"La littérature sert à oublier..."

                       À ne proférer qu'après minuit.

             Quand la voix des sans-voix s'autorise quelques

                                        ratés !

La littérature sert à oublier

À tourner

Autour d'un pot aux roses

Qui est un fameux volcan

Où toute la Terre explose

On y parle de tout (ou à peu près) sauf de

cette ---

La terrible crevasse où disparaissent

Ou s'estompent tous les dires

Cette littérature exposée qui se vend

Plante un poignard absolu dans la bouche

De ceux qui n'auront jamais droit à la parole

À ce lumineux

À cet aphrodisiaque « droit d'écrire »

Qui est l'acte le plus colonisé de toutes

les formes d'expression humaine

Halte là !

Halte là la Question Sociale !

Halte là le paradis des Exploités !

Répétez sans cesse le même mot   Pas un autre !

Ceux que l'on enferme dans les usines à

dix-sept ans – par exemple

Et les immensités qui suivent

Ô poignard des mille délices !

pour gens de plume floués heureux....

            Gérard Lemaire     2004

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.