le coucou reviendra en avril

 

Le soir tombe sur les arbres en fleurs

Un pinson siffle sans qu'il puisse s'arrêter

 

Je lui ressemble car mon chant ne parle pas

Ce qui me vient est pris dans une douceur

 

Quel nom a cet instinct me poussant loin du monde

Pas de face à face quand j'entends ce coucou batailleur

 

Le monde est là derrière l'illusion des feuillages

Dans un tel chaos de mensonges sans raison

 

Par où le prendre dans ses dragonnades dressées

Déjà le calme s'enfuirait sous la terre

 

Il me lancerait en l'air si haut

Il tue d'une chiquenaude sur l'écran du délire

 

Le coucou continue inlassablement ses percées

Il revient chaque avril mais on ne sait pourquoi

 

     Gérard Lemaire     2009

publié dans "Nécessaire crier longtemps" en 2010, la Sève, réalisation : Laurence Amaury, Mons (10 exemplaires)

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