19h, la nuit tombe à Lima, samedi

Il ne se passe rien le samedi soir

Sur l'artère de la ville immense

 

Les minibus défilent inlassablement

Et les gros autobus aussi ils essaient d'aller plus vite

 

C'est difficile de regarder ce fleuve d'acier

Ses vagues serrées qui vous abreuvent de néant

 

Un samedi soir quand va tomber le soir et la nuit

Dans cette ville étrangère cet ennui ne devrait pas avoir lieu

 

Mais toi tu t'es assis dans un bout de square

Tu ne sais quoi faire ni guère où aller

 

Cette folie là tout à coup te surprend

Cette ville ressemblerait donc à tant d'autres

 

Et puis dans une rue non loin un homme ferme sa porte

Mais il a l'air de se barricader derrières des fers forgés

 

                 Gérard Lemaire     2011    (Lima)

 

 

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