Raïssi, nouveau Président iranien : notre souveraineté n'est pas négociable

Le Président iranien élu Ebrahim Raïssi a tenu sa première conférence de presse le 21 juin 2020. Le Cri des Peuples en a retraduit les idées essentielles sur Twitter. Voici la transcription complète du thread en question.

Transcription :

La présence du peuple iranien portait différents messages, dont le premier était le message d'unité et la nécessité d'un changement dans la situation actuelle. Le message du peuple iranien est un message d'insistance sur les valeurs de la glorieuse Révolution islamique. Nous consacrerons notre mandat et nos efforts à notre peuple dans le but de résoudre ses problèmes, en nous appuyant sur nos abondantes richesses et ressources. Nos priorités dans ce gouvernement se concentreront sur l'amélioration des conditions de la population.

Nous établirons un système administratif efficace grâce à des forces révolutionnaires qui lutteront contre la corruption. La justice doit être au cœur du développement à cette époque. Ce gouvernement ne sera pas associé à une faction ou aile spéciale, mais coopérera avec tout le peuple du pays.

Le monde doit savoir que la présence épique du peuple iranien a créé de nouvelles conditions. La politique étrangère du nouveau gouvernement ne part pas de l'accord nucléaire ni ne décide d'en sortir. Nous soutiendrons toutes les négociations qui garantissent nos intérêts nucléaires et ne laisserons pas les négociations trainer indéfiniment et nous épuiser.

© Le Cri des Peuples

Le peuple iranien a incarné son message d'adhésion révolutionnaire en rendant hommage au martyr Qassem Soleimani [les plus grandes funérailles de l'histoire de l'humanité].

L'accord nucléaire doit être relancé par les pays européens et américains, pas par nous. Aux Européens : le peuple iranien exige que vous respectiez vos engagements, comme l'Iran a toujours respecté les siens. L'accord nucléaire doit être relancé par Washington et les pays européens, ceux qui l'ont violé.

La situation économique sera au centre du travail de mon gouvernement. Washington doit annuler toutes les sanctions injustes imposées au peuple iranien. La question de la levée des sanctions sera au centre de la politique étrangère de mon gouvernement.

Ceux qui prétendent défendre les droits de l'homme sont ceux qui ont créé et soutenu Daech et les autres groupes terroristes.

© Le Cri des Peuples

Question de Ruptly : Etes-vous prêt à rencontrer le Président Biden ?

Raïssi : Non.

Je suis fier d'avoir travaillé comme procureur en Iran et d'avoir défendu les droits de tout le peuple. Ceux qui ont été condamnés à mort (par moi) ont été légitimement accusés et condamnés. J'ai toujours été un défenseur des droits du peuple. Ceux qui violent les droits de l'homme doivent rendre des comptes. Si un procureur défend des personnes contre des menaces (en particulier terroristes), il doit être soutenu et encouragé.

© Le Cri des Peuples

Nous restaurerons la confiance dans le marché boursier par l'action. Le gouvernement ne considèrera pas la bourse comme une tirelire pour lui-même, et n'en renflouera pas le déficit budgétaire. D'autres mesures sont envisagées, dont l'approfondissement de ce marché.

© Le Cri des Peuples

Le peuple iranien n'a pas de bons souvenirs du JCPOA (accord nucléaire). Ma suggestion sérieuse au gouvernement Biden est de lever les sanctions immédiatement pour démontrer qu'il est de bonne foi. Les questions régionales et notre capacité balistique ne sont pas négociables. Ils n'ont même pas respecté l'accord précédent, et prétendent l'élargir à d'autres questions à nos dépens !

En tant que Président, je me considère comme un serviteur de tous. Pas seulement mes électeurs, mais aussi les gens qui ont voté pour d'autres candidats, les gens qui n'ont pas voté, je suis un serviteur de tous.

Nos avancées nucléaires sont pacifiques et dans le cadre scientifique, et elles sont conformes aux lois internationales. Les membres de mon gouvernement doivent être des révolutionnaires. Au sujet des condamnations à mort, nous sommes proches de la commémoration du martyre de l'Ayatollah Dr Beheshti. La question est de savoir pourquoi les tueurs de Beheshti, Rajaei et Bahonar sont des réfugiés politiques en Occident (Etats-Unis, France, Royaume-Uni...) ? Quelle est la réponse de ces pays lorsqu'on leur demande pourquoi ils offrent refuge aux assassins du MEK dont les attentats sanglants ont tué plus de 17 000 Iraniens ?

© Le Cri des Peuples

La priorité de notre gouvernement est de fournir les produits de base et tous les biens et services nécessaires au peuple iranien. Nous poursuivons de bonnes relations avec la Chine et procèderons à la mise en œuvre d'un plan de coopération global.

Les Palestiniens sont les propriétaires de la terre palestinienne, et l'Iran restera un défenseur ardent de la Palestine.

Nous devons nous dissocier au maximum du dollar. Notre nation doit devenir autosuffisante pour tous les biens de première nécessité, et c'est l'une de nos priorités. L'Arabie Saoudite doit cesser ses attaques contre les civils et les infrastructures au Yémen. Ce sont les Yéménites qui doivent décider comment gouverner leur pays. Nous attachons une grande importance aux bonnes relations avec nos pays voisins. Il n'y a aucun obstacle de notre part à la réouverture des ambassades iranienne et saoudienne dans les deux pays. L'Arabie Saoudite doit cesser son agression.

© Le Cri des Peuples

La République islamique d'Iran soutiendra toujours les opprimés. Le Yémen doit être gouverné par les Yéménites eux-mêmes au plus vite et toute ingérence des Saoudiens et de leurs partisans doit cesser.

Voir le Testament politico-spirituel du martyr Qassem Soleimani

Fin de cette conférence de presse retraduite depuis le thread d' @AryJaey

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Une victoire significative pour le peuple iranien

Par Soureh M

Source : marktaliano.net

Traduction : lecridespeuples.fr

Après des semaines de campagne par des chaînes en persan soutenues par l'Occident et diffusant 24h/24 et 7j/7 en Iran des messages de boycott des élections, le 18 juin, l'Iran a finalement organisé sa 13e élection présidentielle.

Il y avait différentes raisons pour que les Iraniens ne participent pas aussi massivement qu'auparavant.

Une de ces raisons est la propagande incessante contre l'État iranien sur des chaînes satellite comme BBC Persian, soutenue par le Royaume-Uni, Voice Of America, soutenue par les États-Unis, Iran International, soutenue par l'Arabie saoudite, et bien d'autres, comme toujours et spécialement pour cette élection, s'efforçant avec acharnement de créer un fossé entre le peuple et le pouvoir. Leur tentative a été principalement menée sur la base des difficultés économiques causées par la campagne de pression maximale et les sanctions américaines, face auxquelles l'administration Rouhani n'avait aucun plan, à l'exception du JCPOA (accord nucléaire) qui a été jeté aux oubliettes. En 8 ans de sa présidence, le Rial, la monnaie iranienne, a perdu environ 6/7e de sa valeur. Les sanctions et une monnaie abattue ont été lourdement ressenties par les moins fortunés, et leur qualité de vie a considérablement diminué. Mais il est intéressant de noter que ceux qui n'ont pas voté appartenaient largement à la classe aisée et moyenne des grandes villes, comme 76% à Téhéran.

raisi

Le Covid-19 était un autre facteur important qui a réduit les taux de participation de peut-être 10%, comme le montrent certaines statistiques.

Dans cette situation et avec toutes la mauvaise gestion de l'administration Rouhani jusque dans la tenue de l'élection, le taux de participation de 48,8% a été plus que prévu. Le dernier taux de participation le plus bas était de 50 % en 1993 lorsque M. Hashemi a été élu pour un second mandat. La raison en était l'inflation élevée jusqu'à 50% et le mécontentement vis-à-vis de la performance de M. Hashemi, qui a conduit à une participation de 79,9% aux élections suivantes.

iran participation élections

Taux de participation aux élections présidentielles iraniennes depuis 1980. Les médias occidentaux se sont saisis de ce taux le plus bas de l'histoire pour fustiger la « dictature théocratique des mollahs », mais ont été beaucoup plus discrets sur la présence historique du peuple iranien aux funérailles de Qassem Soleimani, figure de premier plan du régime, qui devraient figurer dans le Guinness des Records. Sans même parler de la très faible participation aux élections régionales en France, qui risque de déteindre largement sur les présidentielles en 2022. Quoi qu'il en soit, ceux qui se réjouissent d'un déclin de la République Islamique d'Iran se bercent d'illusions, comme d'habitude. L'Iran est plus puissant que jamais, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, et continue à se renforcer.

Lors de l'élection de 2021, les Iraniens ont choisi résolument une voie différente en élisant M. Raïssi avec 17,9 millions de voix.

Au cours de ses 2 années au pouvoir en tant que juge en chef d'Iran, Ebrahim Raïssi s'est fortement battu contre la corruption, ce qui a donné aux gens l'espoir d'un avenir meilleur et bien mérité. Les principaux médias le désignant comme « la ligne dure » ​​ne font que refléter le fait que Raïssi penche vers l'Iran plutôt que vers l'Occident. Si son idéologie anti-impérialiste fait de lui un « puriste », qu'il en soit ainsi, mais c'est la qualité d'un révolutionnaire aux yeux du public iranien. « Ligne dure » est souvent utilisé comme un terme colonial décrivant les personnages et les partis qui sont moins disposés à fricoter avec l'ouest; et n'a pas d'équivalent en langue farsi.

© Le Cri des Peuples

L'Iran, malgré l'image sombre et fabriquée qui est véhiculée dans les médias, est un pays très diversifié en termes d'ethnie et même de religion. Il y a plus de 13 grands groupes ethniques différents comme les Azaris, les Kurdes, les Lurs, les Baloutchis, les Arabes, les Turkmans, etc., et les Perses ne représentent que 54%.

90 à 95 % de la population est musulmane chiite, 5 à 9.6 musulmans sont sunnites et moins de 1 % est composée de chrétiens d'Arméniens, assyriens, juifs et zoroastriens. Ayant leur représentant au parlement, chaque groupe participe également à l'élection présidentielle.

© Le Cri des Peuples

Les élections iraniennes ne se sont pas déroulés dans 133 pays. Alors que certains comme l'Angleterre n'ont pas réussi à assurer la sécurité des urnes face aux foules de partisans terroristes soutenus par l'Occident, le MEK et des fanatiques royalistes de Pahlavi qui harcelaient les électeurs, essayant de perturber les élections. Le Canada ne s'est même pas engagé dans ce processus démocratique, ne permettant pas à l'Iran de tenir les élections sur son sol.

© Le Cri des Peuples

Ebrahim Raïssi était le candidat favori de l'Axe de la Résistance et non seulement les Iraniens mais beaucoup d'autres dans différents pays sont satisfaits du résultat. De nombreux dirigeants mondiaux ont déjà félicité M. Raïsi. M. Rouhani, l'actuel président iranien, a rendu visite au président élu un jour après sa victoire écrasante pour le féliciter et lancer la transition du pouvoir qui, dans certains pays démocratiques comme les États-Unis, n'a pas été la plus fluide ces derniers temps.

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