Google s’essaie au streaming illégal

À travers sa régie publicitaire Google AdSense, le géant américain collabore avec le célèbre site de streaming illégal, VoirFilms.

Pour une surprise, c’est une surprise. Comme nous le révélions dans nos articles précédents, les régies publicitaires associées aux sites de streaming et de téléchargement illégaux sont en général loin d’avoir pignon sur rue. Bien souvent domiciliées dans des paradis fiscaux ou dans des pays où la législation n’est pas des plus regardantes, ces régies sont connues pour travailler avec tous types de clients, parmi lesquels des acteurs évoluant dans l’illégalité.

Dès lors, trouver des annonces publicitaires gérées par Google AdSense sur un site de streaming illégal, et qui plus est l’un des plus célèbres, est donc plutôt surprenant. Mais bel et bien réel.

Extraits du code source des publicités présentes sur VoirFilms

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Comme nous pouvons le voir sur la capture d’écran ci-dessus, la publicité située en bas de l’image est liée à Google AdSense, la régie publicitaire du géant américain.

À ce stade, une question se pose : comment des annonces Google AdSense se sont-elles retrouvées sur un célèbre site de streaming illégal ? C’est ce que nous avons cherché à savoir.

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La réponse apportée par Google Ads France laisse perplexe. À croire qu’en interne, les services de Google ne communiquent pas entre eux et, pire, ils se désolidarisent les uns des autres en cas de problème. Avant de devenir la branche la plus rentable du géant américain, Google Ads (Google Adwords à l’époque) était relégué à « l’arrière-plan » et suscitait même « l’antipathie » de Larry Page et Sergey Brin, les deux fondateurs de la firme.

Aujourd’hui au sommet, le service piloté par Marion Bernard ne semble pas enclin à prévenir son homologue, Google AdSense. Ce dernier n’a en effet toujours pas été informé de cet écart de conduite par son collègue, ses annonces étant toujours présentes sur le site de streaming illégal.

À moins qu’il s’agisse d’une stratégie pleinement assumée par la firme. Ce qui semble peu probable, celle-ci clamant depuis toujours « respecter les législations locales en matière de droits d’auteur ». Sauf dans le cas présent…

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