contre les armes de destruction incalculable, une immolation

En ce mois de mars sans pluie

Au moins deux étudiants tchèques

Se sont immolés par le feu – brûlés vifs

Pour protester contre la guerre américaine

Sur l'Irak – nation trop faible pour répondre

À des ennemis pourvus d'armes de destruction

incalculable

Prague fut en ces brefs instants

La capitale mondiale de la Conscience

Et de toute l'humanité restée inerte

Ou applaudissant les massacres

les radios par exemple ici en France

Ne dirent rien de ces corps enflammés de vérité

Jetés à la face de l'impuissance

Je me demande même si ces faits ne furent pas

Interdits dans les salles de rédaction

Deux jeunes – lueurs d'un monde mort

Au bord des rives de la Vitava

 

            Gérard Lemaire    2003

 

le 6 mars 2003, Zdenek Adamec, 19 ans, s'est immolé par le feu sur la Place Venceslas ; il écrit dans sa lettre d'adieu que son acte était une « protestation contre le mal, généralement toléré dans le monde entier »

le 7 mars 2003, sur la place Venceslas, un autre homme a suivi son exemple

le 16 janvier 1969, Jan Palach, étudiant de vingt ans, s'était immolé par le feu sur cette même place ; le 19, il meurt ; cet acte : pour protester contre l'invasion soviétique qui a écrasé, en août 1968, le mouvement réformateur du «Printemps de Prague » 

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