Pr. Raoult : fin de partie ? 2ème ou second chapitre ???

J'ai malheureusement bien peur que ça soit le second et dernier au vu des derniers résultats concernant le traitement à l'hydroxychloroquine-azythromycine...

Sur ce billet du 10 avril je faisais déjà part de mes doutes concernant les résultats statistiques que le Pr. Raoult avait présenté à Not' Bon Mait.

Depuis j'ai eu l'occasion de commenter quelques articles ou billets consacrés au sujet et, pour éviter de me répéter et parce que je suis feignant je vous copie-colle ci dessous les copiés-collés (déjà !!!) de ces commentaires que j'avais déjà édité dans mon billet du 10/04 pour compléter ce dernier et merci de suivre les liens qui sont actifs car ils permettent de mieux comprendre ce dont il est question :

 

Petit rajout avec ce copié-collé d'une réponse de ma part à un commentaire d'Aksavavit sur le fil de commentaires de cet article de Côme Bastin :

"Aujourd'hui 19 avril 2020, son IHU Méditerranée Infection, qui n'est pas une obscure officine mais le centre de référence national pour les maladies infectieuses, excusez du peu, a testé plus de 35 000 patients, en a trouvé 4 520 positifs.

Sur ces 4 520 malades, en tout 97 sont décédés, un taux de mortalité de 2,1 %.

Comparez à la statistique pour la France entière : 152 578 cas de Covid dont 19 718 décès, soit un taux de mortalité de 12,9 %. Six fois plus que chez le Professeur Rebelle."

Sauf, Aksavavit, que pour la France entière, seuls les patients avec de forts symptômes nécessitant prise en charge hospitalière ont été testés (pas les symptomatiques légers qui n'ont pas eu à venir à l'hôpital et encore moins les asymptomatiques) contrairement à Marseille, et notamment à l'IHU, où tout le monde était testé, sans ou avec symptômes, légers ou pas.

Il est généralement admis par les scientifiques que le taux de mortalité ou létalité (je laisse le choix) est compris entre 1 et 3% (selon l'état sanitaire du pays) des patients infectés donc le taux de mortalité ou létalité de l'IHU n'est vraiment pas significatif...

Désolé mais là encore, d'un point de vue strictement statistique, les résultats affichés par l'IHU de Marseille sont loin d'être déterminants vu que la population testée de base n'est absolument pas comparable selon qu'on soit à l'IHU Marseille ou dans le reste de la France...

Avec un taux de mortalité ou létalité affiché de 2,1% à l'IHU de Marseille, on peut même dire qu'il est équivalent au taux généralement admis par les scientifiques.

 

 

Ci-dessous le copié-collé d'un commentaire que je viens de laisser sur le fil du billet de Jacques 89.

Le problème, c'est qu'en France ; hors l'exception de l'IHU de Marseille qui teste toute personne se présentant même sans ou avec des symptômes légers ; seuls sont testés les patients aux symptômes qui s'aggravent.

Lorsque vous avez les premiers symptômes,  vous appelez le 15 qui vous conseille de rester à la maison, de prendre du paracétamol pour lutter contre la fièvre et d'attendre que ça passe donc vous n'êtes pas testé et n'apparaissez pas dans les statistiques des cas testés.

Vous n'apparaitrez dans les statistiques des cas testés que si vos symptômes s'aggravent, que vous rappelez le 15 et que votre état nécessite un passage aux urgences COVID, un dépistage et éventuellement une hospitalisation.

Lorsqu'on sait que de 80 à 85% des patients guériront sans avoir besoin de rappeler le 15 et donc de se faire dépister, cela relativise tout de suite le résultat de régions (Marseille notamment) ou de pays qui pratiquent le dépistage massif quelque soit l'ampleur des symptômes ou même leur absence éventuelle pour les malades asymptomatiques.

Pour pouvoir faire une comparaison valable en terme d'efficacité du service hospitalier, il faudrait alors retenir, au niveau France, les suspicions de cas de COVID 19 en prenant en compte les appels au 15.

Le problème est que les symptômes sont les mêmes que ceux de la grippe saisonnière...

En fait, ce genre d'étude compare ce qui ne peut pas être comparé car les échantillons servant de base au calcul ne sont pas les mêmes.

C'est d'ailleurs tout le problème des résultats affichés par l'IHU de Marseille avec ses 2% de morts pour 4520 cas testés positifs y compris ceux à symptômes légers ou asymptomatiques et traités à la combinaison hydroxychloroquine-azithromycine.

C'est à peu près le même taux de mortalité ou létalité que les scientifiques retiennent pour les patients atteints de COVID 19 sans traitement particulier.

La dernière étude le l'institut Pasteur parle même de 0,5% de taux de mortalité ou létalité mais sans retenir ce dernier chiffre on peut tout de même dire que les résultats des études de l'IHU Marseille ne sont quand même pas très probants et c'est le moins qu'on puisse dire et les résultats d'une dernière étude américaine semble aller dans le sens de ce que je mettais en avant dès le 10 avril dans ce billet à la suite du RV entre Not' Bon Mait' et le Pr. Raoult...

En conclusion, on compare ce qui n'est pas comparable et ça fausse bien les débats engendrant des polémiques sans fin à un moment où on n'en a pas forcément besoin.

 

Pour être clair et au risque de me répéter, je fais un constat uniquement statistique de ce qui semble apparaitre comme une non-efficacité du traitement hydroxychloroquine-azythromycine en m'appuyant sur les chiffres donnés par l'IHU de Marseille lui-même et sur les autres chiffres portés à notre connaissance par les scientifiques au sujet de la maladie COVID 19.

Chiffres qui montrent très clairement que lorsque les échantillons ne correspondent pas (étude de début avril sur 1000 cas faisant l'objet de mon 1er billet), on ne peut établir de comparaison fiable et que dès lors que l'échantillon proposé par l'IHU de Marseille est plus important et correspond à la réalité du pays en entier (2ème étude sur 4520 cas), on retrouve des taux de mortalité tout à fait comparables et donc similaires, ce que semblent confirmer la dernière étude américaine dont j'ai mis le lien dans dans mon commentaire au billet de Jacques 89.

Affaire à suivre quand même...

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