Coronavirus: vers un scénario catastrophe en France ?

Pourquoi il faut agir maintenant.

La France ayant le gouvernement le plus incompétent de l’histoire, doté du plus profond mépris pour l’humain et d’un cynisme qui ne connaît aucune limite (en pleine crise sanitaire, 49.3 + attentisme + volonté acharnée de maintenir les élections municipales —et ainsi d’amoindrir la Bérézina grâce à une participation plus faible ; d’où l’annonce de la mesure d’URGENCE de fermetures des écoles mais EN DIFFERE, soit après les élections, absurdité sans nom— = triomphe de l’économique et du politique sur la santé publique), le pire est à craindre. Avec des médias dont la docilité confine à la flagornerie criminelle (cf. le bal des médias qui, après avoir conspué la Chine pour ses mesures draconiennes mais salutaires, dénigrent l’utilisation des masques de protection, au lieu de mettre en cause la pénurie due au manque d’anticipation du pouvoir, et vont jusqu’à mettre en doute le propos de Merkel selon lequel 60 à 70% des Allemands pourraient être infectés), il est certainement utile de traduire des perspectives plus alarmistes.

Cet article de Medium, média spécialisé dans les questions de santé, inclut un rappel précis des données mondiales, un retour d’expérience d’Italie glaçant (la sursaturation des services médicaux force littéralement les médecins à décider qui va vivre et qui va mourir) et des données très inquiétantes pour la France (le nombre de cas réels y serait 10 à 100 fois supérieur à celui qui est officiellement annoncé, du fait de l’absence de dépistage systématique). Il faut espérer le mieux et craindre le pire (et s’y préparer autant que possible).

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Par Tomas Pueyo

Politiciens, dirigeants communautaires et chefs d’entreprise : que devez-vous faire et quand ?

Source : Medium, le 10 mars 2020

Traduction : lecridespeuples.fr

Avec tout ce qui se passe sur le Coronavirus, il pourrait être très difficile de décider de ce que vous allez faire aujourd’hui. Devriez-vous attendre plus d’informations ? Faire quelque chose aujourd’hui ? Quoi donc ?

Voici les questions auxquelles je vais m’efforcer de répondre dans cet article, avec de nombreux graphiques, données et modèles puisant dans de nombreuses sources :

  • Combien de cas de coronavirus y aura-t-il dans votre région ?
  • Que se passera-t-il lorsque ces cas se matérialiseront ?
  • Que devriez-vous faire ?
  • Quand faut-il agir ?

Lorsque vous aurez fini de lire l’article, voici ce que vous aurez compris :

  • Le coronavirus atteindra inévitablement votre région.
  • Il arrive à une vitesse exponentielle : progressivement, puis soudainement.
  • C’est une question de jours. Peut-être une semaine ou deux.
  • Lorsque cela se produira, votre système de santé sera débordé.
  • Vos concitoyens seront traités dans des couloirs.
  • Les travailleurs de la santé épuisés craqueront. Certains mourront.
  • Ils devront décider quels patients seront intubés et lesquels mourront.
  • La seule façon d’empêcher cela est la distance sociale dès aujourd’hui. Pas demain. Aujourd’hui.
  • Cela implique de garder autant de personnes que possible à la maison, à partir de maintenant.

En tant que politicien, leader communautaire ou chef d’entreprise, vous avez le pouvoir et la responsabilité d’empêcher cela.

Vous pourriez avoir des craintes aujourd’hui : et si je réagis de manière excessive ? Les gens se moqueront-ils de moi ?  Seront-ils en colère contre moi ? Vais-je avoir l’air stupide ? Ne vaudrait-il pas mieux attendre que les autres prennent les premières mesures ? Vais-je trop nuire à l’économie ?

Mais dans 2 à 4 semaines, lorsque le monde entier sera en confinement, lorsque les quelques jours précieux de distanciation sociale que vous aurez permis auront sauvé des vies, les gens ne vous critiqueront plus : ils vous remercieront d’avoir pris la bonne décision.

Allons-y.

1. Combien de cas de coronavirus y aura-t-il dans votre région ?

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Graphique 1 : Total des cas de coronavirus à l’échelle mondiale

Le nombre total de cas a augmenté de façon exponentielle jusqu’à ce que la Chine le contienne. Mais ensuite, il y a eu une fuite du virus à l’extérieur, et maintenant c’est une pandémie que personne ne peut arrêter.

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Graphique 2 : Total des cas de coronavirus hors de Chine

À ce jour, l’épidémie sévit surtout en Italie, en Iran et en Corée du Sud :

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Graphique 3 : Cas de coronavirus par pays

Il y a tellement de cas en Corée du Sud, en Italie et en Chine qu’il est difficile de voir le reste des pays, mais zoomons sur ce coin en bas à droite.

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Graphique 4 : Total des cas de coronavirus par pays (à l’exclusion de la Chine, de la Corée du Sud, de l’Italie et de l’Iran)

Il y a des dizaines de pays avec des taux de croissance exponentiels de sujets infectés. À ce jour, la plupart d’entre eux sont occidentaux.

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Graphique 5 : Taux de croissance quotidien des cas de coronavirus entre le 5 et le 6 mars

Si ce taux de croissance se poursuit pendant une semaine seulement, voici ce que vous obtiendrez :

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Graphique 6 : Prévision des cas de coronavirus par pays (à l’exclusion de la Chine, de la Corée du Sud, de l’Italie et de l’Iran)

Si vous voulez comprendre ce qui se passera ou comment l’éviter, vous devez examiner les pays qui ont déjà traversé cette situation : la Chine, les pays de l’Est ayant une expérience du SRAS et l’Italie.

Chine

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Graphique 7 : Chronologie des événements à Hubei (Source : analyse de Tomas Pueyo sur le graphique et les données du Journal de l’American Medical Association)

C’est l’un des graphiques les plus importants.

Les barres orange montrent le nombre officiel quotidien de cas dans la province de Hubei : combien de personnes ont été diagnostiquées positives ce jour-là.

Les barres grises montrent les véritables cas quotidiens de coronavirus. Surtout, il faut comprendre que ceux-ci n’étaient pas connus à l’époque. Nous ne pouvons que les déduire rétrospectivement, à l’aune des nouveaux cas révélés.

Cela signifie que les barres orange vous montrent ce que les autorités savaient et les grises ce qui se passait réellement.

Le 21 janvier, le nombre de nouveaux cas diagnostiqués (orange) explose : il y a une centaine de nouveaux cas. En réalité, il y a eu 1 500 nouveaux cas ce jour-là, en croissance exponentielle. Mais les autorités ne le savaient pas. Ce qu’ils savaient, c’est que soudainement il y a eu 100 nouveaux cas de cette nouvelle maladie.

Deux jours plus tard, les autorités ont mis Wuhan en confinement. À ce stade, le nombre de nouveaux cas diagnostiqués quotidiennement était d’environ 400. Notez bien ce nombre : ils ont décidé de boucler la ville avec seulement 400 nouveaux cas en une journée. En réalité, il y avait 2 500 nouveaux cas ce jour-là, mais ils ne le savaient pas.

Le lendemain, 15 autres villes de la province de Hubei sont entrées en confinement.

Jusqu’au 23 janvier, date de fermeture de Wuhan, vous pouvez regarder le graphique gris : il croît de façon exponentielle. Les véritables cas explosaient. Dès la fermeture de Wuhan, les cas ralentissent. Le 24 janvier, lorsque 15 autres villes se sont mises en confinement, le nombre de cas réels (encore une fois, en gris) s’arrête. Deux jours plus tard, le nombre maximal de cas réels a été atteint, et il a baissé depuis.

Notez que les cas orange (officiels) continuaient de croître de façon exponentielle : pendant 12 jours de plus, il semblait que cela explosait encore. Mais ce n’était pas le cas. C’est juste que les sujets infectés avaient des symptômes plus forts et allaient plus souvent chez le médecin, et le système déployé pour les identifier était plus performant.

Cette distinction conceptuelle entre cas officiels et cas réels est importante. Gardons-la à l’esprit pour plus tard.

Le reste des régions de Chine a été bien coordonné par le gouvernement central, de sorte qu’il a pris des mesures immédiates et drastiques. Voici le résultat :

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Graphique 8 : Cas de coronavirus (régions de Chine exceptée Hubei vs. Corée du Sud, Italie et Iran)

Chaque ligne plate est une région chinoise avec des cas de coronavirus. Chacune avait le potentiel de devenir exponentielle, mais grâce aux mesures prises fin janvier, toutes ont arrêté le virus avant qu’il ne se propage.

Pendant ce temps, la Corée du Sud, l’Italie et l’Iran ont eu un mois complet pour apprendre, mais ne l’ont pas mis à profit. Ils ont commencé à avoir la même croissance exponentielle que Hubei et ont surpassé toutes les régions chinoises avant la fin de février.

Pays de l’Extrême-Orient

Les cas en Corée du Sud ont explosé, mais vous êtes-vous demandé pourquoi cela ne s’est pas produit au Japon, à Taïwan, à Singapour, en Thaïlande ou à Hong Kong ?

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Graphique 9 : Total des cas de coronavirus en dehors de la Chine

Taïwan n’a même pas atteint le nombre de cas requis pour figurer sur ce graphique, car il n’avait pas le seuil de 50 cas que j’ai utilisé.

Tous ces pays ont été touchés par le SRAS en 2003, et ils en ont tous tiré des leçons. Ils ont appris à quel point une telle épidémie pouvait être virale et mortelle, alors ils ont su la prendre au sérieux. C’est pourquoi tous leurs graphiques, bien qu’ils aient commencé à croître beaucoup plus tôt, ne comportent toujours pas de courbes exponentielles.

Jusqu’à présent, nous avons des histoires d’explosion de coronavirus, de gouvernements réalisant la menace et la contenant. Pour le reste des pays, cependant, c’est une toute autre histoire.

Avant de passer à eux, une note sur la Corée du Sud : le pays est probablement une valeur aberrante. Le coronavirus était contenu pour les 30 premiers cas. Le patient 31 était un super-contaminateur qui l’a transmis à des milliers d’autres personnes. Parce que le virus se propage avant que les gens ne présentent des symptômes, au moment où les autorités ont pris conscience du problème, le virus était déjà là. Elles paient maintenant les conséquences de cette seule instance. Cependant, leurs efforts de confinement commencent à payer : l’Italie l’a déjà surpassée en nombre de cas, et l’Iran le fera demain (10 mars 2020).

Etat de Washington

Vous avez déjà vu la croissance dans les pays occidentaux et à quoi ressemblent les mauvaises prévisions d’une semaine seulement. Imaginez maintenant que le confinement ne se produit pas comme à Wuhan ou dans d’autres pays de l’Extrême-Orient, et vous obtenez une épidémie colossale.

Examinons quelques cas, tels que l’État de Washington, la région de la baie de San Francisco, Paris et Madrid.

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Graphique 10 : Cas dans l’Etat de Washington et taux de mortalité

L’État de Washington est le Wuhan américain. Le nombre de cas y augmente de façon exponentielle. Il est actuellement à 140.

Mais quelque chose d’intéressant s’est produit très tôt. Le taux de mortalité était faramineux. À un moment donné, l’État a eu trois cas et un décès.

Nous savons par ailleurs que le taux de mortalité du coronavirus se situe entre 0,5% et 5% (nous en reparlerons). Comment le taux de mortalité pourrait-il y être passé à 33% ?

Il s’est avéré que le virus se propageait sans être détecté depuis des semaines. Ce n’est pas comme s’il n’y avait que 3 cas en tout et pour tout. La réalité est que les autorités n’en connaissaient que 3, et l’une d’elles est décédée car plus la maladie était grave, plus il y avait de chances que quelqu’un soit testé.

C’est un peu comme les barres orange et grises en Chine : Washington ne connaissait que les barres orange (cas officiels) et ils étaient rassurants (seulement 3 cas). Mais en réalité, il y avait des centaines, voire des milliers de véritables cas.

C’est un problème : on ne connait que les cas officiels, pas les véritables. Mais il faut connaître les vrais chiffres. Comment peut-on estimer les vrais chiffres ? Il se trouve qu’il y a deux façons de le faire. Et j’ai un modèle pour les deux, donc vous pouvez aussi jouer avec les chiffres (lien direct pour copier le modèle).

Tout d’abord, par les décès. Si vous avez des décès dans votre région, vous pouvez utiliser ce chiffre pour deviner le nombre de vrais cas actuels. Nous savons approximativement combien de temps il faut en moyenne à une personne pour passer de l’infection par le virus à la mort (17,3 jours). Cela signifie que la personne décédée le 29 février dans l’État de Washington a probablement été infectée vers le 12 février.

Ensuite, on connaît le taux de mortalité. Pour ce scénario, j’utilise 1% (nous discuterons plus tard des détails). Cela signifie que vers le 12 février, il y avait déjà environ 100 cas dans la région (dont un seul s’est retrouvé mort 17,3 jours plus tard).

Maintenant, utilisez le temps de doublement moyen pour le coronavirus (temps nécessaire pour doubler les cas, en moyenne). C’est 6.2 jours. Cela signifie que, dans les 17 jours qu’il a fallu à cette personne pour mourir, les cas ont dû se multiplier par ~8. Cela signifie que, si vous ne diagnostiquez pas tous les cas, un décès aujourd’hui signifie 800 vrais cas aujourd’hui.

L’État de Washington compte aujourd’hui 22 morts. Avec ce calcul rapide, vous obtenez environ 16 000 véritables cas de coronavirus. Autant de cas que les chiffres officiels de l’Italie et de l’Iran réunis.

Si nous regardons dans les détails, nous nous rendons compte que 19 de ces décès sont survenus dans un même groupe, ce qui pourrait ne pas avoir propagé le virus à grande échelle. Donc, si nous considérons ces 19 décès comme un seul, le nombre total de décès dans l’État est de 4 (22 – 19 + 1 = 4). En mettant à jour le modèle avec ce chiffre, nous obtenons toujours ~3000 cas aujourd’hui.

Une approche de Trevor Bedford examine les virus eux-mêmes et leurs mutations pour évaluer le nombre actuel de cas.

La conclusion est qu’il y a probablement environ 1 100 cas dans l’État de Washington en ce moment.

Aucune de ces approches n’est parfaite, mais elles indiquent toutes le même message : nous ne connaissons pas le nombre de cas réels, mais il est beaucoup plus élevé que l’officiel. Ce n’est pas par centaines qu’il faut compter. C’est par milliers, et peut-être plus.

Région de la baie de San Francisco

Jusqu’au 8 mars, la région de la baie de San Francisco n’a pas eu de mort. Il était donc difficile de savoir combien de cas réels il y avait. Officiellement, il y a eu 86 cas. Mais les États-Unis sous-testent largement car ils n’ont pas assez de kits. Le pays a décidé de créer son propre kit de test, qui s’est avéré ne pas fonctionner.

Voici le nombre de tests effectués dans différents pays au 3 mars :

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Sources pour chaque donnée ici

La Turquie, sans cas de coronavirus, a subi 10 fois plus de tests par habitant que les États-Unis. La situation n’est pas beaucoup meilleure aujourd’hui, avec environ ~8 000 tests effectués aux États-Unis, ce qui signifie que ~4 000 personnes ont été testées (le nombre de tests équivaut au nombre de prélèvements réalisés, et il y en a 2 à 3 par personne).

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Graphique 10b : Dépistages de coronavirus réalisés par million de personnes dans chaque pays

Ici, on peut simplement utiliser un ratio cas officiels / vrais cas. Comment décider lequel ? Pour la région de la baie de San Francisco, ils testaient tous ceux qui avaient voyagé ou étaient en contact avec un voyageur, ce qui signifie qu’ils connaissaient la plupart des cas liés aux voyages, mais aucun des cas de propagation dans la communauté. En ayant une idée du taux de propagation communautaire par rapport au taux de propagation dû aux voyages, vous pouvez savoir combien de cas réels il y a.

J’ai examiné ce ratio pour la Corée du Sud, qui dispose des données très précises. Au moment où ils ont eu 86 cas, le pourcentage d’entre eux issus de la propagation communautaire était de 86% (l’identité entre 86 et 86% est une coïncidence).

Avec ce nombre, vous pouvez calculer le nombre de cas réels. Si la région de la baie de San Francisco compte aujourd’hui 86 cas, il est probable que le nombre réel soit d’environ 600.

France et Paris

La France revendique aujourd’hui 1 400 cas et 30 décès [au 11 mars, ces chiffres ont bondi à 2 281 cas pour 48 décès, soit un taux de mortalité ‘officiel’ de 2.1%]. En utilisant les deux méthodes ci-dessus, vous pouvez avoir une gamme des cas réels : entre 24 000 et 140 000.

Le nombre réel de cas de coronavirus en France aujourd’hui devrait se situer entre 24 000 et 140 000 [soit de 39 000 à 228 000 au 11 mars].

Je répète : le nombre de cas réels en France est susceptible d’être entre 10 à 100 fois supérieur à celui qui est officiellement annoncé.

Vous ne me croyez  pas ? Regardons à nouveau le graphique de Wuhan. [...]

Lire la suite sur : https://lecridespeuples.fr/2020/03/12/coronavirus-vers-un-scenario-catastrophe-en-france/

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