Lettre à un·e internaute égaré·e...

Tu es en train de naviguer sur les Internets. Soudain, tu tombes sur un article de Mediapart gratuit : tu n'es donc pas sur Mediapart, mais sur un blog du Club. Et ça change tout.

Mediapart existe depuis plus de 10 ans. C'est un journal fondé par un collectif de journalistes dont je ne tenterai pas de refaire l'histoire. Sache qu'aujourd'hui, en termes d'abonnements, Mediapart joue dans la cour du Monde : en avril 2018, le premier disposait de 151.000 abonné·e·s numériques tandis que le second en comptait 165.000.

Avec l'arrivée d'Internet, plusieurs médias nationaux se sont mis à proposer de nouveaux cadres d'expression pour celles et ceux qui disposaient d'un abonnement. Ainsi les blogs, tendance numérique du début du XXIème siècle, furent récupérés par des médias afin de renforcer le lien avec les lecteurs et les lectrices, d'apporter encore plus de stimulations intellectuelles, de questionnements, de controverses (d'insultes et de trolling aussi).

Surprise : à sa création en 2008, Mediapart a fait pareil !

Deuxième surprise : MEDIA-PART a choisi un nom voulant illustrer leur ambition, afin de devenir un média plus participatif en renforçant le fonctionnement du journal autour du principe de "communauté" de lecteurs et de lectrices afin d'y favoriser les discussions, la présentation de sujets peu couverts ou encore le lancement d'initiatives et de pétitions (comme l'a montré la cagnotte pour les cheminots l'année dernière). Sauf que des journalistes peuvent tout à fait écrire des articles publiés par le journal et donner leur avis personnel sur leur blog, voire publier des articles non sélectionnés par la rédaction pour une raison X ou Y. 

Vu la configuration d'Internet et le principe du "surf" en ligne, tu te doutes bien que le risque de confusion allait pointer son nez : comment alors savoir qui écrit quoi, et qu'est-ce qui est écrit où ? Par exemple, l'éditorialiste Ivan Rioufol est publié à la fois dans les pages du Figaro et sur un blog hébergé par ce même journal. D'ailleurs, toute personne abonnée et souhaitant alimenter un blog, que ce soit sur lemonde.fr ou lefigaro.fr, doit accepter au préalable les conditions d'utilisation (ici pour Le Monde ou pour Le Figaro). 

Ces deux exemples précisent que le journal n'est pas responsable des propos contenus par les publications des abonnés sur leur blog. Autrement dit, si un·e contributeur·trice souhaite, dans un billet, interdire la pizza à l'ananas pour crime de lèse-humanité, ça n'engage le journal que si c'est publié dans les pages du journal... et si le billet ne respecte pas les règles fixées par la loi ou par le média, il est supprimé. Tout simplement.

Figure-toi qu'il en est de même pour Mediapart. Le site dispose aussi d'une charte que chacun et chacune doit respecter, que ce soit à la publication d'un billet ou d'une édition et dans les commentaires, sous peine de voir ses contributions être supprimées. La page vulgarise même ce qui interdit et ce qui est autorisé par la loi sur la presse et la liberté d'expression de 1881 (ce qui est fait moins clairement dans d'autres chartes).

Avant d'aller plus loin, cet article est interactif. Aussi, je t'invite à cliquer sur ces deux liens :

  1. www.mediapart.fr
  2. https://blogs.mediapart.fr/

Il est possible de remarquer quelque chose de simple : tu n'arrives pas sur la même page d'accueil – d'un côté les publications du journal, de l'autre celle des abonné·e·s. Pour rendre ce constat encore plus facile, les personnes ayant conçu le site ont eu une idée maline  – le code couleur, guère mystérieux :

  • Noir pour le journal, vert pour le studio. Quelle que soit l'une de ces deux couleurs, tu retrouveras toujours une personne de la rédaction de Mediapart ou une personne collaborant régulièrement au journal ;
  • Bleu pour le "Club", nom donné à l'espace de contribution des abonné·e·s. Avec cette couleur bleue, il y a 99% de chances pour que ce que tu lis soit écrit à titre personnel, au titre d'un association ou d'un collectif qui est abonné au journal... ou que tu lises un article exprimant un point de vue personnel de la part d'un·e des membres ou personnes collaborant à la rédaction. 

Donc, si tu n'es pas abonné·e à Mediapart mais que tu te retrouves à lire l'intégralité d'un article, c'est qu'il y a aussi 99% de chances que tu soies en train de lire un article du Club, rédigé par un·e abonné·e, et dont la modération ne s'effectue qu'a posteriori compte tenu de la liberté d'expression existant encore dans notre démocratie où sont progressivement rognés les droits et les libertés. Si tu veux vérifier que Mediapart pense exactement comme l'un·e des 150.000 abonné·e·s, alors abonne-toi, et tu pourras même répondre, par un commentaire ou par billet interposé, à ce que tu estimes honteux/merveilleux, juste/injuste... 

En attendant, j'espère que tu auras maintenant compris que le Club de Mediapart diffère du journal Mediapart. Lorsqu'une tribune à la couleur bleue sera évoquée dans les médias ou sur les réseaux sociaux, tu sauras désormais faire ce précieux distinguo pour mieux comprendre les sujets évoqués et éviter de tacler les idées ou le concept de Mediapart transpirant à travers les billets de blogs, lorsqu'ils ne représentent que celles de la personne qui les a écrit.

Cette distinction a réussi à être établie pour d'autres journaux. Espérons qu'un jour, dans un futur proche, ce soit aussi le cas pour Mediapart !

Bonne navigation numérique et bien à toi,

LDM

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