que cet été nous laissera-t-il ?

 

                 Feuillage nu.

 

L'été a laissé deux nids dans le noisetier

Qui se balancent tranquillement sous le vent

Ils sont là devant nos yeux qui les découvrent

Preuves tristes ou gaies de quelque passage ailé

 

Tristes parce que les oiseaux partent

Ils nous laissent seuls dans la mauvaise saison

Gaies car ces signes nous disent qu'ils reviendront

Quelque jour et qu'ils ne montrent ici que leurs habits

 

Je crois sincèrement qu'ils ne nous abandonnent

Pas complètement et si les feuilles tombent

Eux s'amusent encore de nos yeux qui s'étonnent

Ils se rient de nous à travers les brindilles

 

Dites-moi peut-être que je rêve gentiment

Ou je ne sais quoi dire qui aille

Mais ces deux petites choses me parlent

Une langue inconnue des hommes et je les aime...

 

Sentiment de joie pure à surprendre ces traces

Étaient-ils si près sans que nous les voyions

N'existe-t-il pas à côté de nous d'autres preuves

D'une vie simple et cachée que nous ignorons

 

         Gérard Lemaire       1990

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