épitaphe pour un poète

       Épitaphe pour Frédéric Maire.

 

La poésie pour lui n'était qu'amour

Les choses du monde les plus simples

Les choses du monde les plus nécessaires

Il les disait hors de toute contrainte

Il les disait comme on ne peut pas

Il montrait ainsi ce bonheur hors du monde

Il lui devait falloir en mourir

Son ciel désarmé ne pouvait pas s'éclaircir

Son front cognait partout sans refuge

Cet élan de pureté était le fatal handicap

L'air du temps ne pardonne cela

L'air du temps ne porte que des yeux cerbères

Ceux-ci sont toujours les premiers hors d'atteinte

L'homme n'a pas mis au monde son amour

 

               Gérard Lemaire 2008

Frédéric Maire (1970-2003) fait ses études à Bordeaux et commence la poésie très jeune. En 1994, il lance une revue de poésie "Press-Stances" où il publie notamment Pradip Choudury, né en 1943, poète bengali, lié à la Beat Generation, qui publie lui-même la revue trilingue "Pphoo". 

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