la joue d'un enfant un dimanche matin

        L’enfant donne sa joue si ronde à embrasser

Elle ne sait pas que tu l’aimes déjà depuis longtemps
Qui n’aimerait cette joue bondissante
Elle n’est certainement pas de ce monde

Qui ne serait poursuivi par cette joue
Elle s’offre dans un matin silencieux
Comment se douterait-elle que tu la voies
Sautant d’un vague sommeil de temps lourd

Et pourtant elle éclate de beauté
Elle monte au-dessus d’un ciel qu’elle écroule
Tu es là le pire intrus qui se puisse imaginer
Comment pourrait-elle savoir et se dérober

Cette courbe te jette un filet sur l’œil
Tu ne sais te débarrasser d’une joie imprévue.

       Gérard Lemaire

publié par Yvette Vasseur dans sa revue "l'Écho de ch'Nord"     années 2000

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