Cuba, Iran, Russie : une rentrée scolaire sous haute surveillance

  • Rentrée scolaire atypique à Cuba
  • Iran : une nouvelle année scolaire largement en distanciel face au coronavirus
  • Tests massifs, contrôles de température, gestion des flux d’élèves mais pas de masques : l’école reprend en Russie

Rentrée scolaire atypique à Cuba

Portant un masque obligatoire et accueillis par des agents de santé à l’entrée, des centaines de milliers d’élèves ont repris les cours dans les écoles du centre et de l’est de Cuba ce mardi.

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Source : On Cuba News, 2 septembre 2020

Traduction : lecridespeuples.fr

À l’exception de La Havane, l’épicentre de l’épidémie de COVID-19 sur l’île, et de quelques autres villes, la rentrée des classes à Cuba a eu lieu mardi 2 septembre, au milieu d’une deuxième vague d’infections de coronavirus après plus de six mois d’une fermeture anticipée sans précédent de tous les établissements scolaires.

Vêtus d’un masque obligatoire (c’est le cas pour tous les Cubains depuis le début de l’épidémie) et reçus par des agents de santé à l’entrée, des centaines de milliers d’élèves sont retournés dans les écoles du centre et de l’est de Cuba ce mardi. Cette « rentrée scolaire » atypique englobe également certains territoires occidentaux, où se concentrent la plupart des cas actifs du virus.

Quelles sont les mesures qui doivent être respectées dans les centres éducatifs à Cuba pendant la reprise de l’année scolaire ? Les voici :

Mesures hygiéniques et sanitaires à respecter impérativement dans les écoles :

  • les activités matinales collectives sont éliminées
  • la prise de température doit être effectuée quotidiennement, et l’entrée doit être interdite aux élèves et travailleurs présentant des symptômes respiratoires
  • utilisation obligatoire du masque chirurgical pour les élèves et travailleurs
  • lavage des mains et utilisation du gel hydroalcoolique dans les zones communes
  • désinfection des tables, ordinateurs, télévisions, télécommandes, jouets, entre autres moyens d’enseignement
  • inspections quotidiennes, pour éviter la prolifération d’autres maladies contagieuses
  • la prise de température doit être effectuée aux points de rendez-vous des étudiants dans les centres internes en présence du personnel de santé (Tweet du Ministère de l’instruction cubain)

Les récents rebonds de l’épidémie de coronavirus assigneront quelque 355 000 élèves de La Havane à résidence, mais aussi de six villes des régions de Pinar del Río, d’Artemisa, de Matanzas (ouest) et de Villa Clara (centre) où la maladie circule.

Les universités de la capitale ne rouvriront pas leurs portes tant que la situation sanitaire ne s’améliorera pas dans la ville, de nouvelles mesures restrictives ayant été imposées dès ce mardi pour tenter de contrôler l’épidémie de coronavirus dans ses quinze arrondissements.

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La pandémie, qui compte déjà 4 065 cas positifs et 95 morts, a réalisé ce que des décennies d’embargo américain et de crise économique n’ont pas pu faire : les parades de masse traditionnelles, les célébrations religieuses et la scolarité ont été annulés, une alternative à laquelle le gouvernement a résisté depuis le début.

Cours interrompus

Cuba, pour qui l’éducation gratuite et universelle est l’un des principaux piliers de sa Révolution, a commencé l’année scolaire 2019-2020 en septembre dernier avec près de 2 millions d’élèves et quelque 9 000 enseignants de plus que lors de la période précédente.

Face au tollé des parents et à la propagation rapide des cas de COVID-19, les cours ont été interrompus fin mars dernier avec à l’origine l’intention de les reprendre un mois plus tard.

La reprise de la période scolaire était en suspens après le pic d’avril, lorsque l’île a signalé le plus grand nombre de cas lors de la première vague de contagions.

En juin, le gouvernement a déclaré la maladie contrôlée et a annoncé le début du plan national de réouverture, qui prévoyait un retour à l’école en septembre, lorsque le pays était censé être avancé dans la désescalade de la quarantaine.

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Cependant, des flambées récentes dans la zone ouest ont compromis le retour à la normale, les chiffres quotidiens dépassant le pic d’avril, en particulier à La Havane.

Malgré cela, les autorités ont mis en œuvre le retour dans les salles de classe dans le reste du pays, dans la troisième et dernière phase de désescalade. La zone ouest est pratiquement isolée depuis ce mardi.

Masques et tests PCR

L’année scolaire 2019-2020 redémarre ce mardi et se terminera le 31 octobre, mois au cours duquel se dérouleront les examens d’entrée à l’enseignement supérieur, reportés depuis mai. La période 2020-2021 devrait débuter en novembre, selon le calendrier officiel.

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Tout comme la réouverture, la « rentrée scolaire » à Cuba se fera également par étapes : les élèves des provinces qui reprennent les cours ne commenceront pas en même temps, ni ne resteront dans les établissements en même temps.

La ministre cubaine de l’Éducation Ena Elsa Velázquez a récemment expliqué que l’enseignement secondaire, pré-universitaire et polytechnique avait réorganisé ses calendriers afin que les élèves y assistent un jour sur deux et garantissent ainsi des espaces pour les écoles primaires voisines qui doivent décongestionner leurs salles de classe.

Après une précédente tournée de 1 500 centres à travers le pays, Velázquez a reconnu que les problèmes d’approvisionnement en eau persistaient dans beaucoup d’établissements et que dans d’autres, les améliorations prévues pendant cette pause de six mois n’étaient pas terminées.

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Les mesures préventives comprennent le port obligatoire de masques pour les élèves et les enseignants, la prise de température, la désinfection des mains, l’interdiction d’entrée pour quiconque présentant des symptômes respiratoires, l’accès interdit à toute personne extérieure et des heures de récréation et de déjeuner différentielles.

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Les autorités ont également affirmé qu’elles effectueront des tests PCR aléatoires pour détecter d’éventuels cas asymptomatiques.

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« Si nous nous y prenons bien, nous pouvons avancer dans l’année scolaire », a insisté le Président cubain Miguel Díaz-Canel lors d’une réunion avec ses ministres.

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Polémique sur les réseaux sociaux

Malgré les mesures annoncées par le gouvernement et la campagne dans les médias d’État sur les préparatifs de la rentrée scolaire, de nombreux parents cubains hésitent à envoyer leurs enfants à l’école, malgré le fait que sur l’île, l’enseignement est obligatoire jusqu’à 14 ans.

Comme de coutume depuis l’arrivée il y a près de deux ans de l’Internet mobile dans le pays, les réseaux sociaux sont les principaux espaces de polémique et accumulent les commentaires contre la reprise de l’année scolaire en présentiel, au profit des classes télévisées, du moins jusqu’à ce que la situation se stabilise.

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« Les dirigeants du pays doivent mieux réfléchir à cette décision. Les derniers jours montrent que la situation devient incontrôlable dans le pays. Un événement de transmission dans une école serait désastreux », a déclaré un internaute dans la section commentaires du site Web de l’État Cubadebate.

D’autres internautes font la promotion du hashtag #MisHijosSeQuedanEnCasa (Mes enfants restent à la maison) sur Twitter contre une mesure qu’ils jugent « précipitée », même s’il faut s’attendre à ce que la grande majorité des parents cubains envoient leurs enfants à l’école.

Et La Havane ?

Au cours de la première quinzaine de septembre, La Havane fera l’objet des mesures restrictives les plus fortes depuis le début de l’épidémie, notamment un couvre-feu nocturne sans précédent, la limitation de la circulation des personnes et des voitures et l’interdiction d’entrer et de sortir de la ville (seule la délivrance d’un laisser-passer pour motif impérieux peut le permettre). Toute violation est sévèrement punie, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 125 dollars, plus de trois fois le salaire mensuel moyen, voire des peines de prison.

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Comme dans le reste des territoires qui ne commenceront pas les cours en présentiel, les élèves de La Havane recevront les enseignements à la télévision, qui prévoit des cours pour tous les niveaux, y compris l’éducation spéciale et les écoles d’art.

La seule exception dans la capitale sera les crèches publiques, qui n’ont pas complètement fermé (bien qu’elles aient réduit leurs inscriptions) même au pic de la pandémie.

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Iran : une nouvelle année scolaire largement en distanciel face au coronavirus

Source : RFI, le 5 septembre 2020

Traduction : lecridespeuples.fr

L’année scolaire en Iran a commencé samedi 5 septembre après un arrêt de près de six mois en raison de la pandémie du nouveau coronavirus, les parents exprimant leurs inquiétudes malgré l’engagement des autorités à appliquer strictement les protocoles de santé.

Quelque 15 millions d’élèves de la République islamique ont repris les cours, pour la plupart à distance, alors que le pays continue de lutter contre l’épidémie de COVID-19, la plus meurtrière du Moyen-Orient avec plus de 22 000 morts et plus de 384 000 infectés depuis que les premiers cas ont été confirmés en février.

Le premier jour de cours au lycée Nojavanan, dans le nord-est de Téhéran, a vu la présence d’un grand nombre de fonctionnaires et de journalistes, ainsi que d’élèves.

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Le Président Hassan Rohani est apparu dans une vidéo pour inaugurer la nouvelle année académique à l’école, une rupture avec la tradition qui a suscité les critiques de certains Iraniens en ligne qui estimaient qu’il aurait dû venir en personne à partir du moment où les élèves devaient être présents.

Le ministre de l’Éducation, Mohsen Haji-Mirzaei, a cherché à apaiser les inquiétudes des parents dans un discours prononcé après qu’il ait sonné la cloche pour lancer la nouvelle année scolaire.

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« J’espère que les familles nous font confiance, et soyez assuré que le ministère fera preuve de la plus grande vigilance » concernant les protocoles de santé, a-t-il déclaré.

Les élèves et les autres participants portaient des masques et devaient traverser un tunnel de désinfection, faire vérifier leur température et s’asseoir dans la cour d’école en respectant les distances sociales.

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Selon le groupe national de travail anti-virus, les autres mesures sanitaires dans les écoles consistent à limiter les cours à 35 minutes et à imposer aux élèves et au personnel de rester à un mètre l’un de l’autre et à porter des masques.

Rouhani sous le feu des critiques

Lors de son discours vidéo, Rouhani a souligné la nécessité pour les élèves d’observer les protocoles de santé, appelant à la « discipline la plus stricte » dans le respect des mesures.

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Le choix de Rouhani de ne pas assister à la cérémonie d’ouverture en personne a suscité les critiques de certains.

« Rouhani a sonné la cloche (pour commencer l’année scolaire) à distance, puis il s’attend à ce que j’envoie mon fils en personne ? », a écrit le journaliste réformiste Maziar Khosravi sur Twitter.

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Le producteur de films conservateur Mahmoud Razavi a fait écho à Khosravi dans un tweet, disant : « Comment peuvent-ils s’attendre à ce que les gens fassent confiance aux protocoles quand le Président lui-même ne le fait pas, et à ce qu’ils envoient leurs proches à l’école ? » [Critique gratuite : la présence du Président et de ses services de sécurité aurait constitué un poids supplémentaire, alors que tout est fait pour alléger la présence physique des personnes non essentielles & des élèves eux-mêmes ; en Iran, le Covid est moins meurtrier qu’en France, mais les mesures sanitaires sont plus drastiques, même dans les écoles ou l’enseignement à distance reste dominant].

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Le gouvernement de Rouhani avait été critiqué avant la réouverture des écoles, le chef du conseil médical iranien, Mohammadreza Zafarghandi, écrivant une lettre ouverte dans laquelle il qualifiait les protocoles de santé proposés de contre-productifs, car les élèves pouvaient propager le virus s’ils étaient infectés mais asymptomatiques.

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« Stressant »

Cette préoccupation était partagée par certains enseignants, parents et élèves de l’école Nojavanan.

« Contrôler (la propagation du COVID-19) est très difficile… tout comme apprendre aux enfants à respecter les protocoles de santé et la distance sociale », a déclaré le directeur de l’école, Nasrin Mobini, à l’AFP.

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« Nous sommes tous inquiets, mes collègues, les parents, tout le monde. »

Le professeur de littérature Amiri, 60 ans, a déclaré que le retour des élèves à l’école était « stressant », mais qu’il était important que les premiers cours se déroulent en personne afin que les enseignants et les élèves puissent se connaître.

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Une mère a déclaré qu’elle avait emmené son fils pour la journée d’ouverture avec « inquiétude », mais qu’elle préférait l’éducation en présentiel à partir du moment où les protocoles de santé étaient « vraiment » respectés.

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De nombreux élèves ont partagé les inquiétudes de leurs parents, mais étaient heureux de retourner à l’école.

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« Nous sommes heureux que les écoles aient rouvert, mais… c’est toujours dangereux pour nous et pour les autres », a déclaré Askhan, 14 ans.

La plupart des cours devraient avoir lieu à distance, bien que certains élèves, y compris ceux des écoles maternelles et élémentaires, suivent des cours en présentiel par intermittence.

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Ava Golkar, 33 ans, chef du département d’anglais à l’école primaire de Soroush dans le nord de Téhéran, a déclaré à l’AFP que seuls cinq élèves ont assisté à la journée d’ouverture en personne, tandis que les autres y ont assisté en streaming vidéo.

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Voir ce lien pour une galerie de photographies plus complète sur la rentrée en Iran.

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Tests massifs, contrôles de température, gestion des flux d’élèves mais pas de masques : l’école reprend en Russie

Les cérémonies pittoresques sont maintenues alors que les administrateurs tentent de maintenir le COVID-19 hors des écoles. La Russie produit massivement vaccins & médicaments pour stopper l’épidémie.

Source : CBC News, 4 septembre 2020

Traduction : lecridespeuples.fr

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La distanciation physique ne fait pas partie des plans de réouverture des écoles russes. Les élèves s’assoient aussi près les uns des autres que d’habitude.

Alors que les enfants russes sont retournés à l’école cette semaine après une interruption de six mois, peu de masques ou de distanciation physique étaient observés, mais on pouvait voir de nombreuses preuves d’autres mesures visant à maintenir le COVID-19 hors des salles de classe du pays.

« Nous sommes si heureux qu’ils soient de retour à l’école dans un format plus traditionnel et non pas comme c’était le cas en mars et avril », a déclaré Sergei Yerofeev à CBC News alors qu’il attendait fièrement avec son fils de cinq ans Sasha à l’école de Balashikha, une ville-dortoir à environ 30 kilomètres de Moscou.

Comme beaucoup d’autres pays, la Russie a arrêté l’enseignement en classe en mars alors que les cas de coronavirus augmentaient, laissant les enfants suivre leurs cours à distance.

CBC News a demandé à visiter l’école pour examiner les précautions prises par le gouvernement russe contre le COVID-19, et la direction a accepté.

Le premier jour de classe est connu sous le nom de Den Znanii ou « Jour de la connaissance » et se veut une célébration de l’éducation.

Ce jour-là, les enfants portent des bouquets de fleurs richement garnis et les offrent à leurs professeurs, et leurs bureaux sont décorés de ballons. Les parents ont exprimé leur soulagement que même au milieu d’une pandémie, certaines traditions et cérémonies n’avaient pas été sacrifiées dans la bataille contre le COVID-19.

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Sergei Yerofeev et sa famille devant l’école de Balashikha le premier jour de cours.

« Nous sommes optimistes », a déclaré Yerofeev à propos du retour des enfants ensemble en toute sécurité dans un cadre scolaire. « Je ne me sens pas inquiet. »

Même si de nombreux éducateurs en dehors de la Russie exhortent les enfants à éviter de se toucher ou d’entrer en contact direct les uns avec les autres, à l’école de Balashikha, les nouveaux élèves de première année se sont tenus la main et sont entrés ensemble par les portes d’entrée du bâtiment.

Alors que de nombreuses provinces canadiennes ont opté pour l’utilisation de masques, des regroupements plus petits dans les salles de classe et une distance physique maximale, la Russie a mis l’accent sur des priorités différentes.

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Les enfants se lavent les mains à l’école Balashikha juste à l’extérieur de Moscou.

Sa formule repose sur des tests de masse des employés de l’école, des contrôles quotidiens de la température et un lavage intensif des mains pour tous.

Les heures de début des cours des élèves ont été décalées pour éviter les foules aux entrées et les enfants qui alternent généralement entre les salles de classe resteront au même endroit, tandis que les enseignants se déplaceront.

« Nos autorités prennent toutes les précautions nécessaires pour éviter la propagation du virus dans l’école. Je pense que nous sommes plutôt en sécurité », a déclaré la professeure d’anglais Elena Arkhipova à CBC.

Tests de masse

Les autorités sanitaires de Moscou affirment que dans les semaines qui ont précédé le début des cours, elles ont testé plus de 180 000 enseignants et membres du personnel de soutien qui travaillent dans le vaste système scolaire de la ville, avec environ 3% d’entre eux (soit 5 500 personnes) testés positifs. Ceux-ci ont été renvoyés chez eux.

Arkhipova a déclaré que les données suggèrent que les élèves courent un très faible risque de contracter le COVID-19 via les enseignants, ce qui rend également le port de masque inutile.

« C’est assez inconfortable pour un enseignant de porter un masque, et aussi pour les élèves. Tous les enseignants ont été testés et n’ont pas la maladie », a déclaré Arkhipova.

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Évoquant plus un aéroport qu’une école, des scanners de haute technologie surveillent la température de tous ceux qui entrent dans l’école de Balashikha.

L’école de Balashikha a installé des dispositifs sophistiqués de contrôle de la température près de la porte d’entrée, un peu comme ce que de nombreux aéroports utilisent maintenant pour contrôler les passagers. Lorsque les enfants entrent à l’intérieur, des caméras prennent leurs photos et un thermomètre scanne leur température. Les résultats sont affichés sur un moniteur pour le personnel de sécurité.

Une équipe de techniciens d’assistance conserve également des thermomètres électroniques portables en cas de dysfonctionnement de l’appareil.

La chaîne de télévision nationale russe Rossiya 1 a rapporté que les écoles devront surveiller de près le fonctionnement du nouveau système et rendre compte de tout problème.

« Les écoles saisiront des informations sur ce que ressentent les enfants dans la base de données », a déclaré une publication sur le site Web de la chaîne. « Cela permettra d’avoir une image réelle et de suivre la dynamique de la propagation des maladies virales. »

Les parents et les élèves qui découvraient les nouvelles mesures pour la première fois cette semaine semblaient généralement favorables à celles-ci.

« Je pense que le COVID-19 va simplement nous contourner », a déclaré Victoria Veprentsev, mère de famille.

« S’il y a une deuxième vague, alors nous remettrons les masques », a déclaré Miron Yurin, qui commence sa deuxième année de lycée. « Mais pour le moment, tout va bien. »

Voir A Moscou, le port du masque et de gants est obligatoire, et les amendes pleuvent

La Russie a officiellement dépassé un million de cas de coronavirus plus tôt cette semaine, le quatrième plus grand total de personnes infectées au monde. Cependant, les chiffres officiels du gouvernement suggèrent que le taux d’infections est environ la moitié de ce qu’il était à son apogée à la fin du printemps.

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Les résultats d’un dépistage de la température sont affichés sur un moniteur pour les responsables de la santé scolaire.

Pourtant, environ 5 000 personnes par jour continuent à être testées positives, selon l’agence nationale de la santé. De nombreux observateurs occidentaux remettent cependant en question les statistiques russes, notant que le nombre de décès du pays (17 400) est nettement inférieur à celui de la plupart des pays européens [ce qui ne contredit pas tant la vraisemblance que le complexe de supériorité occidental].

La leçon de Poutine

Le Président Vladimir Poutine a lancé le début de l’année scolaire lundi 1er septembre lors d’une téléconférence où il a fait référence aux défis éducatifs posés par le COVID-19.

« Ces restrictions sont nécessaires pour protéger votre santé et celle des autres autour de vous : vos grands-parents, vos parents et tout le monde à l’école et à la maison », a déclaré une transcription des remarques de Poutine fournie par le Kremlin.

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Au bout de six mois, les écoliers russes sont de retour à leur bureau et avec leurs professeurs.

Il a ensuite longuement parlé de la nécessité de s’informer sur les victoires russes pendant la Seconde Guerre mondiale, que les Russes appellent la Grande Guerre patriotique, la leçon inaugurale cette année étant dédiée au 75e anniversaire de la victoire de 1945.

Vaccin controversé

Le gouvernement russe compte également sur son fameux vaccin contre le coronavirus surnommé Spoutnik V pour garantir que les salles de classe du vaste pays restent ouvertes.

Le premier lot d’inoculations de masse impliquant jusqu’à 40 000 personnes débutera plus tard ce mois-ci dans le cadre d’un essai de phase 3, selon le ministre de la Santé Mikhail Murashko, alors même que les immunologistes à l’extérieur du pays se demandent ouvertement si le vaccin fonctionnera réellement.

Voir Face à l’annonce par la Russie d’un vaccin contre le Covid-19, les médias basculent dans le camp des anti-vaccins

Jusqu’à présent, il n’a été testé que sur quelques dizaines de patients et le Gamaleya Research Institute, qui développe le vaccin, n’a pas encore publié ses résultats dans des publications évaluées par des pairs [c’est chose faite depuis le 4 septembre, un article de Gamaleya sur la question étant paru dans le Lancet].

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Spécialiste participant à la production du vaccin Gam-COVID-Vac contre le COVID-19 développé par l’Institut national de recherche Gamaleya en épidémiologie et microbiologie et le Fonds d’investissement direct russe de la société pharmaceutique Binnopharm, Zelenograd, le 7 août 2020.

Dmitry Belousov, le directeur de l’école de Balashikha, a reconnu que certains enseignants étaient inquiets face au vaccin, mais il s’attend à ce que la plupart d’entre eux acceptent finalement l’injection. Le gouvernement insiste sur le fait que la prise du vaccin sera volontaire, mais certains groupes d’enseignants n’en sont pas convaincus.

« Nous avons mené une enquête auprès des employés. C’était une conversation informelle et j’ai vu qu’il y avait des doutes », a déclaré Belousov à CBC.

« Si vous prenez le risque de prendre un vaccin ou de rester en vie, il vaut mieux vous assurer. Je pense que c’est une certaine forme d’assurance. »

Les parents semblaient également mitigés.

« Eh bien, pour être honnête, bien sûr, c’est effrayant », a déclaré Alexander Ryzhkov, qui a une fille en 3e. « Nous ne savons pas de quel type de vaccin il s’agit vraiment. »

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