contre les radars des routes

Un poète un seul peut-il

Vivre ou survivre sans le peuple

 

Sans les bras de celui-ci

Le portant malgré tout d'une façon ou d'une autre

 

Sans un souffle d'images inouï

Là tapi dans les foires d'écrans

 

Un quelqu'un ou d'autres

Hors des mascarades et des carnavals de meurtres

 

Aucun sifflet qui pourrait retentir

Comme ce postier à la main arrachée

 

Par l'explosif qu'il fabriquait dans sa cuisine

Pour caresser les radars sur les routes

 

Il attend la prison sur un lit d'hôpital

Toute voix éteinte outre la déflagration

 

                    Gérard Lemaire     2008

dans "Nécessaire crier longtemps" 2010

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