La réponse inadaptée d'EELV à la crise politique

EELV a décidé lundi, face à la crise politique que suscite l'affaire Cahuzac, de rendre public les déclarations de ses ministres et de ses principaux dirigeants. Cette réponse me parait tout à fait inadaptée aux problèmes illustrés par cette affaire.

 

Dans cette affaire Cahuzac, le problème n'est pas l'enrichissement de Cahuzac. Le problème principal n'est même pas l'évasion fiscale, même si c'est bien sur un problème important.

 

Non, le problème numéro 1, c'est la façon dont Cahuzac a pu s'enrichir. Cahuzac a fait fortune en utilisant les connaissances et le carnet d'adresse acquis pendant une fonction de service public. Imagine-t-on combien de produits inutiles et couteux ont été autorisés, remboursés par la sécurité sociale? Peut-on même en calculer le coût pour la collectivité?

 

Le véritable scandale est là, dans la collusion entre sphère publique et sphère privée, collusion qui est forcément au détriment de l'intérêt public.

 

Bien sur, l'évasion fiscale ne fait qu'aggraver la responsabilité de Cahuzac.

 

L'occasion était donc belle pour EELV, ou pour tout autre parti d'ailleurs, de montrer sa différence, entre la minimisation de certains qui pointent une défaillance individuelle et les vociférations des autres, d'aller au-delà de déclarations opportunistes en se montrant force de proposition sans pour autant nuire à sa participation gouvernementale.

 

En restant au simple niveau de la transparence, EELV semble ne pas distinguer les véritables enjeux que soulèvent cette crise politique ce que, en tant que militant de l'écologie politique, je ne peux que regretter.

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