poème pour Marina Petrella, ancienne des Brigades Rouges

"mourir pour des idées", oui, mais une prison à vie dans son propre pays...comment penser le terrorisme, moi (MJL), je ne sais pas ; mais au-delà d'une certaine limite, est-ce valable de poursuivre des gens qui ont abandonné la violence ?

Sacrifiée.

 

On sent que tout est perdu

Quand l’expression est amputée

 

Pourquoi la brigadiste rouge

Marina Petrella ne pèse-t-elle plus que

 

Trente-cinq kilos – hospitalisée à l’hôpital de la prison

Elle pèse des tonnes sur la mémoire

 

Sur toute conscience

Elle possède en ce sanctuaire une vie flamboyante

 

Moi militant dans la pauvreté des enfermements

Où des comètes empoisonnées tombent sur la blessure

 

Déporté de dérives en Sibérie occidentale

De chambres sans meuble en baraquements

 

Comment n’entendrai-je pas cet appel d’agonie

Pour une cause tant manipulée que trahie

 

     Gérard Lemaire    2008

p321 du livre "Gérard Lemaire, poète à hauteur d'homme"    Le Contentieux, Toulouse, mai 2019  

Née le 24 août 1954 à Rome, Marina Petrella est une ancienne terroriste, membre du groupe italien d’extrême gauche les Brigades rouges entre 1976 et 1982. Condamnée à perpétuité, elle s'échappe d'Italie en 1993 et vient en France. Arrêtée en  2007, elle fait une grève de la faim, un décret d'extradition ayant été signé mi-2008 ; elle est libérée sous contrôle judiciaire en août ; le 12 octobre 2008 la France renonce à l'extrader.

  

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