une baignade d'astre du jour revenu, ce que devrait être la terre...

                    Ce que devrait être la terre...      

                                                      à Daniel Martinez

Je ne veux pas oublier l'herbe du jardin

Pour m'y allonger tout l'après-midi

Dans une baignade d'astre du jour revenu

La tête repose sur un tas de foin

Je m'y colle dans les tiges séchées

Voilà le seuil enfin

Voilà le seuil tant caché

Les monstres veillent partout à nous rendre

bêtes cafards

Industrieux

Ce coin que j'ai fabriqué avec toute ma folie

La plus grave

La plus hirsute

Sous les salves

Là un bout de tronc de noyer

Là des arbres épars aux branches qui s'élancent

dans un lyrisme de liberté jamais trouvée

Des branches

en prières d'extases

Ces courbes

Ces offrandes

Muettes acclamations d'un pollen céleste

Je ne pourrais jamais oublier l'herbe

l'herbe sauvage du jardin

Sur laquelle je me laisse tomber sans retour

                                Gérard Lemaire    2000

paru dans Diérèse, n°11, septembre 2000, revue littéraire et poétique gérée par Daniel Martinez, Ozoir la Ferrière (77)

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