Les gilets jaunes et la révolution 1

La nature ne serait pas menacée si l’humanité ne s’était pas mise elle-même en péril. Nous vivons dans un système en train de détruire tout ce qu’il ne peut pas accaparer. Comment nous en débarrasser ? C’est peut-être notre dernière chance.

La question n’est pas de croire ou de ne pas croire à la réalité de ce système, mais de savoir si on peut y échapper, ou sinon, comment s’en débarrasser.

Pour qu’existe quoi à sa place ? C’est la question fondamentale. Elle concerne ce qui arrivera en dernier. Dans la situation politique actuelle, où l’injustice règne, cela ne peut être qu’un rêve. Mais comment atteindre une fin, fût-elle rêvée, sans la viser?

 

Pas de justice pas de paix Pas de justice pas de paix

Quel est le but visé ? Ça ne peut être que la justice pour commencer.

La justice est la seule valeur qui ne soit pas liée aux conditions de son apparition dans une culture particulière. Elle transcende la variété des cultures comme elle dépasse l’histoire et ses incohérences. Elle n’a pas besoin de faux semblants pour qu’une espèce vivante et pensante puisse s’entendre avec elle-même et avec les autres espèces vivantes sur une planète qui suppose l’infini pour exister, mais n’y a pas accès.

Quel est le fondement de la justice ? La reconnaissance du fait que la vie est donnée. Et que ce don est un mystère. Respect donc de la vie sous toutes ses formes. Et interdit de tuer. Tel est le but visé. Non pas la liberté, l’égalité, ou la fraternité, qui sont de belles idées, mais ce qui lie la possibilité de la justice à la reconnaissance du fait que la vie est donnée. C’est la première prise en compte non obstructive de la réalité.

La pyramide

Le but étant posé, est-il possible de voir le système qui y fait obstacle tel qu’il est, et de s’y voir soi-même, comme individu et comme collectivité, avec ses possibilités réelles, sans s’illusionner ?

Ce n’est pas la seule condition pour commencer à construire une société juste. Le désir qu’une société juste existe n’est pas réactif. Il a son fondement en lui-même. Il comprend la fabrication de l’inégalité depuis son fondement jusqu’à son sommet. Mais une claire vision de la société fondée sur cette fabrication est la condition pour la neutraliser et lever l’obstacle à ce qu’une société juste ait une chance d’exister.

Le système dominant actuel peut être représenté comme une pyramide à plusieurs degrés, dont les peuples, réduits à une masse, occupent la base – c’est une assez bonne image de ce système qui remonte à l’Antiquité ; assez bonne image aussi des peuples en tant qu’ils tendent aujourd’hui à être réduits à une seule masse écrasée.

Au-dessus de cette masse, les État et leurs gouvernements. Entre la masse et les États, les polices et les armées. Au-dessus des États, les multinationales. Au-dessus des multinationales, les banques. Au-dessus des banques, la banque mondiale. Au-dessus de la banque mondiale, les inventeurs et les bénéficiaires du système financier, qui sont les maîtres du monde actuel, avec les Rothschild, les Rockefeller, les Bush, les Al Saoud et, en France, Bernard Arnault au sommet.

De degré en degré, de moins en moins de monde et de plus en plus de puissance, depuis une base impotente, jusqu’au 1% tout puissant du sommet. Entre les deux, la plus formidable entreprise militarisée qui fut jamais créée pour pressurer l’humanité.

Cette pyramide visualisée, il y a de quoi être découragé. Comment se défendre contre un système aussi puissamment organisé ? Comment s’y attaquer ? Comment monter à l’assaut d’une forteresse aussi bien gardée ?

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