de ses marques politiques
Harcèlement par la junte militaire du Général Guéi, en 1999- 2000, qui l’accule à l’exil. GKS crée alors le FIEF ( Forum International des Etudiants Francophones), pour donner une assise internationale à son engagement syndical, avant le transit vers la politique.

Octobre 2000 : Soro, au coeur du dernier carré de fidèles d’Alassane Ouattara, défend sa résidence contre un assaut sanglant des forces fidèles à Laurent Gbagbo. Le combat de Soro pour l’instauration d’une démocratie pluraliste réelle en Côte d’Ivoire se poursuit désormais au risque permanent de sa vie. Blessé à la résidence d’ADO qu’il défend avec courage, il est soigné par l’actuelle première Dame de Côte d’Ivoire

Décembre 2000 : Soro est candidat co-listier d’Henriette Dagri-Diabaté à Port- Bouët, pour le compte du RDR. Le parti se retire finalement du processus électoral biaisé qu’organise alors le régime mal élu, « calamiteux » du FPI de Laurent Gbagbo.
Soro part en exil pour préparer l’inévitable confrontation stratégique avec le régime de Laurent Gbagbo.

 Ce qu’il faut retenir de cette période : Soro prend la mesure du blocage du champ politique ivoirien et du recul, pour mieux s’y insérer. Son ancrage politique dans le RDR d’Alassane Ouattara est net, mais sa volonté de modifier concrètement le rapport de
forces politiques par d’autres ressources stratégiques s’affiche aussi.
Il refuse de subir le sort d’exclus qu’on réserve aux Ivoiriens du Nord et aux Ivoiriens métissés de populations étrangères. Le stratège politique commence à compléter le leader militant. Une cuirasse nouvelle du personnage se prépare. C’est une mutation psychologique décisive dans l’itinéraire personnel de Guillaume Soro: la décision de risquer résolument sa vie pour démocratiser irréversiblement la Côte d’Ivoire.

 

II) Période militaro-politique: 2001- 2011, Chef de la résistance ivoirienne
Replié avec des soldats résistants de l’armée ivoirienne en exil au Burkina Faso, Soro prépare la confrontation militaire la plus importante de l’histoire de Côte d’Ivoire.
En janvier 2001, puis en septembre 2002, le MPCI frappera le régime du FPI. La conséquence de la bataille de septembre 2002 est la partition géostratégique de la Côte d’Ivoire. Soro est de fait le numéro 2 de la Côte d’Ivoire, contrôlant 60% du territoire national ivoirien avec son mouvement, qui s’impose alors comme principal adversaire du régime FPI.

Soro va risquer sa vie désormais, tous les jours, à compter de son départ en exil au Burkina.
Au coeur de la rébellion, il est l’objet de nombreuses tentatives d’assassinats orchestrées par ses rivaux internes, notamment le Sergent- Chef Ibrahim Coulibaly.

En janvier 2003, l’attentat de la RTI, le voit réchapper miraculeusement au piège mortel des Jeunes Patriotes pro-Gbagbo.
En novembre 2004, il est sous le feu des avions bombardiers de Laurent Gbagbo contre les positions des forces nouvelles.
En fin juin 2007, le premier ministre de Transition, Guillaume Soro échappe au plus terrible attentat politique de l’histoire de Côte d’Ivoire, lorsque son avion officiel. On dénombre de nombreux morts et blessés graves parmi ses compagnons. Par cette énième tentative d’assassinat, on tente de saboter le processus de paix auquel Soro a donné une impulsion remarquable.

Les négociations d’Accra, Lomé, Marcoussis, Prétoria, et Ouagadougou, révèlent un fin diplomate, un négociateur averti et un résilient politique hors-pair. C’est ainsi que s’obtiennent les élections présidentielles démocratiques de 2010, auxquelles Soro ne participe pas, mais qu’il organise avec rigueur et succès. Il s’engage ensuite comme premier ministre et ministre de la défense du président Alassane Ouattara, à faire respecter la souveraineté démocratique du peuple de Côte d’Ivoire, en délogeant Laurent Gbagbo du palais présidentiel en avril 2011, avec l’appui du droit international et des forces onusiennes.

 

On retiendra de cette période : L’engagement impersonnel, sacrificiel et impartial de Guillaume Soro pour la renégociation du contrat social ivoirien, avec un rôle décisif dans la remise en selle de l’opposition RDR-PDCI,
face au FPI de Laurent Gbagbo. C’est pour une nouvelle Côte d’Ivoire, inclusive, débarrassée de la doctrine ivoiritaire, que Soro se bat. Et non pour le pouvoir ou la gloire personnels.

 III) Période 2012-2016: Guillaume Soro député et Président de l’Assemblée Nationale, les lois révolutionnaires , la grande cabale des écoutes, les mandats

La législature de Guillaume Soro est sanctionnée par une amélioration remarquable du cadre de travail des députés et de l’administration parlementaire.
La législature Soro I se place aussi sous l’égide de lois inclusives: pour les femmes, les apatrides, les handicapés, les déshérités. Elle déploie une diplomatie parlementaire de valeur. Guillaume Soro accède à la Vice- présidence de l’APF (2013) et à la présidence de la ligue parlementaire arabo-africaine (2016).

 

Le 5 décembre 2015, Sabine Khéris, une juge française, croyant profiter du passage du président Soro à Paris dans le cadre des Assises de la COP 21, délivre un mandat d’amener contre Guillaume Soro dans le cadre d’une plainte portée par Michel Gbagbo pour une soi- disant arrestation et détention arbitraire en Côte d’Ivoire. Le Chef du parlement ivoirien refuse de déférer à cette convocation abusive et protège l’immunité diplomatique de son pays en France. Avec succès.

Dès la campagne électorale de la présidentielle 2015, Le président de la république sortant, Alassane Ouattara , annonce, dans l’esprit des accords politiques conclus depuis 2003, le projet de réviser la constitution ivoirienne de 2000, afin de doter le pays d’une loi fondamentale débarrassée de l’ivoirité et adaptée aux réalités sociologiques et cosmopolitiques de la Côte d’Ivoire contemporaine. Il retient le soutien massif de Guillaume Soro, qui appelle ses pairs à autoriser la tenue du référendum, et partage avec conviction la vision constitutionnelle esquissée par le président Alassane Ouattara, avec loyauté et objectivité.
La future constitution ivoirienne couronnera sans doute en beauté le processus législatif de la mandature Soro I.

Le 13 novembre 2016 : la plus grande cabale politique jamais organisée contre une personnalité politique ivoirienne est lancée par le premier ministre de Transition du Burkina Faso, Yacouba Isaac Zida. De pseudo-écoutes téléphoniques accusent le président Guillaume Soro de complicité avec les putschistes de septembre 2015 au Burkina Faso. L’affaire s’avèrera être un montage. Les écoutes sont des arrangements traficotés par le lieutenant-colonel Zida et le mandat d’arrêt international lancé à cette occasion par le Burkina Faso s’avère nul et de nul effet, jusqu’à ce qu’en juin 2016, la justice burkinabé y renonce de son propre chef. La tentative la plus virulente d’assassinat politico-médiatique de Guillaume Soro s’achève ainsi piteusement. Tout au long de cette cabale, Soro reste proactif, persévérant et déterminé dans sa mission parlementaire.

Ce qu’il faut retenir de cette période parlementaire:
L’Honorable Guillaume Soro a accompli un mandat parlementaire exemplaire, à la tête de la seconde institution du pays, qu’il a su faire respecter. Face à la cabale des écoutes téléphoniques et face à l’affaire du mandat d’amener français, le Président de l’Assemblée Nationale a ténu tête, en faisant recours à la science, au droit, et à
sa résilience politique légendaire. La remarquable popularité de Guillaume Soro dans son pays, couronnée par le soutien de l’exécutif, du législatif et du judiciaire ivoiriens, a été un atout permanent tout au long de ces épreuves terribles.

Guillaume Soro s’annonce au final comme le Président de l’Assemblée Nationale qui aura accompagné la naissance de la troisième république ivoirienne. Et en ce mois d’août 2016, nul ne peut nier qu’il a été victime de complots. Par-delà et à travers toutes ses épreuves, Guillaume Soro sera toutefois parfaitement demeuré maître de son destin. Une résilience politique incontestable.

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