Les folies ordinaires

Les folies ordinaires © Journal de Personne
Les folies ordinaires © Journal de Personne

Internet a donné libre cours à toutes sortes d'expressions. Nous ne nous sommes jamais sentis aussi libres pour nous exprimer, imprimer et même déprimer.

Mais Internet nous a donné aussi l'impression que le bon sens était la chose au monde la moins partagée... que nous étions un peu secoués, pas très nets au fond...

 

Vent de liberté mais aussi vent de folie. Ce sont nos pathologies qui ont fini par prendre le dessus. J'en ai retenu quelques figures pour illustrer ces étranges césures...

 

Première figure : le persécuté : celui qui se croit la cible de tout ce qui se dit et même de l'indicible. Il est toujours à deux doigts de déposer plainte. Il est sa propre victime et son propre bourreau. Flic et voyou enfermés dans la même cellule nerveuse.

 

Deuxième figure : le pervers : c'est le trublion parfait qui a un malin plaisir à ramasser les pots qu'il a lui-même cassé. Il cherche le faible pour se renforcer, l'infirme pour s'affirmer, la faille pour vous enfoncer.

 

Troisième figure : le parano: c'est celui qui se prend pour Dieu... à la fois le père, le fils et l'esprit malsain. Il sait tout et il est là pour vous le faire savoir. Il peut tout et vous n'y pouvez rien. Vous n'étiez pas au courant mais maintenant vous l'êtes.

 

Quatrième figure : le pointeur : c'est un violeur qui vous fera payer le fait d'avoir été violé... d'avoir été enfant- et subi toutes sortes d'attouchements au niveau du corps et de l'esprit... son plaisir : vous nuire. Son désir : vous voir faillir comme il a failli.

 

Cinquième figure : le paltoquet : la folie ordinaire la plus répandue... celle du prétentieux insignifiant... la folie de celui qui n'a rien à dire mais a toujours quelque chose à rajouter. Il croit que tout le regarde... parce qu'il a besoin d'être regardé, il ne peut s'empêcher de s'incruster entre l'ongle et la chair.

 

Sixième figure : le pathos : celui qui déduit et réduit tout aux affections. C'est le sentiment qui juge ou déjuge ceux qui ne partagent pas le même sentiment. C'est la nouvelle fable : la raison du sentiment est toujours la meilleure pour ceux qui n'ont jamais vu ou vécu d'amour heureux.

 

Septième figure : le peureux : c'est celui qui craint l'ombre de son ombre... l'ombre de son chien. Il change de pseudos comme de chemises et passe le plus clair de son temps à monter la garde devant sa maison vide.

 

Cette typologie est loin d'être exhaustive, mais elle a le mérite de vous inciter à changer de gamme et à tenter d'autres tours de folie, soyez un peu plus fous... et un peu plus dignes de vous.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.