Quand la canicule frappe nos écoles

Belle réaction de notre ministre de l'Education Nationale

J’aimerais vous parler de l’épisode canicule qui touche notre pays, et de l’adéquation de l’accueil des élèves dans les établissements scolaires.

Le Ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Jean-Michel Banquer que dans le reste du texte j’appellerai Blanquer, ou Blanquer « dévot » pour rendre compte de son idolâtrie vis-à-vis de not’ Président, a laissé les chefs d’établissements (Principaux de collège, ou lycée) ainsi qu’aux maires (pour les écoles primaires et maternelles) la latitude de fermer les établissements s’ils jugent que l’accueil ne peut être assuré dans de bonnes conditions pour les élèves. Pourquoi pas ? Décider au plus près, c’est mieux prendre en considération les particularités locales.

Cela donne des choses curieuses quand même, en Isère, la ville de Gières décide de fermer ses écoles, alors que Grenoble les laisse ouvertes. Les deux communes sont distantes de moins de dix kilomètres… A croire que comme le nuage de Tchernobyl qui n’a jamais survolé la France en son temps (Michèle Barzach ministre de la Santé 1986), la canicule qui frappe Gières ne franchit pas les limites de la commune de Grenoble… Je suis de mauvaise foi, mais j’aime ça. En fait, c’est une décision politique de Grenoble : l’analyse est que malgré les conditions d’accueil dans les écoles difficiles, celles-ci sont meilleures que dans les appartements des particuliers. Mais là encore syndrome du nuage de Tchernobyl : brusquement dès qu’on arrive à Gières, les particuliers ont des appartements qui offrent de meilleures conditions que les bâtiments scolaires ! Va comprendre…

Mais le grand œuvre de Blanquer, c’est de publier dans le bulletin officiel de l’Éducation nationale ceci pour gérer l’épisode caniculaire : (source cliquez-moi)

Gardez les enfants dans une ambiance fraîche.

Vérifier la fonctionnalité ou l’installation de stores et/ou volets.

Étudier les possibilités de limiter les entrées de chaleur dans les salles.

Fermer les volets et les rideaux des façades les plus exposées au soleil durant toute la journée.

Maintenir les fenêtres fermées tant que la température extérieure est supérieure à la température intérieure.

C’est important de le dire. Moi-même dans mon département (les Alpes-Maritimes) où nous sommes 5 400 enseignants du premier degré (Primaire-Maternelle), les demandes de travaux aux mairies, à l’annonce de l’épisode caniculaire, ont augmenté de 342,45 % par rapport à la même semaine de 2018.

83 % étaient des demandes de saunas, 15 % des demandes d’abattage d’arbres dans les cours d’école, au motif qu’ils y font trop d’ombre, et seulement 2 % d’installation de stores.

Je pense que ce sont ces chiffres qui ont motivé la rédaction de la circulaire Blanquer dévot.

Et encore ces recommandations :

Éviter les expositions prolongées au soleil : sport, promenades en plein air...

Limiter les dépenses physiques et activités sportives (adapter la grille d’activité en diminuant les activités à caractère physique ou se déroulant au soleil).

Aménager les horaires pour certaines activités (les décaler tôt le matin ou plus tard le soir).

Distribuer régulièrement de l’eau à température ambiante (veiller à sa qualité).

Toujours pareil, dans mon département, le fameux marathon (42,195 kilomètres) des petites sections de maternelles (3ans/4ans), événement qui clôt de manière festive l’année scolaire, a été annulé sur les conseils du Ministre. Même chose pour le désormais célèbre « festival des épreuves de force » où tous les élèves s’affrontent dans un bel esprit de camaraderie sur des stades, en boxe, lancers poids javelot et disque, haltérophilie, remorquage individuel de camion, et bien sûr le jet de troncs d’arbres. Merci Blanquer pour votre Vista.

 

Tout ça nous ramène à des considérations cruelles. Si vous êtes obligé, Monsieur le Ministre, de conseiller ainsi des enseignants qui ont BAC +5, quelle place pour l’École de la Confiance ?

Je ne critique pas, vous avez certainement raison ! Dans ce cas, il faut hausser le niveau de recrutement du Master au Doctorat, ou plutôt la thèse, de préférence en physique nucléaire, de toute façon pas de thèses « nunuche » genre psycho ou socio.

Il faudra ça pour que les enseignants arrêtent de donner à boire aux élèves de l’eau croupie et en quantité insuffisante. {Distribuer régulièrement de l’eau à température ambiante (veiller à sa qualité).}

 

Avec toute la considération que vous méritez, je vous souhaite une bonne journée Mister Blanquer dévot.

Nice le 28 juin 2019. Le_courtaud

 

 

 

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