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Le Club de Mediapart mar. 3 mai 2016 3/5/2016 Dernière édition

Ca y est, les Slovaques ont enfin dit « oui » !

C’est vrai qu’il a fallu les pousser un peu, mais le 586549ième plan de sauvetage de la Grèce (celui qui précède exactement le 586550ième , qui va aussi sauver la Grèce, évidemment) est enfin rendu possible !

C’est vrai qu’il a fallu les pousser un peu, mais le 586549ième plan de sauvetage de la Grèce (celui qui précède exactement le 586550ième , qui va aussi sauver la Grèce, évidemment) est enfin rendu possible !

Et puis l’Europe n’en est pas à sa première petite entorse à la démocratie, après tout !

Ce qu’il y a d’assez intéressant, lorsqu’on analyse les choses de près, c’est la progression que l'on constate.

D’abord il y eut le peuple irlandais qui vota « non ». On fit revoter le peuple irlandais, qui vota « oui ». Preuve qu’on avait bien raison. C’est bien connu : lorsque le peuple vote « non », il se trompe, lorsqu’il vote « oui », il est intelligent (quelle que soit la question). C’est d’ailleurs pour cela qu’on ne le refait voter que lorsqu’il vote « non ».

Mais bon, d’un certain point de vue, que le peuple défasse ce que le peuple fit : l’autorité démocratique, pour avoir été forcée, n’en était pas moins exercée.

Puis vint le peuple français, qui vota « non ». Mince. Problème. C’est que le peuple français, il serait bien capable de revoter « non », le bougre ! Alors on réunit les parlementaires et, en bon représentants du peuple, ils votèrent très majoritairement... « oui ». Ouf ! L’Europe était sauve.

Evidemment, quelques esprits chagrins firent remarquer qu’il y avait là une entorse assez grave à la démocratie : des représentants qui contredisent le vote expresse du peuple qu’ils sont censés représenter, c’est ennuyeux. Que le vote du peuple devienne purement consultatif et non plus décisionnaire, c’est embêtant. Mais on continua à appeler cela la démocratie (et même démocratie représentative car on ose tout) et on fit comme si de rien n’était.

Et puis voilà que la Slovaquie permit à la « démocratie représentative » de faire un pas en avant : cette fois, ce furent les députés eux-mêmes qui votèrent « non ». Mais qu’est-ce qui leur a pris à ceux-là ? Ils n’ont pas encore compris que les votes réclamés par l’Europe ne toléraient jamais de refus ? Ni une ni deux, on les fit revoter. Et, heureusement, cette fois-ci, ils sont rentrés dans le rang et ils ont voté « oui ».

Bref, que ce soit le peuple contre le peuple, les représentants contre le peuple ou les représentants contre eux-mêmes : quoi qu’il arrive, il faut toujours voter « oui ».

Quand on vous dit qu’il n’y a pas d’alternative !

Mais ne soyons pas caricatural, ce n’est pas (encore) un système autoritaire : la preuve, il y a des votes.

Alors, bien sûr, lorsqu’on est un peu simplet comme moi, on est bien obligé de constater que, décidément, en Europe, les voies de la démocratie sont devenues de plus en plus impénétrables !

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http://youtu.be/3e6I5RE1BRY

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L'auteur

Lefrere Marc

Professeur de Philosophie
PERIGUEUX

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