Pr. Raoult : fin de partie ? 1er chapitre...

En tout cas et sans préjuger de l'avenir, les résultats de sa dernière étude sont loin d'être probants...

En effet, au vu des résultats de la dernière étude présentée par le Pr. Raoult concernant son traitement à l'hydroxychloroquine-azithromycine présentée à Not' Bon Mait et portant sur 1000 cas traités présentant un taux de mortalité de 0,5%, on ne peut vraiment pas dire qu'il ait trouvé le traitement miracle, loin de là, et je vais essayer de vous démontrer pourquoi sur ce billet.

En préambule, n'étant pas un scientifique mais ayant fait ce fabuleux bac G3 (dit bac des feignants) que le monde entier nous enviait et 2 ans d'IUT Tech de Co (techniques de commercialisation pour les non-initiés), j'ai quand même gardé quelques souvenirs sur mes cours de statistiques et d'enquêtes commerciales.

Je ne me place donc aucunement sur le terrain scientifique mais juste sur le terrain de l'échantillon proposé et de ses résultats que je mets en rapport avec ce que l'on sait sur la maladie à l'heure actuelle.

1. On sait que sur 100 patients admis en réanimation, 70 sont des hommes et 30 sont des femmes.

Or l'échantillon étudié par le Pr Raoult contenait 54% de femmes.

Donc l'échantillon n'est pas représentatif.

2. pour des raisons complètement compréhensibles d'effets secondaires dangereux voire mortels, les patients ayant des antécédents cardiaques étaient éliminés du traitement.

Or, là encore, on sait que sur 100 patients admis en réanimation, environ 20% présentent des antécédents de maladies cardiaques (j'ai enlevé les comorbidités plurielles pour ne garder que les problèmes d'ordre cardiaque).

Donc l'échantillon choisi ne peut en aucun cas être comparé aux statistiques en milieu général.

Pour avoir une comparaison recevable, il faudrait qu'on puisse comparer ses résultats à ceux obtenus avec le même échantillonnage, à savoir 540 femmes et 460 hommes dépistés positifs au COVID 19 qui auraient tous été admissibles au traitement du Pr. Raoult sans l'avoir reçu.

3. Il est établi que le taux de mortalité de COVID 19 varie entre 1 et 3% selon les pays et l'état général de santé de la population (voir l'exemple de la Louisiane où c'est un carnage).

Prenons pour postulat qu'il s'élève à 1% en France.

Dans ces 1% dû au COVID 19, 0,7% sont des hommes, 0.3% sont des femmes et 0,2% d'entre eux ont des antécédents de maladies cardiaques, ce qui nous ramène déjà à 0.8% de décès hors maladies cardiaques exclusivement.

Si on rajoute les comorbidités associées (obésité, HTA, diabète, maladies entraînant une déficience immunitaire, etc, dont on ne sait pas si elles n'ont pas été exclues du protocole à Marseille) le taux de mortalité tombe encore sans doute plus bas.

Donc, au vu de tous les éléments donnés plus haut et que je rappelle :

- échantillon non représentatif.

- échantillon incomparable en milieu général.

- ajustement du taux de mortalité.

peut-on légitimement dire que le taux de 0,5% affiché par le Pr. Raoult concernant sa dernière étude soit statistiquement déterminant pour affirmer que son traitement est décisif pour lutter contre le COVID 19 ?

Désolé, mais pour l'instant, non, il n'y a rien de statistiquement déterminant dans cette étude.

Mais, en matière humaine, il n'y pas que les statistiques qui comptent et je laisse chacun libre d'interpréter les chiffres que je donne comme il l'entend...

En attendant, portez vous bien et sortez couverts...

Jean-Yves Cognac.

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