Les morts vibrent / Dans les oreilles / Sans réponse

 

Saluons le poème de l'ouvrier suicidé inconnu

Le poème du prisonnier suicidé

Le Suisse F. Giauque s'y reconnaîtrait

Choisissant aussi les portes royales de la mort

Puis-je m'arrêter sur ces stèles

La parole reviendrait-elle socle d'un sens

la mort donnée d'une question close étant

Une mort interdite

Poème des condamnés aux yeux ouverts

Poème du vieux silence

Poème cercle sans destination

Mais le destin n'a pas disparu surtout

Les morts vibrent

Dans les oreilles

Sans réponse

 

            Gérard Lemaire          2009

 

Francis Giauque, 1934-1965, poète suisse francophone, poète des mis-à-part et des rebelles ; la majeur partie de son œuvre est parue après son suicide grâce à son ami Georges Haldas ; Guy Benoît a contribué à le faire connaître en France, dans sa revue Mai hors saison

« Bientôt la main ne pourra plus guider les mots » dans « Journal d'enfer » (publié en 1978, éditions Repères)

 

un poème de Guy Benoît :

le côté-ci de ma mort

et l'autre le

non-côté

 

ont-ils déjà jeté

un pont

 

tel qu'il

allège le poids

du futur

      dans : Ma mort reconnaîtra, (sans qu'on sache le versant)  2014, Les Hauts-Fonds

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