Nasrallah : l'armée israélienne sera annihilée devant les caméras du monde entier

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 2 mai 2019, à l'occasion de la commémoration du martyre du Commandant Mostapha Badreddine dit 'Zulfiqar', tué en Syrie en mai 2016.

Traduction : sayed7asan.blogspot.fr 

Hassan Nasrallah : si l'armée israélienne envahit le Liban, elle sera annihilée © Sayed Hasan

Transcription :

[...] La première question que je vais évoquer est celle d'Israël. J'ai deux points à aborder au sujet d'Israël.

Premier point : il y a aujourd'hui une atmosphère (de peur) dans notre pays, entretenue publiquement et secrètement par les Etats-Unis, certains pays européens et certains pays du Golfe, ainsi que certains médias arabes et du Golfe, à savoir les affirmations répétées... Parfois, ces propos me sont attribués, et lorsque je les nie, ils cessent de me les attribuer mais les colportent eux-mêmes – certains journalistes, médias, de (prétendues) fuites et analyses, etc. Je veux parler de la menace permanente d'une guerre (israélienne) contre le Liban. (A en croire ces journalistes), Israël est sur le point d'attaquer, Israël veut lancer une guerre, Israël va détruire le pays, faites attention ô les Libanais, etc.

A quoi vise cette intimidation permanente ? A contraindre (les Libanais) à supprimer les causes susceptibles de pousser Israël à une guerre. Il ne s'agit pas seulement de déclarations médiatiques, politiques ou diplomatiques constituant une simple guerre psychologique ambiante. Je tiens aujourd'hui à déclarer aux Libanais et à tous ceux qui s'intéressent à la situation au Liban : en ce qui concerne (l'ennemi) israélien, toute (cette campagne d'intimidation) a un but, et je vais indiquer ce but.

Cette intimidation (permanente) constitue une vaste guerre psychologique, politique, diplomatique à travers les Etats et les ambassades et médiatique, visant à faire pression sur le gouvernement libanais, les responsables libanais et le peuple libanais, afin qu'ils se soumettent et fassent des concessions. Comme vous le savez, Pompeo est venu, et avant lui [David] Satterfield, et avant lui David Hill, et avant lui [Frederick] Hoff, et qui sais-je encore, (pour évoquer) la question de la frontière terrestre (entre le Liban et la Palestine occupée). Et il y a des zones très sensibles à la frontière terrestre, très sensibles au sens stratégique. Il y a (aussi) une dispute quant à la frontière maritime. La question de la frontière maritime n'est pas seulement une question (de quantité) d'eau et d'étendue géographique, mais elle concerne les ressources en pétrole et en gaz qui y sont supposées présentes.

Nous avons donc :

1/ La question de la frontière terrestre, qui doit être résolue, via des négociations naturellement.

2/ La frontière maritime, et la question du gaz et du pétrole, qui doit être tranchée entre le Liban et Israël.

3/ La question des fermes de Chebaa (territoire libanais occupé par Israël) : après que M. Trump ait accordé ce qu'il ne possède pas, à savoir le Golan, à qui ne le mérite pas, à savoir Israël, il reste la question des fermes de Chebaa qui est le troisième point (contentieux).

4/ La question de la force et de la puissance du Liban, incarnée par (l'équation) Armée-Peuple-Résistance, et dans cette équation, c'est la Résistance qui est ciblée tout particulièrement. La Résistance est visée tout particulièrement.

En somme, (le message de ces intimidations est le suivant) : « Si vous ne voulez pas qu'Israël vous envahisse, vous devez vous couper la main. Vous devez vous débarrasser de votre élément de force. Vous devez abandonner la capacité de dissuasion que vous, Libanais, possédez face à Israël. » Et c'est pour cela que vont et viennent les ambassadeurs, Pompeo et tout le monde pour parler d'une seule chose : les missiles de la Résistance. Car le véritable problème pour Israël est notamment les missiles de la Résistance.

Donc dans quel cadre s'inscrivent ces intimidations aujourd'hui ? « Attention, si vous ne faites pas de concessions sur vos frontières (terrestres), si vous n'acceptez pas ce qu'on vous accordera comme frontière maritime, si vous n'oubliez pas les fermes de Chebaa, si vous ne réglez pas le problème de la Résistance, des armes de la Résistance et des missiles de la Résistance, Israël va vous tomber dessus.
» Telle est la teneur du message qu'on nous adresse en boucle  depuis des semaines et des mois, et qui se poursuit.

Permettez-moi de réagir brièvement à cela, même si aujourd'hui, je ne veux pas faire d'évaluation (détaillée) de la situation, mais il me suffit de déclarer ceci : ô mes frères, ô (peuple) libanais, ne laissez personne vous intimider ou mener de guerre psychologique contre vous. Vous n'êtes pas faibles. Le Liban est fort, via son armée, son peuple et sa Résistance. Le Liban possède une très grande force, une force véritable qui n'est pas une simple force d'apparat. Nous ne donnons pas du tout dans les parades (militaires), moins que quiconque. Nous ne faisons pas de manifestation de force. Nous sommes une force véritable et sérieuse.

Lorsque nous considérons les débats en cours au sein de l'entité ennemie, nous voyons que les grands experts militaires israéliens, bien qu'ils soulignent les nombreux points de force d'Israël, soulignent (également) leurs gros points de faiblesse, qui sont nombreux et mortels. Et du côté libanais, pour être réalistes, il faut reconnaître que le Liban a de nombreux points de faiblesse, mais il a également de nombreux points de force de toute première importance, mortels et décisifs (face à Israël). Il faut prendre cela en considération.

Aujourd'hui, la a Résistance (reste puissante) malgré toutes les sanctions (imposées à l'Axe de la Résistance) et toutes les difficultés rencontrées, mais depuis bien longtemps, tout cela a été vain, et (nos ennemis) ont été incapables d'entamer la force, les capacités et l'état de mobilisation (permanente) de la Résistance au Liban. Et c'est pourquoi il n'y a pas lieu (pour quelque libanais que ce soit) de se soumettre, d'avoir peur, etc.

Cet Israël voudrait lancer une guerre (contre nous) ? Qu'ils viennent donc ! Qu'ils viennent donc, (s'ils l'osent) ! Pour qu'Israël puisse lancer une guerre contre le Liban, tous (les dirigeants politiques et militaires) en Israël sont unanimes pour dire que cette guerre devra être rapide et brève, décisive, et déboucher sur une victoire claire et sans appel (pour Israël). Comment un tel résultat pourra-t-il être obtenu ? Qui pourra réaliser une telle chose ? Qui donc ? Ce temps est révolu.

Aujourd'hui, je peux rappeler une nouvelle fois et confirmer... Je ne vais pas parler à nouveau (en détail) des points de faiblesse de l'ennemi, de l'ammoniaque à Haïfa, ou d'autre chose encore à Haïfa qui a été révélé dernièrement, et qui, s'il était frappé par un seul de nos missiles, ferait encore plus de dégâts qu'un missile sur les entrepôts d'ammoniaque de Haïfa... Je ne vais pas parler de la puissance de feu et de la capacité balistique du Hezbollah, etc., etc., etc. Il y a un développement très important dont Israël ne cesse de débattre, à savoir de la capacité terrestre offensive et défensive du Hezbollah. Notre Résistance possède certes la capacité d'envahir la Galilée, et même l'ennemi (israélien) le reconnaît. Mais je ne veux pas parler de ce point aujourd'hui, je ne parle que du minimum, le minimum absolu de nos capacités, et je vous affirme qu'Israël le prend parfaitement en compte dans ses calculs.

Cet Israël qui a peur de s'aventurer à Gaza, alors que Gaza est assiégée de toutes parts, et exposée de toutes parts, cet Israël oserait entrer au Sud (du Liban) ? Ils oseraient envahir le Sud ? S'ils veulent envahir (le Sud-Liban), ils ne pourront le faire qu'avec des bataillons et des brigades (entiers). Aujourd'hui, à l'occasion de la commémoration annuelle du Commandant martyr Sayed Badr al-Dine, je vous réaffirme, au nom de vos frères et de vos fils de la Résistance Islamique (Hezbollah), et c'est là une promesse catégorique et (absolument) certaine : les brigades et les bataillons qui auront l'idée d'entrer au Sud-Liban seront détruits et annihilés, et les chaînes de télévision du monde entier diffuseront ce spectacle, avec la grâce de Dieu !

[Audience : A ton service, ô Nasrallah !]

Par le passé, Yithzak Rabin, qui est un Premier ministre historique, et qui avait été Ministre de la Défense, c'est-à-dire Ministre de la Guerre, et chef d'état-major, un dirigeant historique dans la mémoire collective de l'entité israélienne, que disait-il après l'an 2000 ?... Pardon, avant (2000). Il disait : « Lorsqu'on regarde le Sud du Liban, on y voit des montagnes, des collines, des vallées et des villages complètement paisibles, mais on ne sait pas ce qui se cache dans et derrière ces montagnes, ces collines, ces vallées, ces villages, ces maisons et ces sentiers paisibles (en apparence). Et on ne peut donc pas y s'y aventurer. » Pourquoi est-ce qu'ils ne pouvaient pas s'y aventurer ? Car le temps ou un simple groupe de musique israélien pouvait occuper le Liban est révolu, ô Libanais ! Et après toutes ces longues expériences, vous devez en être convaincus !

Il y a encore des gens au Liban qui vivent encore dans la culture et les sentiments de faiblesse et d'incapacité face à Israël. Ces gens-là sont effectivement prêts à se soumettre (aux diktats américano-israéliens). Quant à ceux qui ont confiance en leur Dieu, en leur peuple, en leur armée, en leur Résistance et en leur capacité d'infliger des défaites historiques à l'ennemi, ils n'ont pas le droit de se soumettre, de céder le moindre pouce de terre ou grain de sable (de leur territoire), ni, comme le dit le Professeur Nabih Berri, Président de la Chambre des Députés, de céder le moindre verre d'eau (de leurs eaux territoriales), ni de céder le moindre pan de la dignité nationale, ni quoi que ce soit qui touche à notre souveraineté. C'est lorsque nous avons la conviction d'être forts et puissants que nous pouvons œuvrer diligemment à obtenir les droits (territoriaux et maritimes) du Liban. [...]

Deuxième partie sur les fermes de Chebaa à venir.

« Chaque somme compte, car un peu d'argent ici ou là, c'est comme des gouttes d'eau qui peuvent devenir des rivières, des fleuves ou des océans... » Hassan Nasrallah

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