un temps trop fruste

Ma Muse surgit de l’écrin d’un autre monde
Ce n’est pas vraiment Elle qui est là
Mais la présence de quelque Saïs qui ne figure
pas sur les cartes
Comment toucher ce qui existe dans la plus pure
fragilité
Je sens mes propres bras esquisser des gestes
de suppliant
Au fond des mers
Le corps ne remontera pas à la surface
Son image s’éloigne chaque jour pour venir
flotter ailleurs
Dans les alphabets de l’Ether Saisissant
Parmi d’autres chevelures d’astres
Elle n’est Personne et le souvenir le plus
Brûlant
Plus vraie sur la toile d’un maître florentin
qui sait
Il faudrait plusieurs vies pour contempler
de tels yeux
Et mon temps ici-bas demeure trop fruste
Pour parler même à une ombre

             Gérard Lemaire     2000

publié dans "Une buée ivre", au Contentieux (Toulouse)   2000

Saïs, ville égyptienne, connue depuis 3080 avant JC ; elle a une longue histoire

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.