Biotrial, le sommet d'un iceberg.

L'affaire biotrial dépasse de loin les incompétences en internes de cette entreprise d'essais clinique. Elle est la marque de fabrique de l'incompétence de l'administration de la santé, de l'IGAS, des ARS. Ce n'est que le début des affaires liés à l'incompétence dans le domaine de la santé publique. Car sous cette affaire se cachent des manquements en interne aux lois de la médecine, la vraie.

La qualité Biotrial, voilà ce que l'on m'a raconté pendant trois mois. Des scientifiques? Non. Des Médecins? juste pour la galerie, ils ne sont que quatre. Comment assurer la sécurité lorsque ce sont des étudiants en médecine qui viennent faire les gardes de nuit et de WE? Et pourtant les instances sanitaires ont rendu leur verdict. L'agence Régionale de Santé (ARS), comme toute ARS est une administration qui devra avoir tout pouvoir en tant que relai de l'Etat selon la Loi Santé de MST (pour ne pas la nommer, car là c'est un déni total de démocratie). 

Pour pouvoir comprendre ce qu'il s'est passé lors de cet essais clinique mortel, sans que les volontaires n'ai été loyalement informés des résultats précédent tant chez l'animal que chez l'Homme, il faut savoir comment fonctionne cet entreprise qui a pignon sur rue. Dans une région où la précarité est là. Un entreprise qui use de la publicité, achète les volontaires et fait taire ceux qui ont découvert les manquements en interne. Car lorsque l'on a travaillé dans cette entreprise, cette holding, sous les ordres d'un médecin qui n'a jamais exercer autrement que dans les laboratoires pharmaceutiques, trois autres qui n'ont jamais eu l'expérience de l'exercice la Médecine, mais celle de remplir des cases pour le « process qualité de biotrial ». Toute discussion scientifique ou méthodologique est inutile. Eux savent et vous, vous ne savez rien... Réanimateur que vous êtes, à l'essais pour trois mois. C'est un autre métier que la médecine. Effectivement. La notion de sécurité, de procédures d'urgence, du charriot de réanimation, c'est dans une liste. Personne ne sait intuber un volontaire en cas de...Non, c'est le Samu 35 qu'il faut appeler. L'expérimentation reste dangereuse, surtout lors de la première administration à l'Homme, et cela devrait se faire en Centre Hospitalo Universitaire, et non dans une structure privée. Privée de sécurité, privée de réflexes d'urgences, privée d'humanité. 

L'essai clinique va être long, alors les volontaires sains au départ rentre chez eux, cela reste moins cher sur le plan financier. Car Biotrial, fonctionne ainsi. Les appels d'offre des laboratoires pharmaceutiques, ils y répondent par une réduction des lignes budgétaires. Ils affichaient la sécurité lors de mes trois mois passé à leur service. La proximité avec le CHU de Rennes, est un atout majeur, géostratégique, leur filiale sur Rueil Malmaison, dans l'hôpital est leur affiche. Mais derrière cette vitrine, c'est la loi du silence. Et des vitrines, ils en affichent beaucoup, régulièrement dans les rues de Rennes, sur internet. La soumission des études cliniques au CCPPRB (comité d'éthique théoriquement indépendant)  passage obligatoire avant toute étude chez l'Homme, qu'il soit sain (Phase I), ou chez le malade, avant d'être étendu à une plus large population. "ce sont des copains" de la même loge que le PDG de Biotrial, que le médecin chef... Donc tout passe, car c'est le « process qualité », la marque de fabrique de Biotrial. 

Mais alors pourquoi ces victimes d'un médicament en première administration à l'Homme? Pourquoi ces retards dans l'hospitalisation en urgence et une prise en charge spécialisée au sein du CHU de Rennes? Quel traumatisme pour les victimes et leur famille. Quel traumatisme pour les employés également qui n'ont aucune responsabilité eux, car jamais au contact des volontaires. 

C'est dans le creusé de la précarité de nos campagnes, bretons, sarthois, angevins, nantais que Biotrial y trouve ses volontaires sains. C'est dans la précarité que cette entreprise qui se vante de faire avancer la recherche médicale, puise ses hommes et femmes qui se sont inscris sur une liste un jour de désespoir en espérant pourtant un jour d'être sélectionné et peut-être avoir un peut plus de fortune. 

Mais la fortune c'est la Holding et les quatre actionnaires que sont le PDG (Pharmacien de formation), le Dr P ( qui à l'époque n'était même pas inscrit au conseil de l'ordre), et la fameuse DRH. Les Drs X, Y, Z larbins salariés, aux ordres, sans aucune indépendance de jugement, de recul quant à la pertinence même des essais cliniques car n'ayant aucune expérience du terrain qu'est la Médecine Française, celle que le monde nous envie. Dont la responsabilité déontologique se dilue dans leur contrat. Et pourtant si proche du CHU, comment expliquer tant de victimes? La toxicité même de la molécule aurait dû alerter les si grandes connaissances scientifiques du Dr P. Dire stop au laboratoire, le CCPPRB, si son indépendance était réelle, aurait dû renvoyé le protocole dans les oubliettes. La France est internationalement connue pour avoir les règles sur la recherche clinique les plus difficile car c'est un véritable enchevêtrement d'administration, de règlements et d'autorisations. Et pourtant l'ARS n'a pas été capable de voir elle aussi les risques potentiels et réels que Biotrial a négligé à l'évidence. L'administration de la santé, véritable noeud, freins et copinages, incompétences organisée, s'est protégée par le rapport sanitaire des instances de surveillance.

Ce scandale sanitaire est la marque de fabrique de l'administration de la santé française à qui la loi vient de donner tout pouvoir. Ce n'est pas qu'une seule histoire locale d'une entreprise qui va s'écraser faute de vigilances en interne, maux qui par le passé sont resté sous silence. Mais on ne peut plus se terrer sans avoir la nausée entre les fautes de biotrial et les fautes liées à la sur administration qui se protège de sa propre incompétence.   

 

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