Covid-19: face aux accusations politico-médiatiques, la réponse cinglante de la Chine

Via son ambassade en France

Voir ci-dessous les différents communiqués de l’ambassadeur de France en Chine dénonçant les attaques racistes et calomnieuses des élites politico-médiatiques en France et en Occident visant à justifier leur propre incompétence. Ces déclarations lui ont valu une convocation par le Ministre des Affaires Étrangères français mardi 14 avril.

La Maison Blanche pousse les autorités américaines à critiquer la Chine pour avoir « dissimulé » le coronavirus

Un câble du Département d’État obtenu par The Daily Beast indique que les États-Unis et le peuple américain sont les « plus grands humanitaires que le monde ait jamais connus ».

Source : The Daily Beast, 21 mars 2020

Traduction : lecridespeuples.fr

Alors que le nombre de cas de coronavirus continue de croître à un rythme rapide aux États-Unis, le seul pays qui a dépassé la barre des 2 000 morts en un jour, la Maison Blanche lance un plan de communication à travers plusieurs agences fédérales qui vise à accuser Pékin d’orchestrer une « dissimulation » et de créer une pandémie mondiale, selon deux responsables américains et un câble gouvernemental obtenu par The Daily Beast.

Le câble, envoyé vendredi aux responsables du département d’État, expose en détail les circonstances sur le terrain en Chine, y compris les données sur les cas et les décès de coronavirus, l’environnement commercial local et les restrictions de transport. Mais il publie également des lignes directrices sur la façon dont les responsables américains doivent répondre aux questions sur le coronavirus ou en parler, et la réponse de la Maison Blanche à l’égard de la Chine.

Les points de discussion semblent provenir du Conseil de sécurité nationale (NSC). Une section du câble se lit comme suit : « Lignes directrices du NSC : [République populaire de Chine] Propagande et désinformation sur la pandémie du virus de Wuhan ».

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« Les responsables du Parti communiste chinois à Wuhan et à Pékin avaient une responsabilité particulière d’informer le peuple chinois et le monde de la menace, car ils ont été les premiers à en prendre connaissance, indique le câble ». « Au lieu de cela, le gouvernement a caché les informations au sujet du virus à son propre peuple pendant des semaines, tout en réprimant la publication d’informations et en punissant les médecins et les journalistes qui ont sonné l’alarme. Le Parti se souciait plus de sa réputation que de la souffrance de son propre peuple. »

Le câble a été diffusé aux responsables à un moment où l’administration est plongée dans une bataille de communication autour de la manière de diffuser le flux d’informations cruciales sur la santé auprès du public américain tout en détournant les critiques selon lesquelles la Maison Blanche n’était pas préparée à la pandémie. De plus, le Président Trump est en désaccord avec les membres de son groupe de travail sur le coronavirus.

L’un des résultats de ces délibérations internes semble être un regain d’attention pour souligner les faux pas de la Chine. Deux responsables américains travaillant sur la réponse du gouvernement au coronavirus ont déclaré que la Maison Blanche poussait les agences fédérales à rester fidèles aux points de discussion du Conseil de sécurité nationale, en particulier lorsque des hauts fonctionnaires montaient sur le podium, pour assurer la continuité avec la communication du Président Trump.

 « Ces points de discussion sont tout ce dont tout le monde parle vraiment en ce moment », a déclaré un responsable. « Tout concerne la Chine. On nous dit d’essayer de diffuser ce message de toutes les manières possibles, y compris lors de conférences de presse et d’apparitions télévisées. »

La Maison Blanche n’a pas répondu à notre demande de commentaires à ce sujet.

Au cours des dernières semaines, de hauts responsables de l’administration, dont le Président Trump et le Secrétaire d’État Mike Pompeo, ont qualifié le coronavirus à la fois de « virus chinois » et de « virus de Wuhan ». Les dirigeants de Pékin ont rejeté la désignation, affirmant que les termes sont xénophobes et inexacts car l’origine du virus reste inconnue, et qu’il s’est propagé à des dizaines de pays à travers le monde. Les médecins et scientifiques américains impliqués dans les opérations du groupe de travail de l’administration continuent de l’appeler « le coronavirus ».

« Le [Parti communiste chinois] mène une campagne de propagande pour tenter désespérément de transférer la responsabilité de la pandémie mondiale aux États-Unis. Cet effort est futile », énonce l’un des points de discussion dans le câble. « Grâce à la dissimulation, les experts chinois et internationaux ont raté une fenêtre critique pour contenir l’épidémie en Chine et arrêter sa propagation mondiale. Sauver des vies est plus important que de sauver la face. »

Mais l’administration ne se contente pas de critiquer la Chine, elle dépeint également la réponse de l’Amérique à la pandémie mondiale comme un « acte humanitaire extraordinaire ».

« Les États-Unis et le peuple américain démontrent une fois de plus qu’ils sont les plus grands humanitaires que le monde ait jamais connus », selon le câble. « Les États-Unis sont prêts à fournir plus d’assistance à la Chine, si le Parti communiste chinois nous le permet. »

Le câble note que les États-Unis ont fait don de millions de dollars de fournitures médicales et fourni une aide financière aux pays qui tentent de lutter contre le coronavirus.

La semaine dernière, environ « 95% des villes et préfectures de Chine avaient signalé zéro nouveau cas au cours des 14 derniers jours consécutifs au 19 mars, dont 16 des 17 préfectures et villes de la province d’Hubei », selon le câble, qui a noté que le Département d’État avait effectué une analyse des données.

« Les cas parmi les voyageurs chinois infectés dans d’autres pays représentaient pratiquement tous les nouveaux cas signalés en dehors d’Hubei depuis le 13 mars », selon le câble. « Alors que la grande majorité de ces cas sont des ressortissants chinois, le premier cas importé confirmé d’un citoyen américain a été signalé dans le district consulaire de Shanghai. »

Aux États-Unis, le nombre de cas de coronavirus positifs a dépassé la barre des 20 000 samedi matin, avec plus de 270 décès signalés [au 14 avril, 614 246 cas et 26 064 décès étaient recensés aux Etats-Unis].

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« Rétablir des faits distordus »

Observations d’un diplomate chinois en poste à Paris

Source : Ambassade de France en Chine, le 12 avril 21014

Le 8 avril, après 76 jours à l’isolement, l’ordre de confinement de Wuhan a enfin été levé, ramenant partout ses habitants dans les rues pour y fêter le retour à la vie normale. Au début de la lutte contre l’épidémie, les dirigeants chinois ont fièrement proclamé « la victoire de Wuhan, sera la victoire du Hubei. La victoire du Hubei, sera la victoire de la Nation ». Ainsi, le déconfinement de Wuhan montre que la Chine est sortie victorieuse de son combat contre l’épidémie de coronavirus.

Cependant, il s’agit davantage d’une victoire d’étape que d’une victoire totale car, parallèlement, aujourd’hui à l’étranger, l’épidémie poursuit sa course folle avec 1,66 million de personnes infectées dans le monde, avec 5 pays comptant plus de 100 000 cas, dont 500 000 cas aux États-Unis et 4 pays déplorant plus de 10 000 décès. Les terribles ravages causés par le développement de ce fléau sur la vie et la santé des populations frappées, ainsi que sur leurs sociétés et leurs économies, nous inspirent inquiétude et compassion. Notre vœu est que tous les pays du monde joignent leurs efforts pour lutter ensemble contre cet ennemi commun et pour en triompher au plus tôt.

Et pourtant, à l’heure où le monde entier se mobilise contre l’épidémie, des médias qui se prennent pour des parangons d’impartialité et d’objectivité, des experts et des politiciens de certains pays occidentaux semblent plus soucieux de calomnier, de stigmatiser et d’attaquer la Chine que de réfléchir aux moyens de contenir l’épidémie chez eux et dans le reste du monde. La victoire de la Chine sur l’épidémie leur donne des aigreurs. Avec leurs thèses fabriquées de toutes pièces, selon lesquelles la Chine a « tardé à réagir » et a « caché la vérité », ils la présentent comme le grand responsable de la pandémie, et sa victoire sur le coronavirus est fait figure de crime abominable. En revanche, que les pays occidentaux aient sous-évalué la gravité du virus ou qu’ils aient tardé à prendre des mesures ad-hoc, rendant ainsi l’épidémie incontrôlable, ne leur pose aucun problème de conscience et ne trouble en rien leur sommeil. Certains médias et analystes ont souligné à maintes reprises que la Chine avait, dans un premier temps, perdu « trois précieuses semaines », soutenant mordicus que : « Si les autorités chinoises avaient réagi trois semaines plus tôt, elles auraient pu considérablement limiter la propagation mondiale du virus et 95% de contaminations auraient pu être évitées. »

Nonobstant le fait que les scientifiques ont eu besoin de temps pour étudier et comprendre ce coronavirus jusque-là totalement inconnu, regardons de plus près ce qu’a fait la Chine durant ces trois premières semaines : Dès le 30 décembre dernier, nous signalions publiquement des cas de pneumonies inconnues. A partir du 3 janvier, nous tenions régulièrement informés l’OMS et le monde entier sur la progression du mal et, en un temps record, nous sommes parvenus à en identifier l’agent pathogène. Le 11 janvier, nous partagions avec l’OMS le séquençage complet du génome du virus. Le 23 janvier, au moment de la fermeture de Wuhan, il y avait en Chine plus de 800 personnes contaminées et seulement 9 à l’étranger. Or, c’est plus d’un mois après cette date que l’épidémie a démarré en Europe et aux États-Unis.

Si après avoir fait tant de choses les trois premières semaines, on considère toujours que « la Chine a traîné », qu’ont donc fait les Européens et les Américains pendant les deux mois qui ont suivi le premier signalement de la Chine et un mois après la fermeture de Wuhan ? Leurs dirigeants ont déclaré qu’il ne s’agissait que d’une « grippette », qu’il était inutile de s’inquiéter, que le virus ne frappait que les Jaunes et que de fait, le risque de le voir circuler dans leurs pays était minime. Leurs médias et experts, tout en se complaisant dans une sérénité aveugle de leurs pays, se sont employés à diffamer la Chine, à s’en moquer à coups de bonnes blagues et à espérer pour elle un « effet Tchernobyl ». En revanche, il ne s’est trouvé personne pour réfléchir aux mesures de lutte contre l’épidémie ou à l’approvisionnement en équipements médicaux indispensables pour éviter d’être pris de court. Le Rédacteur en chef du magazine britannique The Lancet a qualifié de « scandale national » les mesures de prévention sanitaires britanniques. Récemment, le Président du Conseil européen pour la Recherche (ERC), Mauro Ferrari, a déclaré « avoir perdu la foi dans le système » de gestion européenne de la pandémie et a démissionné avec fracas.

Des médias et des experts ont accusé la Chine d’avoir caché les vrais chiffres de la pandémie. D’après eux, avec 1,4 milliard d’habitants, comment croire qu’elle n’a eu qu’environ 80 000 personnes contaminées et seulement un peu plus de 3000 décès ! Ils en ont déduit que la Chine avait forcément menti. Et pourtant si la Chine a obtenu ce résultat, ce n’est ni par le mensonge ni par la dissimulation, mais bien parce que le gouvernement chinois a pris les mesures de prévention et de contrôle les plus complètes, les plus rigoureuses et les plus strictes pour détecter, signaler, isoler et traiter les personnes contaminées avec un maximum de réactivité, dans le souci premier de préserver la vie et la santé de sa population. La Chine n’a pas craint d’amputer son PIB de milliers de milliards de yuans, d’injecter des centaines de milliards de yuans dans des ressources, de mobiliser plus de 40 000 soignants venus des quatre coins du pays pour aller soutenir Wuhan et le Hubei, et finalement vaincre l’épidémie en seulement deux mois.

Or, dans le même temps, en Occident, on a vu des politiciens s’entre-déchirer pour récupérer des voix ; préconiser l’immunisation de groupe, abandonnant ainsi leurs citoyens seuls face à l’hécatombe virale; s’entre-dérober des fournitures médicales ; revendre à des structures privées les équipements achetés avec l’argent public pour s’enrichir personnellement ; on a fait signer aux pensionnaires des maisons de retraite des attestations de « Renonciation aux soins d’urgence » [la presse britannique a largement rapporté les pressions en ce sens exercées sur les patients souffrant de comorbidités, les personnes âgées et même les parents d’enfants atteints de maladie chronique] ; les personnels soignants des EHPADs ont abandonné leurs postes du jour au lendemain, ont déserté collectivement, laissant mourir leurs pensionnaires de faim et de maladie ; on a vu le Commandant d’un porte-avions demander à ses supérieurs l’autorisation d’accoster pour permettre à des marins infectés d’être traités à terre. Il a été limogé…, et j’en passe. Et pourtant, je n’ai pas vu beaucoup de reportages ou d’enquêtes approfondies des grands médias occidentaux révélant ces faits. Ces médias et ces experts, tant épris d’objectivité et d’impartialité, ont-ils donc une conscience ? Ont-ils la déontologie ?

Pour dénigrer les efforts de la Chine, certains politiciens et médias occidentaux ont pointé du doigt l’OMS, l’accusant d’être trop pro-chinoise. Certains ont même appelé à supprimer les sources de financement de l’Organisation. Depuis le début de l’épidémie, la Chine a coopéré étroitement avec l’OMS. Elle l’a informée sans délais et a invité ses experts à se rendre en mission pour des visites de terrain. L’Organisation a fait l’éloge des mesures prises par la Chine ainsi que de ses résultats en matière de lutte contre l’épidémie. Elle a même affirmé que l’approche chinoise constituait une nouvelle référence pour le monde. Il s’agissait là d’une évaluation objective et impartiale. Cependant, l’OMS a fait l’objet d’un véritable siège de la part des pays occidentaux, certains lançant même des attaques ad-hominem contre son Directeur général, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. Les autorités taiwanaises, soutenues par plus de 80 parlementaires français dans une déclaration co-signée, ont même utilisé le mot « nègre » pour s’en prendre à lui. Je ne comprends toujours pas ce qui a pu passer par la tête de tous ces élus français.

Les médias occidentaux antichinois nous attaquent toujours avec les deux mêmes procédés : d’abord en inventant des mensonges, puis en les martelant sans relâche. Craignent-ils d’être démentis ? Aucunement, car le mensonge « court, à peine lâché ». Même s’il finit par être découvert, la rumeur, telle un virus, a déjà fait le tour du monde. Et pour lui donner corps, ils les répètent en boucle, comme un disque rayé. « Un mensonge répété 1000 fois devient une vérité. » Tel est leur crédo et leur modus operandi. Dans leurs mensonges ressassés, la Chine, qui a réussi à vaincre l’épidémie en sauvegardant les intérêts premiers de son peuple, passe pour la « pêcheresse ». Quant aux politiciens, aux journalistes en poste en Chine, aux piètres « sinologues » de certains pays occidentaux qui se sont livrés à des forfaitures répétées, qui ont fait si peu de cas de la vie de leurs compatriotes, et qui sont si prompts à accuser les autres, ils s’érigent maintenant en « juges », posture ô combien nuisible pour eux comme pour les autres.

Un cyber-écrivain a dit un jour quelque chose de très profond : « Lorsque la seiche est en danger, elle crache son encre pour noircir l’eau et en profite pour prendre la fuite. C’est une tactique bien connue de certaines élites politiques et culturelles occidentales. » Ils ont voulu tout simplement imputer à la Chine la responsabilité de leur propre incapacité à faire face à l’épidémie et aux multiples tragédies qui s’en sont suivies, et de la sorte, « se blanchir totalement. »

Au moment où je termine mon texte, je découvre un rapport sur le Net. Ce 8 avril, la revue universitaire de renommée mondiale, PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences) a publié un article co-écrit par des universitaires britanniques et allemands intitulé Analyse du réseau phylogénétique des génomes du SARS-CoV-2. Le premier auteur de l’article est le Dr Peter Forster de l’Université de Cambridge. Selon l’étude, les chercheurs ont classé le nouveau coronavirus en trois types (A, B et C) en fonction de leur évolution. Celui de type A est le plus proche des virus extraits de la chauve-souris et du pangolin. C’est celui le plus fréquemment identifié chez les patients infectés aux États-Unis et en Australie. C’est celui que les chercheurs appellent « la racine de l’épidémie ». Les souches de type B sont des variantes du type A et sont principalement présentes en Chine. Celles qui se disséminent à grande échelle en Europe sont celles du type C. Hélas, il semble que les résultats des recherches du Dr Peter Forster n’intéressent pas les grands médias occidentaux.

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« Qui se connaît lui-même ne se plaint jamais d’autrui »

Observations d’un diplomate chinois en poste à Paris

Source : Ambassade de Chine en France, 5 avril 2020

L’épidémie qui fait rage démontre cruellement que l’humanité est une communauté de destin et que ce n’est que par la solidarité et la coopération qu’elle pourra surmonter ses difficultés. Et pourtant, il se trouve toujours dans les médias en Occident des gens qui prennent plaisir à politiser l’épidémie, à critiquer sans raison la Chine, à la stigmatiser, à en faire un « bouc émissaire » pour la rendre responsable de tous les maux.

Récemment, les accusations contre la Chine se sont principalement concentrées sur un certain nombre de théories : « le péché originel chinois », « la lenteur de la réaction chinoise », « la mauvaise qualité des produits chinois », « la minimisation du bilan des victimes du virus en Chine », avec de surcroît l’idée que la Chine, se servant de son aide extérieure comme outil de promotion de sa « diplomatie d’influence » et de sa « diplomatie de propagande » pour combler le vide laissé par l’affaiblissement américain, nourrirait des visées géopolitiques.

La thèse du « péché originel de la Chine » ne mérite même pas qu’on la réfute. Des études menées par l’Organisation mondiale de la Santé et des scientifiques américains, européens et chinois ont montré que, si l’épidémie est bien partie de Wuhan, cela ne signifie pas pour autant que le virus vient forcément de Chine. Certains scientifiques américains pensent qu’il a sans doute circulé pendant des années, voire des décennies, au sein de l’espèce humaine. Même si rien ne permet aujourd’hui de se prononcer avec certitude sur sa provenance originelle, la question est d’ordre scientifique. La logique veut donc que ce soient les scientifiques qui en débattent, qu’on tienne compte des avis éclairés de l’OMS, qu’on adopte des dénominations neutres, et non pas qu’on instrumentalise la question de l’origine du virus pour stigmatiser la Chine.

La thèse de « la lenteur de la réaction chinoise » est encore plus absurde. En décembre dernier à Wuhan, un cas de pneumonie d’origine inconnue a été identifié pour la première fois par Docteure Zhang Jixian, Directrice du Département des pathologies respiratoires et des soins intensifs à l’Hôpital de Médecine chinoise et occidentale du Hubei. Le 27 décembre, conformément à la procédure, elle a signalé à l’hôpital le diagnostic de 3 cas d’une pneumonie d’origine inconnue. Le 30 décembre, la Commission municipale de la Santé de Wuhan (Hubei) a notifié publiquement l’apparition de nouveaux cas de pneumonies à coronavirus. Le gouvernement chinois, le jour-même, a dépêché une équipe de spécialistes au Hubei pour enquêter sur la situation. Au total trois missions d’experts ont été envoyées. Le 3 janvier, la Chine, avec célérité et de son propre chef, notifiait officiellement l’Organisation mondiale de la Santé ainsi que d’autres pays, dont les États-Unis. Le 11 janvier, le Centre national de contrôle et de prévention des maladies de Chine mettait sur son site internet les 5 séquences intégrales du génome du virus, à disposition du monde entier et de l’OMS. Le 23 janvier, Wuhan était déclarée « ville fermée ». Enfin, le 30 janvier, l’OMS déclarait l’épidémie de Covid-19 « urgence de santé publique de portée internationale ». Si une alerte d’une telle force ne parvient pas à troubler le sommeil de certains, ce ne peut être que parce qu’ils font semblant de dormir. La Chine n’a ni dissimulé l’épidémie, ni tardé à réagir. Le 23 janvier, alors que Wuhan était fermée, il n’y avait que 9 cas hors de Chine. C’est un mois plus tard, lors de la dernière décade de février, que l’épidémie a éclaté en Europe et aux États-Unis. Selon un article publié dans la revue Science le 31 mars 2020 par des chercheurs chinois, américains et britanniques, la fermeture de Wuhan aurait permis d’éviter la contamination de 700 000 personnes. Cela montre bien que la Chine n’est pour rien dans la lenteur de réaction des différents pays face à l’épidémie et que, bien au contraire, le peuple chinois, par ses immenses sacrifices a réussi à contenir et retarder efficacement la propagation du virus hors de son territoire. Hélas, les autres pays ont bêtement gâché la fenêtre d’opportunité que la Chine était parvenue à leur ménager.

Récemment, nous avons été alertés par le tapage des médias européens autour de la piètre qualité des masques et des réactifs de test chinois exportés vers l’Europe, jetant ainsi le trouble dans les esprits. Après nous être renseignés auprès de nos ambassades en Espagne, en République tchèque, aux Pays-Bas et dans d’autres pays, l’Administration de ces pays nous a répondu que les problèmes venaient non pas de la qualité des produits, mais de leur mauvaise utilisation ou d’un usage inadapté des différents types de masques. Les gouvernements des pays en question ont donc procédé à des rectificatifs. Cependant, les médias occidentaux n’ont mentionné que les problèmes et jamais les rectificatifs. Si cette affaire avait mis en cause un quelconque pays occidental, elle aurait été traitée comme un problème d’ordre technique ou tout au plus, comme un litige commercial. Mais dès qu’il s’agit de la Chine, alors on blâme son gouvernement, même s’il ne s’agit que d’une affaire commerciale qui ne le concerne en rien. Cela révèle bien l’optique de fonctionnement des médias dont les reportages n’ont pas vocation à rapporter les faits, mais à s’en servir pour attaquer la Chine. Parce qu’ils estiment que ses récentes fournitures au monde entier de matériels de lutte contre des épidémies accroissent son influence et qu’elle se livre à une « diplomatie du masque », à une « diplomatie d’influence » ou à une « diplomatie de propagande », ils veulent discréditer et minimiser l’efficacité de son action. Mais si on ne veut pas voir grandir l’influence de la Chine, alors il faut se secouer, faire plus et mieux.

Le plus étonnant est la parution récente et soudaine d’articles sur la minimisation du nombre de décès à Wuhan dus au Covid-19. La source provient de deux instruments de guerre médiatique contrôlés par l’Administration américaine. Ils ont brandi un « rapport secret du Renseignement américain » selon lequel le gouvernement chinois aurait caché le nombre réel de cas et de victimes du Covid-19 en Chine. Aux États-Unis, Radio Free Asia s’est basée sur la capacité d’incinération des sept funérariums de Wuhan, évaluée à 2 000 corps par jour et extrapole ainsi le nombre total de décès imputables au virus à Wuhan à 40 000, au lieu des 2500 annoncés officiellement. Ils sont allés jusqu’à affirmer, à partir du nombre de gens faisant la queue dans un crématorium de Wuhan pour récupérer les cendres de leurs proches lors d’une distribution groupée d’urnes à la fin de l’épidémie dans la ville, que la Chine aurait dissimulé le nombre réel de morts. De plus, ces prétendus experts de la Chine ont affirmé que cette dissimulation était destinée à relancer au plus vite l’économie chinoise.

Voilà les manœuvres auxquelles se livrent les forces antichinoises occidentales dans leur guerre médiatique : d’abord, elles fabriquent des mensonges à partir de ragots d’agences de renseignement ou d’experts, puis, elles les montent en épingle à travers des médias en meutes. Craignent-elles que leurs rumeurs soient un jour démenties ? Nullement, puisque leurs rumeurs, telles des virus, se propagent à la vitesse de l’éclair dans le monde entier. Quand bien même, leurs mensonges seraient finalement découverts, elles auraient malgré tout atteint leur objectif qui est de flétrir et de calomnier la Chine.

Mais pourquoi avoir choisi ce moment pour ce battage médiatique sur la « sous-estimation du nombre de morts » ? À l’heure actuelle, l’épidémie explose en Europe et aux États-Unis. La contagion augmente de façon exponentielle et le nombre de morts s’accroît de manière inquiétante. À l’heure où je vous parle, les États-Unis comptent plus de 300 000 cas confirmés et le virus a déjà tué plus de 8 000 personnes. La progression de l’épidémie inquiète les Occidentaux et ils se demandent pourquoi la Chine a réussi à la contrôler alors qu’eux, curieusement, n’y arrivent pas. La thèse de la « minimisation du nombre de morts » offre à certains politiciens et médias une excuse valable pour justifier l’incapacité de leur pays à juguler l’épidémie, la multiplication rapide des cas et le grand nombre de décès.

Si la Chine a réussi en relativement peu de temps à freiner l’épidémie, limiter la contagion et le nombre de morts, c’est parce qu’elle place la vie et la santé de sa population au sommet de sa stratégie de lutte contre le virus. Nous n’avons pas craint de mettre notre économie à l’arrêt, d’amputer notre PIB de milliers de milliards de RMB, d’injecter des ressources à hauteur de centaines de milliards de yuans, de rassembler des soutiens de tout le pays pour voler au secours de Wuhan et du Hubei, au lieu de cacher des informations et de minimiser le nombre de décès. Tout simplement parce que cela n’aurait eu aucun sens et que ce serait impossible. Recourir à ce type de procédé pour attaquer la Chine est encore plus absurde et honteux !

Un expert français a écrit qu’une « guerre de propagande » autour du coronavirus a éclaté entre la Chine et les États-Unis ainsi que ses alliés. À mon sens, si guerre de propagande il y a, la Chine ne fait que diffuser ses succès dans la lutte contre l’épidémie en se basant sur les faits, alors que certains aux États-Unis et dans d’autres pays occidentaux, au mépris des faits, fabriquent des mensonges et trompent leurs peuples.

Il y a plus de 2000 ans, le sage chinois Xunzi a dit : « Qui se connaît lui-même ne se plaint jamais d’autrui. Qui connaît son destin ne se plaint jamais du Ciel. Qui se plaint d’autrui ne trouvera aucune issue. Qui se plaint du Ciel perdra toute volonté. Son échec, il ne le doit qu’à lui-même, mais il en rend les autres responsables. Un tel homme n’est-il pas stupide ? » C’est à ces quelques Occidentaux que le propos s’adresse.

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Observation d’un membre de l’ambassade de Chine en France des quelques vérités sur l’épidémie de Covid-19

Source : Ambassade de Chine en France, 22 mars 2020

Ces derniers temps, la propagation du Covid-19 s’est accélérée dans le monde, au point que l’OMS a officiellement qualifié le phénomène de pandémie et appelé les différents Etats à s’impliquer davantage, tant politiquement que matériellement.

La situation épidémique en Europe, y compris en France, est tendue. Certains médias, tout en faisant largement état des difficultés et des défis auxquels sont confrontés les gouvernements et les populations dans leur lutte contre le virus, n’ont pas oublié d’égratigner la Chine au passage. Ils ont osé affirmer que la Chine avait « fabriqué » le virus, pris du retard dans son contrôle, et puis l’avait « exporté » dans d’autres pays, provoquant ainsi cette « pandémie mondiale ». Ce discours est destiné à faire porter à la Chine la responsabilité des insuffisances des pays européens et des Etats-Unis dans leur riposte contre le virus.

En fait, des recherches menées par des scientifiques de différents pays, dont les Etats-Unis, l’UE, le Japon, la Chine, ainsi que de l’Organisation Mondiale de la Santé, ont montré qu’il était impossible de déterminer avec certitude l’origine du Covid-19 et que, même si l’épidémie avait éclaté en Chine, cela ne signifiait pas pour autant que sa source était en Chine. Il était encore plus absurde de prétendre que le virus était « Made in China » alors que le peuple chinois en était la victime. Il y a quelques jours, au cours d’une audition à la Chambre des Représentants américaine, le Directeur du Center for Disease Control, M. Redfield, a reconnu qu’au début de l’épidémie de grippe apparue aux Etats-Unis en septembre dernier, des décès attribués -à tort- à la grippe étaient en fait dûs à une pneumonie provoquée par le nouveau coronavirus. Et cela a été trois mois avant le premier cas découvert à Wuhan. Alors que l’OMS avait depuis longtemps baptisé l’épidémie « Covid-19 », les États-Unis – du Président au Secrétaire d’État, jusqu’aux membres du Congrès – persistent à parler systématiquement sans vergogne du « virus chinois » et du « virus de Wuhan ». Loin de flétrir la Chine, cela ne fait qu’exposer au grand jour leur racisme et révéler leur bassesse. Des journaux qui se présentent comme grands quotidiens français indépendants et respectables ne devraient jamais s’aligner sur les tours les plus bas des bateleurs politiques américains.

La Chine, dès les premiers signes d’épidémie, a stoppé le tourisme hors de ses frontières et pris des mesures strictes pour éviter la propagation du virus à l’étranger. Le 10 janvier, la Chine a partagé avec l’OMS la séquence du génome du virus. Lorsque le 23 janvier, la Chine a déclaré Wuhan « ville fermée », il n’y avait que 9 cas confirmés hors de Chine, soit 1% du total mondial. C’est un mois plus tard, au moment où la Chine était sur le point de vaincre l’épidémie, qu’elle a brutalement éclaté en Corée, au Japon, en Europe et aux États-Unis. Actuellement, les nombres des cas confirmés et des décès en dehors de Chine dépassent tous largement ceux de la Chine. Cela montre bien que la pandémie mondiale n’est pas de la faute de la Chine.

L’Italie, qui est le pays européen le plus sévèrement frappé, n’a toujours pas identifié son « patient zéro ». Mais, selon Le Figaro du 11 mars, le 25 janvier, deux jours après la mise en quarantaine de Wuhan, le « Patient N°1 » a dîné avec un collègue de travail tout juste rentré de Chine. L’homme est plus tard testé négatif, conduisant les épidémiologistes à considérer une hypothèse de la circulation préexistante du virus localement. L’épidémie en Italie a commencé à se propager à grande échelle fin février. A cette date, l’épidémie en Chine était déjà bien sous contrôle et les nouveaux cas recensés étaient peu nombreux. Les experts de l’OMS ont déclaré que la Chine, par l’ampleur de son immense sacrifice, avait offert au monde une précieuse fenêtre d’opportunité pour riposter à l’épidémie. Malheureusement, il semble que de nombreux pays n’ont pas su la saisir.

Le Covid-19 est l’énnemi de l’humanité toute entière. Cependant, il est perçu par certains correspondants de presse français, comme un allié pour s’en prendre à la Chine. Quand la Chine s’enfonce dans l’épidémie, ils se réjouissent et en rajoutent. Quand la Chine parvient à contenir l’épidémie sur son sol mais qu’elle éclate à l’étranger, ils accusent la Chine d’avoir, dans un premier temps, tardé à l’endiguer et d’avoir ainsi provoqué sa dissémination dans le monde entier. Quand la Chine, dans un souci humanitaire, propose généreusement son aide sous forme de matériel médical pour les pays les plus touchés, ils persiflent sur la « diplomatie du masque ». Bref, quoi que fasse la Chine, c’est mal.

Ces correspondants permanents basés en Chine sont imbus de préjugés idéologiques. Ils sont en Chine, non pas pour connaître le pays tel qu’il est et le peindre aux Français dans toutes ses composantes, mais bien au contraire, pour ne gratter que son côté sombre et amplifier les discours pleins de ressentiments d’opposants au gouvernement (population qu’on trouve d’ailleurs dans tous les pays) et faire croire qu’ils représentent le pays réel. Ils ont accusé un Porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères de « colporter » par son Tweet des rumeurs sur les Etats-Unis, mais jamais ils n’ont critiqué les dirigeants américains pour leur rhétorique raciste contre la Chine.

Après l’inversion de la courbe de l’épidémie, quelques soi-disant spécialistes de la Chine ont commencé à se sentir mal. Dénigrant les immenses efforts et sacrifices consentis par le gouvernement et le peuple chinois, ignorant superbement les avis objectifs et impartiaux des experts de l’OMS sur ses méthodes et ses effets contre l’épidémie, ils affirment sans en démordre que le virus est né en Chine, que le pays a perdu trois semaines sans lesquelles on aurait pu éviter cette « pandémie mondiale » et pour finir, ils blâment la Chine pour les difficultés auxquelles ils sont eux-mêmes aujourd’hui confrontés.

D’autres experts et universitaires versés dans le benchmarking politique, ont conclu sans appel que « l’épidémie mondiale de Covid-19 a mis en lumière la faillite de l’idéologie communiste. » Au début de ce mois, un grand journal français a publié l’analyse d’une spécialiste selon qui « Les démocraties libérales ont été beaucoup plus efficaces. Alors que les dictatures ont été déstabilisées par l’imprévu, les démocraties ont réagi avec calme, transparence et rationalité. Elles ont su anticiper et expliquer. Leurs systèmes de santé ouverts et coordonnés, ont réagi rapidement. La transparence des démocraties et la circulation des informations sont des garants d’efficacité face aux épidémies. » La spécialiste a rajouté que « Les démocraties libérales doivent assumer les conséquences de leurs choix dans les urnes, car leurs dirigeants sont responsables devant les électeurs. C’est pourquoi elles ne sauraient avoir recours à la contrainte déshumanisée pour étouffer les manifestations et les mouvements sociaux. » Un autre quoditien a publié l’article d’un spécialiste de la Chine, disant que « le modèle de gouvernance autoritaire chinois n’est pas à suivre ».

On aimerait tant qu’ils disent vrai, mais hélas… la réalité est cruelle.

Chaque pays a son histoire et ses traditions. Chacun a son régime politique et sa gouvernance qui lui est propre. Il n’est pas question pour moi de comparer ici les atouts et les faiblesses des différents régimes, pas plus que j’aimerais coller telle ou telle étiquette à qui que ce soit. Mais permettez-moi juste de dire deux mots sur la manière dont a fonctionné le système socialiste aux caractéristiques chinoises, face à l’irruption de cette crise sanitaire mondiale d’un genre si rare.

Tout d’abord, pour nous, l’homme est au cœur de notre conception de la gouvernance. Nous plaçons sa sécurité physique et sa santé au sommet de nos priorités. Cela passe par les mesures préventives les plus complètes, les plus strictes et les plus rigoureuses, même au prix de l’arrêt de l’activité et de la production. Quel qu’en soit le coût économique, nous devons tout mettre en œuvre pour stopper l’épidémie et sauver des vies.

Deuxièmement, notre culture traditionnelle a toujours valorisé la collectivité, la solidarité et l’entraide. C’est pourquoi, dès le début de la catastrophe, les Chinois, loin de s’éparpiller et de fuir, se sont rassemblés comme un seul homme, et dans même un élan de solidarité, se sont battus contre ce démon du virus.

Troisièmement, l’avantage de notre système est qu’il nous permet de concentrer notre énergie pour réaliser de grandes choses. Nous avons, en 10 et 12 jours, réalisé la construction de deux hôpitaux aux normes épidémiologiques exigeantes pour un total de 2 500 lits, et converti en quelques jours une série de bâtiments publics en hôpitaux de campagne pourvus de dizaines de milliers de lits. Plus de 40 000 personnels soignants provenant des quatre coins de la Chine ont été mobilisés pour soutenir le Hubei. Ils ont examiné l’ensemble des 11 millions de Wuhanais en un peu plus de dix jours, trié les cas confirmés et suspects, décidé des prises en charges, des quarantaines et des mises en observation, parvenant ainsi à bloquer la transmission du virus de sorte qu’en à peine un mois, la prévalence du Covid-19 en Chine est passée de deux à trois mille cas par jour, à moins de dix. Après quoi, plus aucun nouveau cas local n’a été enregistré dans le pays.

Quatrièmement, nous bénéficions des super capacités de mobilisation et d’exécution du Parti communiste chinois qui est à la manœuvre. Qu’il s’agisse de fermer Wuhan ou de fermer la province du Hubei, d’imposer le confinement chez eux aux citoyens, d’organiser les visites de malades à domicile, d’assurer le ravitaillement quotidien des gens, de la prévention et de la coordination des efforts de lutte entre les provinces et municipalités, tout s’est effectué sous la direction et la planification unifiées du Parti et du Gouvernement, le tout, sans le moindre désordre social.

Nous entamons maintenant la deuxième mi-temps du combat contre le Covid-19. Parallèlement à la poursuite de nos efforts d’auto-préservation, nous ferons tout notre possible pour offrir à tous ceux qui luttent contre l’épidémie, partage d’expérience et assistance matérielle. Nous nous efforcerons également de reprendre le travail et la production pour faire redémarrer le moteur de l’économie internationale, en assurant la fluidité des chaînes de valeur et d’approvisionnement mondiales pour préserver la stabilité de l’économie mondiale et aider les pays dans leur lutte contre l’épidémie.

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Systèmes politiques et lutte contre l’épidémie : le grand dilemme

Observations d’un diplomate chinois en poste à Paris

Source : Ambassade de Chine en France, le 28 mars 2020

Après le déclenchement de l’épidémie de Covid-19, la Chine a enfin réussi, grâce à des efforts colossaux, à quasiment stopper sa progression dans tout le pays, depuis son épicentre à Wuhan. Néanmoins, l’épidémie continue aujourd’hui de se propager à un rythme accéléré aux quatre coins de la planète, avec un nombre de cas confirmés et de décès en augmentation inquiétante dans les pays européens.

Parmi les médecins français, nombre de spécialistes voient dans les méthodes chinoises une source intéressante d’inspiration. C’est notamment le cas de l’ancien Directeur général de la Santé, M. Lucien Abenhaim, qui a souligné que l’exemple chinois avait démontré que l’épidémie pouvait être stoppée, notamment grâce à deux moyens : d’abord, par un confinement strict. Ensuite, par un « micromanagement local » pour identifier chaque cas infecté et l’isoler.

Mais dans le même temps, il existe des spécialistes -qui font de la politique- et se demandent s’il convient ou non, d’adopter les méthodes chinoises. Pour eux, même si la Chine est parvenue à juguler l’épidémie sur son territoire, alors qu’elle ne cesse de s’envenimer en Europe, cela ne fait que mettre en évidence les limites de l’individualisme et de l’égoïsme de l’Occident sans pour autant démontrer la supériorité du modèle chinois. Le modèle « autoritaire » chinois ne présente donc aucun intérêt et mieux vaut au contraire se pencher sur l’expérience d’autres pays asiatiques performants dans leur lutte contre l’épidémie, comme la Corée du Sud, le Japon, Singapour et Taiwan qui, eux, sont des « démocraties ».

Tout d’abord, ces experts politiques commettent une erreur politique que je me dois de corriger : Taiwan n’est pas un pays ! Taiwan est une province de Chine et constitue une partie inaliénable de son territoire.

Ensuite, puisque la République de Corée, le Japon et Singapour, qui sont des démocraties asiatiques, parviennent à contrôler l’épidémie, pourquoi les vieilles démocraties comme l’Europe et les États-Unis, n’y parviennent-elles pas ? A l’évidence, la démocratie n’est pas un facteur déterminant dans la lutte contre une épidémie. Du coup, ceux qui font de la politique vont chercher des explications culturelles en arguant qu’en la matière, l’Occident et l’Asie sont différents. L’Occident met trop en avant l’individu, tandis que l’Asie, avec des citoyens doués d’un civisme supérieur, parvient à un meilleur équilibre entre le souci du groupe et celui de l’individu.

Il semble que la performance des uns ou des autres en matière de lutte contre l’épidémie n’ait pas de rapport direct avec leur système politique. La Chine « autoritaire » a fait du bon travail. Les « démocraties » asiatiques aussi. L’important, c’est le substrat culturel. Les pays asiatiques, dont la Chine, ont été particulièrement performants dans leur lutte contre le Covid-19 parce qu’ils ont ce sens de la collectivité et du civisme qui fait défaut aux démocraties occidentales.

Et pourtant, ce n’est qu’une partie de l’explication car le système politique et la gouvernance ont malgré tout leur importance. Mais si les Sud-Coréens, les Japonais et les Singapouriens se comptent en millions, en dizaines de millions ou, tout au plus, en centaines de millions, pour les Chinois, l’unité de compte est le milliard. Ainsi, quand bien même la Chine serait aussi efficace qu’eux contre l’épidémie, elle fait face à une difficulté de 10 fois à 100 fois supérieure. Gouverner si bien, et même mieux que d’autres pays, une nation aussi immense sans un bon régime est absolument inimaginable.

Certaines personnes, dans le fond, sont très admiratives des succès de la gouvernance chinoise. Ils envient l’efficacité de notre système politique et haïssent l’incapacité de leur propre pays à faire aussi bien ! Alors, ils tiennent délibérément à coller à la Chine l’étiquette de « dictature » et peu importe les domaines dans lesquels elle se distingue puisqu’à leurs yeux, il n’y a rien à en apprendre. Dans le même temps, ils considèrent que la généralisation des tests à grande échelle, l’isolement des cas détectés et autres moyens de lutte efficaces sont le fait des pays asiatiques démocratiques, donnant ainsi l’impression que ce sont eux qui ont la paternité de ces méthodes et que de ce fait, l’Occident peut tranquillement y recourir. Mais comme chacun sait, le premier pays à y avoir eu recours, c’est la Chine. Et bien que la Chine soit étiquetée comme une « dictature », lorsque l’épidémie a commencé à faire rage partout, c’est à la Chine que le monde entier a demandé de l’aide et non pas aux États-Unis, « phare de la démocratie ». C’est la Chine qui a tendu une main secourable à plus de 80 pays. Ce ne sont pas les États-Unis.

Il est démontré que le confinement strict est le moyen le plus sûr pour stopper net l’épidémie. Peu importe qu’il émane d’une « dictature » ou d’une « démocratie », pourvu qu’il soit mis en œuvre. Comme disait Deng Xiaoping : « Peu importe que le chat soit blanc ou noir, pourvu qu’il attrape les souris. » Les virus ne font pas de politique.

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Réponse du Porte-parole de l’ambassade de Chine en France aux remises en cause de notre ambassade par des médias français

Source : Ambassade de France en Chine, le 1er avril 2020

Récemment, certains médias remettent en cause des articles sur l’épidémie de Covid-19 publiés par l’ambassade de Chine en France sur son site internet. L’ambassade tient à donner des éclaircissements à cet égard :

Les articles publiés par l’ambassade de Chine en France sur son site internet liés à l’épidémie de Covid-19 constituent des réponses aux propos tenus par des médias sur la Chine depuis un certain temps. Les commentaires concernant la gestion de la crise sanitaire en Europe sont tous cités des reportages de correspondants français en Chine ou de spécialistes de la Chine publiés dans les médias français. L’ambassade de Chine a présenté de manière objective les pratiques et expériences chinoises dans la lutte contre l’épidémie. Nous souhaitons sincèrement que différents pays européens, notamment la France, pourront vaincre l’épidémie avec des efforts acharnés, et grâce au soutien et à l’aide de la communauté internationale.

Les pratiques de l’ambassade de Chine sont tout à fait compatibles avec le statut d’une représentation diplomatique. Notre réponse aux propos tenus par les médias français cherchant à calomnier et à noircir la Chine est dans le but de défendre les intérêts nationaux et l’image de la Chine, ce qui est notre devoir en tant que représentation diplomatique.

Il est à noter que ce sont ceux qui insultent gratuitement la Chine qui ont franchi la ligne rouge. Ils ont franchi celle des intérêts nationaux et dignité de la Chine, et celle de la déontologie des médias consistant à la véracité et à l’objectivité. Leurs mensonges et accusations infâmes ont suscité de vives indignations chez les populations chinoises. Ils mettent même tout en œuvre pour déformer et falsifier les propos des dirigeants français pour semer la discorde entre la Chine et la France et compromettre l’amitié entre les peuples chinois et français, ce qui est extrêmement ignoble !

L’amitié sino-française, façonnée conjointement par le Président Mao Zedong et le Général de Gaulle, est devenue depuis le début un exemplaire des relations entre grands pays de l’Orient et de l’Occident. Au moment où la pandémie de Covid-19 sévit dans le monde, mettons de côté les préjugés idéologiques et les calculs géopolitiques, formons une communauté de destin pour travailler ensemble à affronter cet ennemi commun de l’humanité.

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Lettre du Porte-parole de l’Ambassade de Chine en France à la rédaction de L’Obs au sujet de l’appel signé par des élus français sur Taiwan

Source : Ambassade de Chine en France, 6 avril 2020

C’est avec une immense curiosité que j’ai lu la tribune intitulée « L’OMS doit pleinement collaborer avec Taïwan » signée par 86 élus et 40 personnalités du monde médical et universitaire français publiée le 31 mars 2020 dans L’Obs, en essayant de trouver des connaissances internationales et des inspirations en droit international. Pourtant, je suis très déçu après la lecture, car c’est un article plein de fautes et d’absurdités qui, non seulement ne pourra pas donner d’inspirations, mais encore est fort fourvoyant, d’autant plus qu’il démontre que ceux qui l’ont signé sont extrêmement dépourvus de connaissances internationales, ont beaucoup de confusions dans la logique et possèdent des motivations politiques très douteuses.

Ils ne cessent d’appeler Taiwan « un pays » et se plaignent pour ce dernier qui n’a pas été convié à l’Assemblée mondiale de la Santé. Qui a reconnu Taiwan comme un pays ? Les Nations Unies ? La France ? Ce que tout le monde a comme connaissance internationale, c’est que Taiwan est une province de Chine et fait partie intégrante du territoire chinois ; tandis que l’OMS est une institution spécialisée des Nations Unies à laquelle seuls les pays souverains peuvent adhérer. Puisque Taiwan n’est pas un pays souverain, il n’est pas qualifié pour y entrer, ni participer à l’Assemblée mondiale de la Santé. Les signataires de cet appel n’ont même pas ces connaissances élémentaires, n’est-ce pas ridicule ?

Ils affirment que « Taïwan a admirablement géré la crise du coronavirus. Exclure Taïwan de l’Assemblée mondiale de la Santé remet en cause la sécurité sanitaire mondiale et celle de Taïwan. » Alors, c’est le prétexte le plus utilisé par les séparatistes taiwanais. Pourtant, puisque Taiwan a su bien maîtriser cette crise du Covid-19 sans adhérer à l’OMS, ne signifie-t-il pas justement que la non-admission de Taiwan à l’Assemblée mondiale de la Santé ne remettra pas en cause la sécurité sanitaire de Taiwan ? S’agissant de la sécurité sanitaire mondiale, si Taiwan a « admirablement » géré la crise du coronavirus, l’exclure de l’Assemblée mondiale de la Santé ne nuira pas à la sécurité sanitaire mondiale. En fait, dans le giron de la mère-patrie, Taiwan ont des contacts et coopérations fluides au niveau technique avec l’OMS. Lorsque des épidémies apparaissent dans le monde, Taiwan peut les connaître à travers la plateforme de l’OMS ; si une épidémie éclate à Taiwan, il peut aussi alerter l’OMS sans tarder.

Selon la tribune, « le gouvernement taïwanais avait alerté le 31 décembre 2019 l’OMS de l’émergence du virus », ce qui est un bluff. En réalité, c’est après le signalement public par le gouvernement de la municipalité de Wuhan d’une pneumonie à nouveau coronavirus le 30 décembre 2019 que Taiwan est allé s’enquérir auprès de l’OMS. Taiwan a découvert son premier cas confirmé le 23 janvier 2020, comment aurait-t-il pu l’alerter le 31 décembre 2019 ? Il a la prévoyance ? Ou bien…

La tribune déclare que « l’OMS doit veiller à s’abstraire de tout jeu politique, d’influences diplomatiques et à s’attacher à sa vocation première, celle de protéger au mieux la santé de chacun à l’échelle planétaire ». A mon avis, c’est justement à cause de certains pays et personnes qui ne cessent de jouer le jeu politique sur la question de l’admission de Taiwan à l’OMS que les travaux de l’OMS, attachée à sa vocation première, sont perturbés. J’exhorte ces gens-là à ne pas harceler l’OMS, car leurs tentatives insensées sont vouées à l’échec.

Voir notre dossier sur le coronavirus.

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