en prison

                 Front de l'ébriété.

 

Transversalement gazé par le haut du bas

Eczéma proliférant derrière l'oreille gauche

Pustules en veux-tu en voilà sur les mauvais

endroits

Chairs en lard

Hernandez-le-Valeureux écrivait des sonnets

gongoriens dans sa geôle

Voilà enfin quelqu'un de présentable

Comme ces ouvrières qui esquissent un pas de

danse

Après leurs années de moulinettes au turbin

Pas de déraillement dans les vociférations

Aucuns clins-d'œil poitrinaires

D'abord le ton juste / sur la Note

C'est presque la forme des seigneurs

L'exclu était un athlète de vers élisabéthain

(voire de la Non-Vie)

Et pas seulement du karaoké

À Bratislava le Danube

À Prague la Vitava

Et la Vistule près de la Poméranie

Via l'Andalousie de Tony

Ce ne doit pas être un singe là qui devrait

tenir la fronde

 

            Gérard Lemaire           2003

 

Miguel Hernandez, 1910-1942, poète et dramaturge espagnol (Alicante), lyrique et inspiré ; il combattit dans les rangs des républicains ; mis en prison en 1939, il y meurt de tuberculose le 28 mars 1942 ; il n'était pas issu de la bourgeoisie et n'avait pas reçu de formation académique ; certains de ses poèmes ont été mis en musique par Paco Ibanez, Joan Manuel Serrat. En prison, il écrivit des poèmes faisant songer aux mystiques espagnols anciens

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.