Gilets jaunes, nouveau laboratoire d'innovations sociales ?

Fernand Pelloutier fut à l'origine de la création de nombreuses bourses du travail au XIXe siècle. De notre histoire sociale, il fut l'un des plus imaginatifs pour donner un socle constructif aux mouvements sociaux de son époque.

Fernand Pelloutier fut à l'origine de la création de nombreuses bourses du travail au XIXe siècle. De notre histoire sociale, il fut l'un des plus imaginatifs pour donner un socle constructif aux mouvements sociaux de son époque.

Les bourses du travail furent de grands lieux de solidarité entre précaires et des laboratoires d'innovations sociales : caisses de solidarité, bureau de placement, caisses de maladie, de chômage, de décès... Bien entendu, à l'époque de Fernand Pelloutier, la sécurité sociale n'existait pas et les indemnités de chômage non plus, il y avait donc une nécessité forte d'organiser la solidarité. Cependant, aujourd'hui, si Pôle Emploi est censé "remplir la mission" de "bureau de placement", ce n'est pas pour autant un lieu de solidarité. Aussi, pourrions-nous nous demander s'il est normal lorsque nous sommes au chômage de nous retrouver seul face à l'administration de Pôle Emploi et de n'avoir aucun lieu de solidarité ? Le mouvement des gilets jaunes nous parle de cette absence. Les syndicats, autrefois organisaient cette solidarité avec les bourses du travail (ce que Fernand Pelloutier appelait le "syndicalisme intégral"), aujourd'hui, le syndicalisme n'est plus "intégral", en laissant à Pôle Emploi l'entière gestion du chômage, le mouvement social s'est affaibli. Les différents gouvernements et le patronat en ont profité pour organiser le chômage de façon à diviser les classes dominées.

Le mouvement des gilets jaunes devraient re-créer des "laboratoires" d'innovations sociales et surtout, de solidarité.

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