l'effrayante banale injustice

Je ne vois que cet enfant blessé

Sur la page du journal

Ses yeux noirs immenses

Si intenses sous le bandage blanc

Qui m'empêcherait de parler de lui

Malgré ces cris guerriers qui retentissent

Malgré ces ravages follement brutaux

de la fausse parole partout

Voilà tout le sentiment là

Voilà tout ce quotidien d'une abomination

consentie

Et l'effrayante banale injustice

Frappant le plus faible et le plus innocent

Au nom de quel Dieu

Un homme oserait s'avancer dans le prétoire

                                    Gérard Lemaire     2003

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