jusqu'à ce bouquet d'anémones

 

La pointe extrême d'un violoncelle

Plus fine que l'épée la plus acérée

 

Sortant de l'hôpital elle réveille l'éclaircie

Cet air remonte une pente incroyablement absolue

 

Seule elle glisse dans l'asphyxie

Ouvrant la piste jamais défrichée

 

Elle pique dans une douceur fascinante

L'aridité des déserts qui vont se chevauchant

 

Ô violoncelle tu me parles tout à coup

Pourrais-je un jour revenir à moi-même

 

Pourrais-je un jour te suivre jusqu'à ce bouquet d'anémones

Jusqu'au visage caché que j'ai vu briller

 

Pointe longue pointe si lourde

Elle monte sans trembler brisant cette fausse lumière

 

         Gérard Lemaire     2015

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.