« Une poule sur un mur… » de Julie Dénès

A la rencontre de Julie DENES pour la parution de « Une poule sur un mur… » (Editions Michalon)

 
On dit déjà que vous êtes un nouveau phénomène... Un ouvrage qui vient de sortir et déjà des libraires en rupture.

Qui êtes vous? 

Un phénomène ! Le terme est sans doute un peu fort à mon sens.

En quelques mots : engagée, passionnée, indignée, amoureuse, active, bretonne, mère, altruiste et tête dure. Je suis juriste de formation et responsable de deux associations : les Berceaux de la Francophonie qui accompagne les étudiants francophones en mobilité internationale, et Diplo21, dont je suis cofondatrice, qui agit sur tous les pans de la diplomatie.

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Les rencontres, les autres, la lecture, la vie m’ont permis de me structurer un monde et une pensée sans frontière.

Mon attachement à la justice, aux valeurs universelles et aux Droits humains jalonnent mon parcours et se retrouvent ainsi dans chacune de mes actions et de mes combats.

 

 

 

Votre ouvrage s arrache déjà comme on vient de l évoquer... Quelques mots pour nous présenter "une poule sur un mur" ?

 

« Une poule sur un mur… » relate l’histoire d’une jeune femme de 22 ans, assez banale, étudiante en droit, qui arrive dans une grande ville où elle ne connait personne, et qui rencontre l’homme qu’il ne fallait.

Le récit décrit pas à pas l’engrenage, et la relation nocive en découlant, dans lequel tombe cette jeune « Eve ». Face à elle, un homme : « Eric ». Un personnage que beaucoup qualifient de « pervers narcissique » et qui lui fera vivre un enfer : humiliations, violences psychologiques et physiques, insultes, etc. L’histoire est dure, crue et rédigée de telle sorte que le lecteur se retrouve à côté d’Eve et ressente sa peine, sa joie, sa colère pour mieux la comprendre.

« Une poule sur un mur… » décrit un comportement celui de ce pervers narcissique et un phénomène celui du « cycle de la violence ».

L’épilogue réserve une surprise aux lecteurs. Puisque cette jeune femme c’est moi.

 

 

Quelle est la mécanique qui vous a poussé vers l écriture?

 

Plusieurs fois j’ai tenté d’écrire cette histoire mais je ne trouvais pas l’angle, les mots ne venaient pas, la plaie était encore béante et je n’avais pas la force suffisante pour affronter le passé et regarder la vérité en face. Parce que la première des choses à faire pour pouvoir assumer est de se pardonner soi-même.

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Une rencontre a tout changé. J’ai rédigé la préface du roman MALVO de mon fiancé Yannick Wezet-John NAMBO ce qui m’a valu une rencontre avec Yves Michalon. Il a eu la phrase « déclic ». Je me suis dit que c’était le moment. J’ai à présent également le recul, l’amour et la confiance qu’il faut pour livrer et assumer pleinement cette histoire.

J’ai décidé de partager mon expérience pour mettre un point final à ce douloureux passé et délivrer un message. C’est un livre qui entend déculpabiliser aussi les victimes hommes et femmes. Non, je ne suis pas fautive. Non, je n’ai ni peur ni honte. Oui il faut de la prévention, de la formation, de l’information, de la justice. Parler, dire, écrire, chanter, écouter et savoir se faire entendre.

 

 

 

 

 

Demain Julie Dénès? Envies et passions et rêves de demain? C’est quoi pour vous ?

Demain, je maintiendrai mes combats et ma vigilance vis-à-vis du respect des droits des femmes. Il s’agit pour moi d’un bon indicateur de l’état d’une société.

Je n’hésiterai jamais à m’indigner, à dénoncer et à agir. Je continuerai à écrire, à peindre, à apprendre.

J’ai, comme chacun de nous, une responsabilité sur l’état du monde que je laisserai en le quittant. Je ne peux malheureusement pas le modifier. J’ose simplement espérer apporter ma modeste contribution au changement, bouger les lignes, et pouvoir dire à mes enfants « j’ai fait ».

 

Et puis sait-on jamais ! Le battement d’ailes d’un papillon peut parfois être redoutable.

« Une poule sur un mur… » Julie DENES

Editions Michalon

 

 

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