La petite et le gros con

La petite et le gros con © Journal de Personne

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Mon éditeur m'a demandé de rédiger pour cet été un petit bréviaire des mots qui font mal.
Des mots reçus ou perçus comme des maux... pluriel de mal.
Sans accent circonflexe. N'ayons pas de complexe!
Je ne lui ai rien promis... peut-être parce que j'ai du mal à m'y mettre
D'autant plus qu'il a exigé quelque chose de très clair, limite vulgaire
Des mots qui font mal ?
Ça me fait tout de suite penser ça à quelque chose d'impensé... et j'aurais dû déjà y songer en écrivant pour les autres.
Tout ce que ça m'inspire c'est que tout texte renvoie obligatoirement à un contexte... un linguiste dirait que le mot, le signifiant est neutre si je puis dire, indolore et sans odeur... mais le signifié, lui vise et atteint toujours sa cible : un sujet qui pue ou qui sent bon... c'est selon... à chacun selon ses affections.
Ce qui fait mal à l'un, fait du bien à l'autre. Il n'y a pour ainsi dire pas de mal en soi.
La morale c'est comme le moral, c'est toujours relatif à quelqu'un qui se porte bien ou mal.
Encore une fois, j'ai vraiment du mal avec un projet sans queue, ni tête....
Et dire que c'est avec  ce genre d'ouvrage qu'on se fait le plus d'argent...
Les gens aiment bien ceux qui les châtient bien en leur indiquant qu'ils ont les mains sales. Pour se payer la tête de quelqu'un, ils sont prêts à faire la queue.
J'ai renvoyé une lettre à mon éditeur pour décliner gentiment son offre.
Il s'appelle NATHAN-PAS... non ce n'est pas un juif, c'est un arabe qui a emprunté ce nom en vogue dans le monde de l'édition et il a rajouté "PAS" pour bien signifier aux gens, qu'il n'est pas NATHAN mais seulement quelqu'un qui veut faire partie du monde de l'édition.
Je ne sais pas qui l'a persuadé que sans la consonance juive, il n'a aucune chance de percer.
J'ai beau lui dire qu'il se fait des idées, pour lui, si on n'a pas un peu l'air juif...On n'a l'air de rien.
Et surtout pour réaliser des performances, il ne faut pas hésiter à s'inspirer de leur savoir faire qui dispense de tous les savoirs.
NATHAN-PAS a déboulé chez moi, ce gros con... il m'a même menacé cette petite bite de rompre tout contrat avec moi, si je n'accède pas à son absurde demande : un dictionnaire des mots qui font mal.
Tiens, tiens... je viens de réaliser que j'en ai au moins deux... deux groupes de mots qui peuvent me servir de casiers à tout caser : gros con ... et petite bite...
Ça fait toujours mal de les associer surtout à un mâle, un macho, un homen.
Puisque le gros con n'est souvent qu'une petite bite qui se fâche lorsqu'on découvre qu'elle se cache derrière un gros con... deux groupes de mots qui font mal : petit et gros, tête de bite et tête de con... y a pas mieux, c'est banal mais radical... clair comme l'éclair.... ça vous illumine sur tout notre paysage politico-médiatique.
Vous pouvez retourner la chose dans tous les sens, vous vous apercevrez, dans la plupart des cas de ceux qui détiennent le pouvoir, qu'il y a un couple, une copule, une copulation entre une petite bite et un gros con.
Commandeur petite bite secondé ou assisté par un quémandeur : gros con.
Je traduis ce mot ou ce mal qui n'est pas nouveau : la petite bite est celui qui porte le pantalon et nous fait croire qu'il détient le pouvoir alors que dans son for intérieur, il sait qu'il est impuissant.
Attention : j'appelle impuissant quelqu'un qui ne pisse pas loin.
D'autant plus impuissant qu'il est secondé par un gros con qui avale tout et n'importe quoi... et fait tout pour qu'on en fasse autant...
en prétendant avoir été arrosés au passage...
Impuissance du pouvoir, puissance des relais c'est dingue ça! C'est l'image même du pouvoir politico-médiatique de la petite bite qui épluche l'oignon et le gros con qui pleure et nous met en demeure de verser aussi quelques larmes de solidarité avec leur condition humaine qui de quelque chose n'en tire jamais rien...
N'est pas juif qui veut... NATHAN- PAS ! il peut toujours attendre ! 

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